Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
- Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission dédiée à l'innovation et à la tech responsable.
- Et aujourd'hui on va parler d'information et peut-être même de désinformation.
- Que ce soit dans les médias, sur les réseaux sociaux, les influenceurs, les algorithmes et même les intelligences artificielles, aujourd'hui tout le monde produit de l'information.
- Mais à quelques mois d'échéance électorale majeure, une question devient essentielle.
- A qui peut-on encore faire confiance ? Qui est capable de fournir une information juste ? Et comment former ? Et qui seront les journalistes de demain ? Le numérique pour tous, spéciale information et numérique, c'est tout de suite et c'est sur Sud Radio.
- Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
- Et pour commencer cette émission spéciale numérique et information, un journaliste, grand reporter, rédacteur en chef, présentateur de télévision.
- Il dirige aujourd'hui l'école supérieure de journalistes pour former les nouvelles générations.
- Avec nous en plateau, on a le plaisir.
- Le recevoir, Emmanuel Ostian.
- Emmanuel, bonjour.
- Vous êtes donc le directeur de l'école supérieure de journalisme, l'ESJ.
- J'ai envie de vous dire, vous avez...
- L'ESJ Paris.
- Vous avez connu le temps où l'information se vérifiait avant d'être publiée.
- Et aujourd'hui, elle circule en temps réel.
- Qu'est-ce qui a le plus changé avant tout dans le métier ? Tout a changé, bien sûr.
- Mais je refuse de céder à la tentation du mythe de l'âge d'or en même temps, ayant commencé il y a trois décennies ce très beau métier qui se transforme, qui s'est complètement métamorphosé.
- C'est vrai qu'à l'époque, fin des années 90, on avait encore deux paramètres qui sont de plus en plus absents aujourd'hui, qui sont le temps et les moyens.
- Le temps, on l'avait pour aller sur le terrain, parcourir le monde, rencontrer des gens, aller puiser à la source des informations.
- Et c'était accompagné de moyens qui étaient relativement importants.
- Moi, j'ai eu la chance de débuter et de travailler très longtemps à TF1, on pouvait encore faire ça.
- Aujourd'hui, le temps s'est littéralement compressé.
- Les moyens sont de moins en moins importants, bien entendu.
- Et surtout, la production nécessaire pour que les médias survivent, production nécessaire à tous ces médias, a littéralement explosé.
- Donc, c'est un tout petit peu plus compliqué aujourd'hui d'être journaliste.
- Alors, il y a peut-être un troisième paramètre aujourd'hui qui est l'intelligence artificielle.
- J'ai envie de vous demander, vous qui êtes en relation encore avec beaucoup de journalistes, comment elle est accueillie dans les rédactions ? Est-ce que les gens s'en emparent de manière très positive ou alors un peu critique ? Non, si on est honnête, on se retrouve avec beaucoup de gens qui sont comme des poules devant un couteau, bien entendu, parce que c'est un engin qui est tellement puissant et qui est tellement complexe, parce qu'il est presque contre-intuitif pour un journaliste.
- C'est-à-dire, comment se saisir d'un outil dont certains se disent qu'il va finir par les remplacer ? Enfin, il y a presque un rapport qui est un rapport ambigu.
- Donc, les rédactions aujourd'hui avancent, je trouve, lentement dans cette nécessaire évolution.
- C'est-à-dire que tout le monde ne s'en saisit pas, avec aussi des différences générationnelles qui sont extrêmement importantes.
- Le jeune journaliste, qui est un natif du digital, le fait sans doute différemment de...
- de quinquagénaire comme moi.
- Mais en tout cas, pour l'instant, je ne suis pas sûr encore que les rédactions aient réellement pris la mesure.
- En plus, il faut quand même souligner quelque chose, c'est que l'intelligence artificielle va se nourrir de tout ce qu'elle trouve sur Internet.
- Donc, il y a du vrai et il y a du faux.
- Donc, ça veut dire que peut-être, en se nourrissant et en faisant une requête sur l'intelligence artificielle, on peut avoir une fausse information.
- C'est vrai. C'est vrai et en même temps. Alors, ça n'est pas pour le plaisir d'être optimiste, même si je le suis, et sinon, je ne dirigerais pas une école. J'ai le sentiment aujourd'hui que si les choses se passent bien, l'IA peut être une chance, justement, pour le journalisme. Pourquoi ? On est passé d'une période de réseaux sociaux dont...
Transcription générée par IA