Retranscription des premières minutes :
- Retrouvez la force de l'engagement avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
- Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
- Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
- Aujourd'hui, mon invitée est Lucide Pétavin, historienne, autrice, à la tête d'un tout nouveau cabinet de conseil.
- Elle a, dans ses précédents travaux, croisé des données judiciaires, sociales et économiques pour documenter le poids des comportements violents et antisociaux majoritairement commis par les hommes.
- Elle a écrit avec Edith Fabing le coût de la virilité au travail chez Talendier, concilié prospérité et égalité.
- Avec Lucide, nous allons parler de pouvoir, de santé mentale, de droit du travail, de performance, de parentalité, mais aussi de ce que les entreprises choisissent réellement de mesurer et de récompenser.
- Mais avant de vous donner la parole...
- Je vous propose de nous engager contre la culture de la dureté.
- En janvier 2025, Mark Zuckerberg expliquait que le monde de l'entreprise devait retrouver son énergie masculine et son agressivité.
- Au même moment, Meta supprimait une grande partie de ses programmes consacrés à la diversité, à l'équité et à l'inclusion.
- D'autres grands groupes américains ont suivi ce mouvement au nom du retour au mérite, à l'efficacité et aux priorités strictement économiques.
- Alors on pourrait n'y voir qu'une nouvelle bataille culturelle américaine.
- Mais ces décisions réhabilitent une vieille idée, celle que pour être performante, une entreprise doit être sans état d'âme.
- Elle doit valoriser la compétition, la rapidité, le rapport de force et la capacité à prendre des décisions sans faillir.
- Dans cet imaginaire, un bon professionnel ne doute pas, il ne demande pas de l'aide, il ne ralentit pas.
- Il encaisse la pression et reste disponible, quelles que soient les conséquences sur sa vie ou sur sa santé.
- Celui qui alerte est trop sensible, celui qui refuse un objectif irréaliste n'a pas l'état d'esprit attendu.
- Juste celle qui craque n'est pas assez solide.
- Et cette dureté a un coût très concret et ce coût se compte en vie.
- Selon l'ONU, un travail qui épuise, qui écrase, qui isole, tue plus de 840 000 personnes chaque année dans le monde.
- Les exigences excessives des longues durées de travail et l'insécurité professionnelle sont devenues un enjeu de sécurité publique.
- En France d'ailleurs, le droit a déplacé la responsabilité.
- Depuis 2002, le code du travail oblige l'employeur à protéger la santé physique et mentale de ses salariés.
- Ce n'est donc pas à chacun de tenir, c'est à l'organisation de ne pas abîmer.
- Pourtant, nous avons longtemps répondu aux difficultés du travail en demandant aux salariés de mieux les supporter, apprendre à gérer leur stress, renforcer leur résilience, méditer, respirer.
- Alors certes, ces outils peuvent se révéler utiles, mais on ne peut pas demander à une personne de mieux respirer dans une organisation qui les touche.
- Une application de bien-être ne corrige pas des objectifs impossibles, une ligne d'écoute ne répare pas un management arbitraire et un atelier sur la confiance en soi ne protège pas les salariés.
- Ce n'est pas celle ou celui qui sait qu'un signalement peut lui coûter son poste, sa promotion, sa carrière.
- Alors, cette dureté est-elle neutre ? Eh bien non.
- Elle s'est construite autour de qualités historiquement associées au masculin, l'autorité, la compétition, la disponibilité absolue, le goût du risque, la capacité à ne rien laisser paraître.
- A l'inverse, le soin, l'écoute, la prudence, la coopération ou le doute ont été relegués du côté féminin, donc du secondaire.
- Voilà pourquoi dire stop, je ne sais pas, j'ai besoin d'aide, peut coûter si cher.
- Alors, une entreprise qui ne prend pas en compte les alertes est dangereuse.
- Une équipe qui n'ose pas signaler est une équipe qui a peur, et un dirigeant qui ne doute jamais est déjà en train de se tromper.
- S'engager contre la culture de la dureté, ce n'est pas renoncer à l'ambition, à l'exigence ou à la performance, c'est cesser de confondre l'autorité avec l'intimidation, le courage avec le déni du risque, l'engagement avec l'épuisement.
- Aujourd'hui, engageons-nous contre la culture de la dureté au travail, parce qu'une entreprise...
Transcription générée par IA