Retranscription des premières minutes :
- « Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Maxime Liedot. » 7h44 sur Sud Radio et on vous explique ce matin la justice forcée de libérer des criminels faute de pouvoir les juger comme il se doit.
- Bonjour Ludovic Triat.
- « Bonjour. » Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
- Vous êtes le premier vice-président adjoint du tribunal de Paris et président de l'union syndicale des magistrats, le fameux syndicat USM.
- Le procureur général de la cour d'Aix-en-Provence hier a alerté que plusieurs criminels vont être remis en liberté en 2026 faute de pouvoir être jugés dans les temps.
- C'est inadmissible ? C'est une situation qui est tout à fait déplorable et c'est une situation qui fait écho à ce que dit le procureur général d'Aix-en-Provence, à ce que disait le premier président, le procureur général de Paris il y a quelques jours, qui parlait d'un risque de submersion de l'audiencement criminel.
- À savoir, il y a tellement de stocks, les stocks ont tellement cru qu'on ne pourra pas, avec les moyens qui sont les nôtres, juger tout le monde.
- Et surtout, c'est là la grosse nouveauté, juger tous ceux qui sont détenus en situation de rester détenus.
- Est-ce que concrètement, qu'est-ce que ça veut dire déjà pour forcément les victimes et même plus largement, pardonnez-moi peut-être de tirer un peu cela par les cheveux, pour la sécurité des Français ? Tous ceux qui nous écoutent ce matin, ça veut dire quoi que oui, des criminels vont être remis en liberté et puis vous faites avec ? C'est prendre un risque, c'est prendre un risque important.
- Alors, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en matière criminelle, lorsque le dossier est terminé, c'est-à-dire lorsque l'instruction a été finalisée, vous avez des délais pour juger ces gens-là.
- Si vous passez devant une cour criminelle départementale, vous êtes jugé dans les six mois, renouvelable une fois.
- Si vous passez devant la cour d'assises, vous êtes jugé dans l'année, sachant que cela peut également être renouvelé.
- On se dit que c'est beaucoup, à la fois un an, à la fois deux ans, c'est beaucoup.
- Les stocks, ce n'est plus possible.
- Actuellement, à Paris, on le sait, et Paris, c'est la même chose dans bien des lieux de province.
- On a actuellement 1000 dossiers criminels en attente de jugement et on sait qu'on en a 700 au règlement.
- Le règlement, c'est l'acte final de l'instruction.
- Donc, on est sur des stocks considérables.
- Depuis 2021, les stocks ont été multipliés par deux.
- C'est considérable.
- On essaye de pallier cette difficulté en priorisant les dossiers détenus.
- C'est ce qu'on faisait jusqu'à présent.
- Grosso modo, les dossiers...
- Les libres attendent dans un coin qu'ils puissent être jugés, qu'il y ait de la place pour les juger.
- Et maintenant, on arrive à un point qui est terrible.
- A savoir, c'est que même en faisant ainsi, on n'arrivera pas à juger tous les dossiers de détenus.
- Il va falloir se résoudre, à choisir...
- Donc, il y a un risque quand même qui pèse sur la sécurité des Français, sur ceux qui sont légitimement inquiets déjà ? Il va falloir choisir, pour respecter ces délais procéduraux impératifs, les moins dangereux.
- Grosso modo, alors il y a toujours un risque de se dire, il va falloir qu'on garde les personnes qui sont objectivement les plus dangereuses pour peut-être mettre sous contrôle judiciaire, ressortir ceux qui sont les moins dangereux pour pouvoir respecter ces délais légaux.
- Beaucoup de professionnels de syndicats sont allés se confier à Gérald Darmanin.
- Vous, en tant que président de l'USM, est-ce que vous avez pu énoncer clairement votre vision de la situation au ministre ? Et si oui, qu'est-ce que vous lui avez dit concrètement ? Alors, c'est un problème qui...
- C'est un problème ancien, ce n'est pas un problème que l'on découvre aujourd'hui, on en parle depuis des années.
- Il y a plusieurs causes. Il y a le nombre de procès hors normes qui s'est multiplié.
- Il y a les procédures de viol, et c'est heureux, qui sont de plus en plus nombreuses, au point que c'est devenu quasiment un contentieux de masse.
- Il y a d'autres choses. Il y a le manque de salles pour...
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