Par Maxime Lledo avec Philippe Lacube
113 nouvelles vaches abattues malgré la vaccination contre la dermatose nodulaire
Un troupeau de 113 vaches va être abattu ce vendredi dans la commune de Léran, en Ariège, pour cause de dermatose nodulaire
Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-9h, Maxime Liedot.
- Il est 7h09 et vous êtes bien sur Sud Radio.
- Le retour de la colère agricole peut-être du côté de l'Ariège.
- Bonjour Philippe Lacube.
- Oui, bonjour.
- Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
- Vous êtes le président de la Chambre d'Aquiculture de l'Ariège.
- Est-ce que vous pouvez nous dire ce qui se passe concrètement dans votre département ? Ça a été le point de départ il y a quelques semaines seulement de la colère agricole qui continue de gronder depuis des jours et des jours.
- On parle d'une nouvelle séquence de dépeuplement selon le jargon officiel.
- C'est ce qui va se passer dans les prochaines heures ? Oui, je préfère le mot abattage qui reflète mieux la réalité de la situation que dépeuplement.
- Nous sommes à la limite de l'aude à l'opposé du dernier cas qui était au bord de Surariz avec un cas positif chez un troupeau qui a été vacciné depuis une quinzaine de jours et donc qui va être abattu aujourd'hui un peu plus de 110 animaux.
- Et comment ? Cela vous a été annoncé, on a beaucoup critiqué notamment les décisions verticales du gouvernement.
- Est-ce que cette fois-ci il y a eu un peu plus peut-être de conciliation, de concertation, de discussion Philippe Lacube ? Non, le préfet applique ce que dit le gouvernement.
- Donc il n'y a pas de quartier, il n'y a pas de place qui est laissée à la concertation.
- Un animal est positif et donc le troupeau sera abattu même si...
- La vaccination a été réalisée depuis une quinzaine de jours.
- Et c'est là le problème.
- Pourtant vous venez de le dire, ces vaches étaient vaccinées, ces bovins étaient vaccinés.
- Qu'est-ce que vous disent les autorités quand vous leur mettez cette incohérence sur le devant de la table ? Parce que depuis le début c'est quand même le maillon qui pose problème dans la chaîne de décision.
- Alors il y a deux choses par rapport à ça.
- La première chose c'est que le vaccin, son efficacité donnée est entre 21 et 28 jours.
- Voilà.
- Donc par rapport à ça, on aurait pu certainement laisser le troupeau s'immuniser et l'efficacité du vaccin faire plutôt que d'abattre totalement.
- Il me semble qu'après vaccination, un abattage sélectif serait certainement plus pertinent à partir d'une certaine date.
- Là-dessus on n'a jamais ouvert la porte.
- Et puis la deuxième chose que je voulais vous dire, parce qu'elle me semble essentielle, c'est qu'il y a deux mois et demi, trois mois maintenant, nous avons tous demandé la vaccination dans ce département.
- Elle nous a été refusée parce qu'on nous a dit, comme on nous dit chaque fois, on maîtrise, on maîtrise la situation, ne vous inquiétez pas.
- Ceux qui vous ont dit ça, c'est qui Philippe Lacube ? C'est quoi ? C'est le gouvernement qui vous a dit, le ministère de l'Agriculture ? Le ministère de l'Agriculture, bien sûr, bien sûr.
- Et on n'écoute plus les gens du territoire, on n'écoute plus les gens du terrain.
- Vous savez, il y a trois mois quand j'ai demandé la vaccination, je ne me suis pas levé un matin comme ça, me rasant.
- Et j'ai dit, ah, ça serait bien.
- Vacciner, non.
- Mais je l'ai fait parce que mes collègues des Pyrénées-Orientales étaient impactés par la maladie.
- Je savais qu'il risquait d'y avoir des mouvements de troupeaux, etc.
- Et qu'il valait mieux vacciner.
- Ça m'a été refusé en me disant, encore une fois, on maîtrise, dormez tranquille, bon peuple, le gouvernement est là.
- Sauf que trois mois après, la maladie, on la prend en pleine figure, avec deux cas qui vont faire à tous les deux plus de 300 animaux qui vont être abattus.
- Et ça, on aurait pu l'éviter.
- Philippe Lacube, je te rappelle que vous êtes le président de la Chambre d'Agriculture de l'Arielle.
- Vous parliez de ce qui aurait pu se faire il y a trois mois avec votre méthode et surtout une vaccination beaucoup plus tôt, d'une certaine manière, beaucoup plus préventive.
- Mais maintenant, aujourd'hui, vendredi 2 janvier, 7h13, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que le gouvernement doit faire face à cette situation ? Qu'est-ce que vous...
Transcription générée par IA