Par Patrick Roger avec Paul Bouley
Les agriculteurs bloquent le port du Havre et contrôlent les camions
Au Havre, les Jeunes agriculteurs bloquent l'entrée du port pour contrôler les camions en opposition à l'accord UE-Mercosur
Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 7h40. L'opération coup de poing sur le port du Havre. Nous sommes avec les agriculteurs qui contrôlent les camions.
- Ce sont des jeunes agriculteurs qui sont installés depuis hier là-bas. Nous sommes avec Paul Boulay, membre justement des jeunes agriculteurs.
- Vous êtes arrivé samedi. Vous souhaitez contrôler les camions. Est-ce que vous avez pu commencer ces contrôles cette nuit ? Alors bonjour tout d'abord. Oui, bonjour. Oui, tout à fait. On a commencé les contrôles des camions ce matin avec l'ouverture du port à partir de 6h30-7h.
- Donc les contrôles s'effectuent au fur et à mesure. Et puis on a eu quelques belles surprises sur les produits depuis ce matin quand même.
- Alors quels produits ? Justement, qu'est-ce que vous voulez démontrer à travers votre opération, Paul Boulay ? On veut démontrer qu'il y a des produits qui sont importés avec des normes et des manières de production complètement différentes de ceux qui sont faits dans France, alors qu'on pourrait faire les choses mieux avec des productions françaises. Par exemple, on a eu du poulet qui venait de Thaïlande ce matin.
- Ça fait le tour du monde, quoi. Oui. Du poulet qui vient de Thaïlande, qui est dans des camions.
- Des camions, des conteneurs frigorifiques, alors. C'est ça. C'est ça, tout à fait. C'était même un conteneur surgelé.
- Oui. Les policiers ne vous ont pas empêchés d'intervenir ? Non, du tout. C'est un accord pour qu'on puisse contrôler. On n'embête pas la circulation. On est là juste pour faire un barrage filtrant.
- Donc le fonctionnement du port n'est pas impacté. Et c'est comme ça qu'on pourra tenir dans la durée sans se faire...
- Je dirais par les policiers trop tôt, quoi.
- Oui, bien sûr. Alors votre action, au-delà donc des contrôles et de ce que vous allez trouver dans les camions, bien sûr, Paul Boulet, vous voulez aussi alerter sur les jeunes agriculteurs. Est-ce qu'aujourd'hui, on peut investir et s'installer durablement dans l'agriculture en France ? Je crois que c'est un peu ça aussi le symbole de votre action, Paul Boulet.
- C'est ça, oui. Il y a toujours espoir. On peut toujours aujourd'hui s'installer.
- Mais il y a des choses qu'il faudrait qu'ils soient simplifiées. Et c'est aussi... Il y a un message d'alerte.
- C'est qu'en plus de toutes ces normes, de toutes ces lois, de toutes ces signatures qu'il peut y avoir avec l'extérieur, ça impactera nos exploitations et nos revenus, quoi. Donc voilà.
- Mais Paul Boulet, fondamentalement, s'il y avait plus de contrôles imposés pour des produits qui viennent ailleurs avec les mêmes respects que chez vous...
- Alors on sait en même temps que...
- Il y a des conditions parfois de production qui sont moins chères. Mais vous ne seriez pas fondamentalement contre le Mercosur ? Parce que c'est aussi la possibilité de vendre vos produits, de vendre des fromages, de vendre du lait, des produits laitiers, etc., Paul Boulet, non ? Oui, c'est ça, tout à fait. C'est ça. On n'est pas du tout contre le fait d'apporter, d'exporter des produits, parce que comme vous avez dit, c'est aussi notre manière de vivre et la manière de nous commercialiser les produits.
- Mais c'est plutôt le respect des normes.
- Qui nous dérange beaucoup. Et avec ce respect des normes qui est complètement différent des autres pays, même certains pays européens, c'est même différent des nôtres.
- C'est une concurrence déloyale. Et c'est surtout ça qu'on veut dénoncer. Mais sinon, on est bien sûr pour l'import, l'export, mais dans des règles de l'art qui devraient être les mêmes pour tous les pays, quoi.
- Oui, c'est ça. Vous allez rester et mener cette action toute la semaine, Paul Boulet, sur le port du Havre ? On n'a pas encore de...
- On n'a pas encore définie de date de départ. Pour l'instant, on reste. On sera présent aujourd'hui. On sera présent demain. Et après, on va voir au fur et à mesure des jours de ce qu'on peut trouver, etc., l'avancée de la situation, quoi.
- Oui, oui, oui. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle qu'il y a aussi d'autres actions. Par exemple, il y avait un blocage d'un dépôt...
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