Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Mon invité aujourd'hui est Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat, ancienne ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes.
- Elle préside aussi l'Assemblée des femmes qui organise le 17 et 18 octobre prochain à Saint-Ouen sa 33e université féministe autour d'un thème majeur, celui des résistances féministes.
- Avec Laurence Rossignol, nous allons chercher à comprendre ce que signifie résister pour préserver des droits que l'on croyait parfois définitivement acquis et comment transformer ces résistances.
- Mais avant de démarrer cette conversation, chère Laurence, engageons-nous immédiatement pour les résistances féministes.
- On croit les droits des femmes gravés dans le marbre, on les dit acquis, comme si le combat était gagné une fois pour toutes.
- Et pourtant, génération après génération, la même vigilance s'impose, car l'histoire des femmes ne va pas en ligne droite.
- En 1789, la révolution proclame l'égalité. Quatre ans plus tard, elle ferme les clubs de femmes.
- En 1804, le code civil leur ordonne l'obéissance.
- En 1973, la Cour suprême des Etats-Unis reconnaît le droit à l'avortement.
- Aujourd'hui, dans plus de dizaines d'États, ce droit a disparu.
- En Afghanistan, les femmes n'ont pas perdu des droits.
- Elles ont perdu tous les droits.
- Et en 2025, en quelques semaines, l'administration Trump a effacé près de 200 mots des documents officiels.
- Parmi eux, le mot « femme ».
- Ces reculs-là, parmi tant d'autres, se voient.
- Ils ont une date, un nom, une décision.
- D'autres sont plus pernicieux.
- Un service public qui ferme, une politique qui n'est plus financée, une loi mal appliquée, une parole publique qui fait à nouveau d'un droit un sujet de controverse, et l'épuisement de celles qui doivent sans cesse rappeler pourquoi ces droits sont vitaux.
- Ces mouvements de recul ne sont pas de simples impressions.
- En 2024, selon ONU Femmes, un pays sur quatre a fait état d'un recul des droits des femmes.
- En France, le Haut Conseil à l'égalité estime que 17% des personnes de 15 ans et plus, près de 10 millions de personnes, adhèrent au sexisme hostile, terreau du masculinisme.
- Le cybersexisme est devenu la première forme de haine en ligne, et 84% de ces victimes sont des femmes.
- Contester l'égalité n'est plus une provocation isolée.
- C'est une position qui s'organise, qui circule, qui se normalise.
- Alors, comment résister à cette situation ? Comment résiste-t-on ? Eh bien, avec une porte qui s'ouvre la nuit pour une femme en danger, une association qui porte une affaire jusqu'au tribunal, une entreprise qui permet à une salariée victime de violences de débloquer son compte épargne pour pouvoir partir, une chercheuse qui cartographie les réseaux de la haine en ligne, une classe où l'on apprend aux enfants qu'ils peuvent refuser les rôles qu'on leur assigne, une femme qui refuse de se taire malgré les insultes et les menaces, un film, un livre, une enquête qui nous oblige à regarder ce que nous ne voulions pas voir, la force de la société civile, l'influence sur les politiques publiques.
- Ces résistances tiennent debout ce que la loi promet et que la société ne garantit pas encore.
- Résister, c'est aussi égliger que l'école, l'entreprise, la justice et la puissance publique prennent leur part.
- La résilience ne peut pas devenir un devoir, ni l'héroïsme une condition pour accéder à ses droits.
- Car si chaque génération de femmes doit consacrer l'essentiel de son énergie à défendre des droits acquis, elles disposent de moins de temps et de force pour en conquérir de nouveau.
- S'engager pour les résistances féministes, ce n'est pas simplement protéger le passé.
- Résister, c'est tenir la porte ouverte pour que d'autres, demain, la franchissent.
- Aujourd'hui dans la force de l'engagement, mon invitée est Laurence Rossignol, sénatrice du Val-de-Marne, vice-présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et présidente de l'Assemblée des femmes.
- Le 17 et 18 octobre, Laurence, l'Assemblée des femmes organise à...
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