Retranscription des premières minutes :
- La Caisse d'épargne Île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Bonjour les amis, c'est Parlons Femmes sur Sud Radio, le rendez-vous qui explore la force de celles qui font la différence.
- Et oui, Héloïse Dormeson dirige depuis plus de 20 ans sa maison d'édition avec une conviction, donner leur chance à des voix singulières.
- C'est important et faire découvrir des auteurs venus de tous les horizons. Bienvenue Héloïse.
- Bonjour.
- Bonjour, c'est un plaisir de vous recevoir.
- Romans, essais engagés, littérature étrangère, vos choix reflètent votre goût, pour la liberté, clairement.
- Par exemple, cette année, vous lancez une collection littéraire LGBT+, que vous avez appelée Queer Ardente.
- Queer Ardente, je ne sais pas comment le dire.
- Ce qui est compliqué, c'est qu'elle aura le Queer Ardent.
- C'est très ardente.
- Et puis vous nous venez aussi avec un petit livre que vous m'avez envoyé, que j'ai lu, que j'ai beaucoup aimé, qui s'appelle Les Heures Sauvages, de Marie Petit-Cuenau, et qui est un peu sur toutes les listes des prix.
- C'est très bien.
- C'est une belle rentrée littéraire 100% féminine que vous faites, Héloïse Darneson.
- Exactement.
- Bienvenue.
- 100% féminine, 100% engagée, 100% féministe.
- Oui, c'est un reflet, effectivement, de ma personnalité, celle de la maison.
- Vous avez toute votre place dans Parlons Femmes. Bienvenue.
- Merci.
- Sud Radio, Parlons Femmes, Judith Belair.
- Héloïse, les questions Parlons Femmes, on va commencer par la première, tout simplement.
- Quelle femme, pour vous, incarne le courage sans compromis ? Je pense que Simone Veil incarnait, ce n'est pas très original, mais je pense qu'elle incarnait vraiment le courage, un peu surtout, parce que malheureusement, elle a traversé un nombre d'épreuves terribles, personnelles, historiques.
- Et je trouve que face à toutes ces adversités et toutes ces difficultés, elle a toujours fait preuve d'une intégrité, d'une hauteur, et d'un courage absolument exemplaire.
- D'une sagesse incroyable.
- D'une sagesse incroyable et d'un engagement.
- Enfin, vraiment, c'est quelqu'un qui me...
- Je pense que c'est quelqu'un qui nous oblige, Simone Veil.
- Son souvenir nous oblige.
- Ça, c'est sûr.
- Est-ce qu'il y a un nom NON qui a changé votre vie, Héloïse Dormeson ? Vous n'aimez pas qu'on vous dise non ? J'aime beaucoup dire non.
- C'est vous qui...
- Vous le dites, en fait.
- Alors, c'est peut-être que vous, un jour, vous avez dit non à quelque chose, ou pas ? Réfléchissez pas trop.
- Non, je ne réfléchis pas trop, mais effectivement, je suis plutôt...
- Enfin, quand j'étais enfant, j'étais relativement rebelle.
- Je me suis beaucoup moins...
- Effectivement, je pensais que, pour m'affirmer, j'ai quand même assez vite appris à dire non.
- C'est important de dire non pour une femme, de toute façon.
- Alors, il se trouve qu'à l'époque, moi, je n'en avais pas du tout conscience, parce que là, je remonte à l'enfance ou à la très jeune adolescence.
- Et heureusement, je n'ai jamais eu à dire non.
- Le fameux non...
- Quand on parle en ce moment, le consentement.
- Mais je pense que...
- Bon, j'ai bénéficié de circonstances extrêmement à la fois privilégiées et favorables, parce qu'on peut...
- Mais, par ailleurs, je crois que j'avais un tempérament quand même relativement trempé que je n'avais pas...
- Parce que je pense que, très souvent, les femmes à qui il a pu arriver d'être violentées et agressées, alors, tout dépend des circonstances, bien sûr, mais on ne leur avait pas appris à dire non, en effet.
- Je crois que c'est...
- Aujourd'hui...
- On apprend aux petites filles.
- On apprend aux petites filles maintenant.
- Mais à ma génération, ça commençait un tout petit peu, mais ce n'était quand même pas du tout...
- Et donc, moi, naturellement, c'était quelque chose qui...
- Enfin, moi, c'est tout ce qui...
- Avec un papa qui disait oui, beaucoup ? Un papa qui était très, très complice, effectivement.
- C'était pas du tout un papa sévère.
- C'était un papa absolument adorable.
- Je rappelle que c'est Jean Dormeson, quand même.
- Oui, absolument.
- Mon père était Jean Dormeson.
- Mais, par ailleurs, en effet, je crois que...
- J'ai eu très tôt une conscience de mon intégrité, et d'un certain nombre de choses sur lesquelles je ne transigeais pas.
- Vous n'avez pas dévié de votre route, d'ailleurs, depuis l'enfance,...
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