Retranscription des premières minutes :
- Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize.
- Bienvenue. Si vous nous rejoignez, Sud Radio, la vie en vrai à bientôt 6h40.
- La mobilisation des agriculteurs se poursuit cette semaine alors que samedi, l'Union européenne signera le traité de libre-échange du Mercosur.
- L'agriculture grande perdante de ce traité, même si certaines filières pourraient tirer leur épingle du jeu.
- C'est le cas pour les fromages, les vins ou encore les spiritueux. Bonjour, Jean-Christophe Darbeau.
- Oui, bonjour.
- Et merci d'être avec nous ce matin, viticulteur, producteur d'Armagnac, vice-président de la Chambre d'agriculture du Gers.
- Alors je précise tout de suite qu'il ne s'agit pas d'opposer, bien évidemment, les agriculteurs.
- D'ailleurs, vous soutenez cette mobilisation. On va y revenir.
- Mais d'abord, en quoi cet accord du Mercosur pourrait être bénéfique à la filière des spirituels, notamment à celle de l'Armagnac ? Jean-Christophe Darbeau.
- Alors bonjour. D'abord, oui, je soutiens bien sûr les manifestations et les revendications.
- Ça, c'est un...
- C'est clair. Et puis je voulais un peu remettre le contexte à sa place, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on parle de viticulture, on parle de la viticulture haut de gamme, c'est-à-dire le cognac et l'Armagnac, bien sûr.
- Alors on est impacté aujourd'hui par rapport à tout ce qui se passe, la géopolitique, les taxes, les embargos par rapport à la Chine.
- Donc on ne va pas se plaindre d'ouvrir un nouveau marché pour les eaux de vie.
- Mais il faut savoir aujourd'hui qu'on est sur un marché où le pouvoir d'achat aussi est très faible.
- Et donc il ne faut pas non plus croire à des miracles.
- Et on est très solidaires de nos autres productions, puisque ça, c'est quand même que dans l'Armagnac, on est souvent aussi en politique culturelle.
- Oui. Effectivement. Donc il y a cette inquiétude aussi en parallèle.
- Pour l'instant, dans les pays du Mercosur, on est aux environs de 35% de taxes de droits de douane qui pourraient donc être supprimées à travers cet accord du Mercosur.
- Ça sera tout de même suffisant pour s'ouvrir en partie...
- Ce marché-là, qui est nécessaire, parce qu'effectivement, les marchés, vous en avez perdu. Du côté de la Chine, du côté des États-Unis aussi, c'est compliqué.
- Bien sûr. Aujourd'hui, on ne peut pas se permettre... Aujourd'hui, tous les leviers se vont reprendre. On ne peut pas se permettre de dire aujourd'hui qu'on va refuser les marchés.
- On est bien d'accord. Aujourd'hui, on est entre 20, 25, 30% de taxes sur ces pays-là. Qui dit que demain, ça sera baissé, c'est pas sûr.
- Et n'oubliez pas une chose. C'est que la parité aujourd'hui Europe-dollar est en notre défaveur. Donc c'est des produits qui vont coûter beaucoup plus cher.
- Sachant qu'aujourd'hui, le salaire moyen, que ce soit en Argentine, au Chili, dans toute cette zone, on est entre 350 et 500 €.
- Donc qui peut se permettre aujourd'hui d'acheter des produits tels que l'Armagnac, qui sont quand même des produits haut de gamme, qui sont des produits qui ont un certain coût, par rapport à des produits locaux qui coûtent 2 € la bouteille, pour en avoir discuté encore hier, sur des alcools de bouche qui sont à ce niveau-là.
- Et c'est pareil. Il n'y a pas une histoire de consommation.
- Nos produits, on n'est pas connus encore. Mais c'est clair qu'on ne va pas dire non, on ne veut pas y aller.
- Mais globalement, la balance fait que le Mercosur, nous, les viticulteurs, on est également contre, surtout en Gascogne.
- Parce que n'oubliez pas quand même qu'entre l'Argentine et le Chili, c'est 40 millions d'hectos de vin.
- Parce qu'en Gascogne, on produit de l'Armagnac, mais on porte du vin aussi.
- Donc c'est des produits qui risquent de nous concurrencer, sérieusement.
- Donc quand on entend dire que les vins, les spiritueux seraient parmi les gagnants...
- Les gagnants de ce traité du Mercosur, vous, en tant que producteur d'Armagnac, vous nous dites pas forcément, voire non ? Pas forcément, voire non. Qui sait que ça va protéger ? Je vais vous dire. Ça va être encore des produits haut de gamme.
- Ça va être l'agro-industrie. Ça va être LVMH avec des cognacs, avec des champagnes, le Bourgogne.
- Voilà. C'est des appellations, ça, oui, des appellations...
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