Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 7h41. Sud Radio vous explique la suspension de la réforme des retraites. A priori, ça devrait être voté aujourd'hui, cet après-midi.
- Nous sommes avec Bertrand Martineau, économiste à l'Institut Montaigne. Bonjour, Bertrand Martineau.
- Bonjour. Merci d'être avec nous. Alors on le voit, cette suspension annoncée de la réforme des retraites cet après-midi à l'Assemblée, c'est avant tout un choix très politique pour éviter la dissolution. Mais voyons sur le plan de l'impact, l'impact économique.
- Est-ce qu'il est réel ou pas, Bertrand Martineau ? Oui. Alors en effet, c'est pas une décision de nature économique.
- C'est une décision purement politique. C'est quand même non à la dissolution.
- Donc il en coûte en quelque sorte. Et effectivement, ça coûte très cher, clairement. Donc le vrai coût, c'est pas sur les années 2026-2027.
- Un système de retraite, ça se regarde pas à un an ou deux, évidemment. Le vrai coût, il est à l'horizon de 10, 20, 30 ans.
- Mais c'est pas très éloigné, finalement. C'est nos enfants. C'est pas non plus des petites choses. Et donc c'est très simple.
- C'est le fait que les retraites par répartition actuelle vont encore plus s'affaiblir, que les retraites futures, celles de nos enfants, seront encore plus faibles.
- Et ils vont devoir travailler ultérieurement beaucoup plus longtemps. C'est-à-dire que toutes les réformes qui ne sont pas faites maintenant devront être faites de manière beaucoup plus dure dans quelques années. Et ça touchera évidemment principalement nos enfants.
- Oui. Bon. Et le gouvernement, donc, non seulement il suspend cette réforme des retraites, mais il va aussi suspendre un certain nombre de points, notamment pour les carrières longues, ce qui n'était pas prévu d'ailleurs au début. Expliquez-nous.
- C'est très simple. Les carrières longues, c'est les dispositifs...
- qui permettent de partir plus tôt quand vous avez commencé à travailler très tôt. Vous êtes entré très tôt sur le marché du travail, donc vous avez cotisé très longtemps.
- Eh bien dans la réforme, de même que pour tout le reste de la population, les conditions d'accès aux carrières longues étaient repoussées dans le temps.
- C'est-à-dire qu'on pouvait toujours partir plus tôt que, en l'occurrence, les 64 ans avec la réforme, mais c'était décalé dans le temps. Et là, le gouvernement, pour plaire, pour...
- pour plaire probablement au Parti socialiste, a accepté de suspendre aussi la réforme pour les carrières longues, qui représente à peu près un retraité sur 5.
- Enfin une entrée en retraite sur 5. C'est pas totalement anecdotique, quand même. Bon, ça va coûter encore un peu plus cher.
- Ça va coûter un peu plus cher, mais ça va satisfaire un certain nombre de gens. Les syndicats n'ont pas manifesté. Ils avaient manifesté il y a un petit bout de temps, évidemment, plusieurs mois.
- Mais là, ils n'ont pas manifesté. Ils n'ont pas eu besoin.
- Puisque finalement, le gouvernement a peur d'être de la dissolution et donc renonce à sa réforme des retraites.
- Il y a eu des propositions, là, en batterie, ici et un peu partout, comme celle de Gabriel Attal.
- Et il voudrait donner 1 000 € à chaque Français à la naissance pour capitaliser en vue de sa retraite. Est-ce que c'est une bonne idée ou pas, Bertrand Martineau ? Alors déjà, on parle beaucoup de capitalisation en ce moment. C'est une très bonne chose, parce que ça fait...
- Ça fait partie de la solution. Ce n'est pas la solution. On va y revenir. Mais ça fait partie de la solution. Moi-même, je viens d'écrire une note sur le sujet pour la Fondation pour l'innovation politique.
- Donc je vais certainement pas dire que c'est une mauvaise idée. En revanche, il y a une chose que la capitalisation ne peut pas faire. C'est de rééquilibrer le pilier par répartition.
- Il n'est pas fait pour ça. Donc la première chose à faire avant même de proposer de la capitalisation, ce serait d'essayer et c'est ce que pourraient faire Gabriel Attal peut-être d'essayer de faire en sorte que ces troupes votent au Parlement, votent contre la suspension de la répartition.
- Ce serait peut-être la première chose à faire avant de penser même à la capitalisation....
Transcription générée par IA