Retranscription des premières minutes :
- Et c'est l'heure d'accueillir notre lefto du jour. Ce matin, nous prenons la direction du département de La Manche.
- Nous sommes pas très loin de Coutances avec un luthier, Alain Mazot. Bonjour, Alain.
- Oui, bonjour. Et bienvenue sur Sud Radio. C'est un plaisir de vous recevoir ce matin.
- C'est vrai que c'est un métier dont on parle assez peu, le métier de luthier. Ça fait près de 40 ans que vous l'exercez, Alain.
- Qu'est-ce qui vous a attiré dans ce métier-là en particulier ? Expliquez-nous.
- Eh ben, à l'origine, je pratiquais pas la musique. Voilà. Quand j'étais gamin, j'écoutais beaucoup de musique.
- J'écoutais quelques disques qui étaient à la maison, chez les parents. Et puis j'aimais bien écouter du jazz.
- Et il y avait aussi un disque de genre brassin. Et à l'époque, bon, évidemment, c'était des...
- 33 tours en vinyle. Et il y avait, je me rappelle bien, il y avait une belle pochette, une belle photo d'une guitare en cours de construction. Et ça... Voilà. Je sais pas comment dire. Ça m'a fasciné.
- Ça m'a complètement... Il y a eu un déclic. Ça a commencé à... Ouais, voilà. C'est ça que je peux dire.
- Il y a eu un déclic. Et alors, comment on se forme à ce... Allez-y, excusez-moi, Alain, pour conclure là-dessus, oui.
- Oui. Et puis j'ai eu envie de jouer de la guitare. Ouais.
- Notamment pour pouvoir jouer les chansons de brassin. C'est... Je me suis dit, tiens, pourquoi pas fabriquer ma guitare, moi-même.
- Ouais. Donc évidemment, bon, bah, j'avais pas de plan. J'avais rien. Je suis parti comme ça, avec quelques bouts de bois de récupération.
- Voilà. Des bouts de portes d'armoire, des trucs comme ça. Et puis bon, bah, évidemment, le premier instrument était pas terrible.
- Alors je me suis rendu compte qu'il y avait... C'est un essai. Des progrès à faire. Ouais, c'est un coup d'essai, quoi.
- Et alors ? Et alors, pour exercer ce métier de manière professionnelle, comment ça se passe ? Vous avez suivi...
- Il y a des formations pour ce type de métier, luthier ? Oui. Alors il y a une école... Il y a une école depuis pas mal...
- Les années 60, à Mircourt. Mais alors c'est plutôt pour les instruments d'archet, voilà, c'est-à-dire violon, violoncelle, contrebasse, etc.
- Oui. Et Banque de Pôle, à 17 ans... Bon, bah... On m'a répondu que j'étais trop vieux, déjà, pour faire l'école, parce qu'ils recrutaient à 14 ans.
- Maintenant, c'est plutôt l'inverse. Je crois qu'ils recrutent à partir du bac. Et alors vous, vous avez décidé, en tout cas...
- J'étais pas né à la bonne époque. C'est une question... Ça vous a pas empêché de faire ce métier, en tout cas, de luthier ? Donc...
- Bah non, finalement. Non. Et donc, principalement, pour créer, pour concevoir des guitares, c'est un travail, j'imagine, minutieux et assez technique.
- C'est quoi, on va dire, les moments de cette construction qui sont les plus difficiles, d'une certaine manière, à réaliser ? Bah en fait, tout rentre en compte. Enfin, je veux dire, tout participe au son et à la qualité sonore et au timbre de l'instrument.
- Donc c'est difficile d'éloigner telle ou telle partie de l'instrument.
- Mais disons, la partie motrice de l'instrument, la partie vraiment décisive, ça va être la table d'harmonie.
- C'est vraiment la partie qui reçoit les vibrations des cordes.
- Les vibrations qui sont générées par la mise en vibration des cordes, que ce soit par un plectre ou un médiator, si vous voulez, sur la guitare.
- Oui. Ou simplement les doigts, les ongles.
- Ou l'archet sur le violon, le violoncelle.
- Vous avez parlé alors de votre premier essai avec notamment un bois de porte d'Aron Wars.
- C'est quoi les bois aujourd'hui que vous utilisez, les bois qui sont les plus intéressants pour construire une guitare ? Alors justement, si on parle de la table d'harmonie, ça va être l'épicéa. C'est un bois de montagne, donc c'est un résineux qui pousse vraiment en altitude.
- En altitude, on a des arbres à croissance lente, donc qui ont une croissance assez régulière, lente, et qui a une bonne résistance, on va dire.
- Et ça, c'est important, effectivement. Oui. Et sinon, il...
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