Retranscription des premières minutes :
- « Ici Sud Radio. Les Français parlent au français. Les carottes sont cuites. » Sud Radio Bercov dans tous ses états.
- « Je ne veux pas m'abandonner, mon bébé. Je ne veux pas les achever, tu sais. C'est pas que je veux tenir. » Eh oui, vous reconnaissez tous. Inoubliable, inoubliable. C'est comme ça, les Rita Mitsouko.
- Alors pourquoi aujourd'hui je ne parle pas de politique, je ne parle pas de société, je ne parle ni de Sandrine, ni de Marine, ni de Danilo Bono, ni de tout ça.
- Non, non, non, je ne parle pas des étoiles, je vais parler d'une véritable étoile.
- C'était ce groupe. Et pourquoi j'en parle ? Simplement pour parler un tout petit peu de spectacle, de showbiz, mais ça va plus loin.
- En 1980, vous voyez, ça ne me rajeunit pas, j'organisais une fête avec un ami, avec des amis, Jean-Pierre notamment, pour ne pas le nommer.
- Et j'avais demandé à un ami « Est-ce que tu connais un groupe un peu fort, un peu différent ? » Voilà, c'était les années 80, c'était en 80-81.
- Et il m'a dit « Oui, tu as un budget ? » Je lui ai dit « Oui, j'ai un budget, j'ai 400 francs. » Oui, c'était l'époque des francs.
- « Ah, c'est pas un 400 francs, c'est même pas… » « C'est pas 70 euros, hein. » Et ils m'ont dit « Bon, il vient. Voilà, tu verras. » Je lui ai dit « Mais c'est quoi ? » Il me dit « Tu verras, tu verras. » Il ne m'a même pas donné le nom.
- Et arrive le soir, on avait des orchestres et tout ça, je me rappelle.
- Et arrive un type comme ça, un peu déjingandé, un peu maigre, avec une espèce de boîte à musique et une guitare, et une fille.
- Et une fille, le pantalon troué, comme ça, complètement, mais vraiment déjingué.
- Et ils ont dit « Qu'est-ce que c'est ? » Et puis, ils commencent à jouer, les deux, ils étaient les deux.
- Et ils commencent à jouer.
- Elle commence à chanter, lui commence à jouer à la guitare avec sa boîte à musique et son orchestration.
- Et là, les mâchoires se décrochent.
- Vraiment.
- Et c'était Catherine Ringer et Fred Chichin, les Rita Mitsouko.
- Et pourquoi je vous raconte cette histoire ? Parce qu'il faut voir aussi que le showbiz, c'est pas seulement tout de suite, ça part, et les gens, les étoiles filantes.
- Pendant quatre ans, j'ai essayé de les placer, soit vers des producteurs, soit vers des gens.
- Personne n'en voulait.
- Je me rappelle, c'était de 80 à 84.
- C'est à l'iron passé.
- Oui, déjà, écoutez, ouais, ouais, c'est pas mal, c'est pas mal, mais bouf, ça marchera pas.
- Et vous savez, ça, c'est vrai du temps de Perret, c'est vrai du temps d'Aznavour, c'est vrai du temps de Brassens qui jouaient dans des restaurants où on leur disait « Écoutez, on est en train de manger, donc allez-y doucement, allez-y vraiment, moto, moderato, on ne veut pas vous entendre trop. » Voilà, des Pierre Perret.
- Des Béards, des Brassens, au début de leur carrière.
- Et moi, je l'ai vécu avec les Mitsukos, je trouvais ça tellement fabuleux, et je n'étais pas le seul.
- Tous ceux qui ont assisté à la fête ont vu ça.
- Et je vous assure que pendant trois ou quatre ans, on les avait passés dans les cabarets, chez des amis, mais comme ça.
- Et rien ne passait.
- Et pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que les grands du showbiz, pratiquement tous les grands, ils ont commencé par des galères.
- Je ne dis pas qu'il faut la galère.
- Mais il faut l'entêtement, vous voyez.
- Ce n'est pas qu'en politique ou ailleurs, ce n'est pas comme en entreprise, c'est partout.
- Il y a effectivement le dur désir de durer.
- Le dur désir d'entreprendre, d'y aller, d'y aller.
- Et eux, les Rita Mitsukos, qui sont l'un des très rares groupes, avec les Gypsy Kings, un des très rares groupes français à avoir percé le mur de l'international depuis 20 ans.
- Ce n'est plus les Maurice Chevalier et les Montand d'il y a 50...
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