Retranscription des premières minutes :
- La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons Femmes, Judith Bélair.
- Sur Sud Radio Parlons Femmes, c'est le rendez-vous de celles qui font la différence.
- Diplômée de l'école du Louvre dans la spécialité, attention, peinture française.
- Mélina de Courcy est professeure d'histoire de l'art au collège des Bernardins.
- Bonsoir Mélina, bienvenue.
- Bonjour Judith Bélair.
- Alors vous avez le bon goût Mélina d'aimer Caravage, c'est un premier point.
- Le deuxième étant que vous nous venez avec votre très bel ouvrage, Sacré Cher, la Bible des émotions, c'est aux éditions du CERF, que je résume ici en une phrase avant de déployer, du corps nu d'Adam à la chair blessée du Christ, les peintres à travers vous nous racontent nos fragilités, notre soif d'éternité aussi, ça vous va ? Oui ça me va très bien.
- Allez c'est parti Parlons Femmes.
- Sud Radio Parlons Femmes, Judith Bélair.
- On va commencer avec les questions de l'émission mes chères Mélina, qui ont un peu évolué, comme ça elles sont toujours un peu surprenantes.
- Quelle femme incarne la féminité la plus totale selon vous ? C'est très difficile à dire, en peinture ? En ce que vous voulez.
- En ce que je veux ? Oui.
- Ce qui vous vient.
- Alors, je vais prendre un tableau.
- Oui.
- Un tableau de Titien qui est dans l'ouvrage.
- Tout à fait.
- Qui s'appelle La Madeleine pénitente.
- Pourquoi ce tableau ? Parce qu'il représente une femme d'une extraordinaire sensualité, troublante même.
- Oui.
- Euh...
- Parce qu'elle est les yeux levés au ciel, presque dénudée, mais pas dénudée.
- Alors pour ceux qui sont sur YouTube, vous la voyez en direct.
- Et sa chemise a glissé de ses épaules.
- Donc son buste est à moitié visible, mais pas entièrement.
- Et cette femme qui est d'une extraordinaire séduction.
- Et les femmes sont séduisantes.
- Oui.
- J'aime la séduction des femmes.
- Et c'est vraiment une belle chose.
- Et celle-ci est très belle.
- Elle est peinte par Titien en 1515.
- Elle est en même temps pure et en même temps pénitente, comme vous dites.
- Et en même temps traversée de cette sensualité troublante.
- C'est ça.
- Et en même temps, elle lève les yeux au ciel.
- C'est-à-dire qu'elle nous montre une direction.
- Et Titien a fait une œuvre extraordinaire.
- Pardon, elle n'est pas de 1515 celle-là.
- Elle est inspirée d'un tableau de 1533 qui est conservé à Saint-Pétersbourg au musée de l'Hermitage.
- Mais ce qui m'intéresse dans ce tableau, parce que je trouve que c'est un reflet de ce qu'est la femme ou de ce que peut-être pourrait être la femme si elle ne l'est pas.
- C'est à la fois cette attirance physique charnelle et à la fois cette capacité qu'a la femme de montrer une direction, d'aller plus haut, d'aller peut-être plus loin, de regarder ailleurs, d'orienter le regard vers quelque chose qui dépasse la contingence humaine.
- Alors, est-ce qu'il y a un nom, N-O-N, qui a changé votre vie à vous, Mélina de Courcy ? Nom à ne pas travailler.
- Ah ouais.
- Ça, c'était important.
- C'était important parce que j'ai fait le choix de faire ce que j'aime.
- Oui.
- Voilà.
- D'accord.
- Contre vos parents ? Pas contre, mais disons, voilà, moi, à ma génération, quand on était jeune, on n'était pas obligés de travailler comme le sont les jeunes femmes d'aujourd'hui.
- Vous avez explosé les carcans, quoi.
- Oui, ou en tout cas, je suis allée jusqu'au bout de moi.
- Ça, c'est pas mal.
- De mon désir.
- Ça, c'est exploser un carcan, d'aller au bout de soi.
- Peu de gens le font, finalement, ma chère Mélina.
- Que ce soit des hommes ou des femmes, d'ailleurs.
- C'est très compliqué d'aller au bout de soi.
- Très compliqué.
- Et d'aller jusqu'au bout de mon rêve.
- Quand, à 16 ans, mon père m'a demandé, est-ce que tu veux être médecin, faire médecine ou HEC ? J'ai dit, mais ni l'un ni l'autre.
- Je veux être critique d'art, je veux faire l'école du Louvre et je veux parler de peinture.
- Et ça, c'est un domaine qu'il ne connaissait pas, donc il a lâché l'affaire.
- Voilà.
- Finalement, la vie a permis, et parfois la vie permet, voilà, que les choses se fassent.
- Alors, est-ce qu'il...
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