Retranscription des premières minutes :
- Bientôt 5h50, c'est l'heure de retrouver notre lefto du jour. On file en Corse. Nous sommes du côté de la Corse du Sud, à Sartène précisément, avec un maraîcher.
- Jean Di Giacomo, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Sud Radio. Jean, merci d'être avec nous ce matin. Il fait bon, ce moment, du côté de la Corse ? Ça va ? Oui, il fait très chaud. Très chaud, oui. La nuit est un peu fraîche, mais la journée est très, très, très chaude. Oui. Quelle température vous avez en ce moment du côté de la Corse ? Ça peut grimper jusqu'à 26, 27 degrés entre 12h et 12h. 26, 27 degrés. Vous êtes maraîcher depuis le milieu des années 80. Vous aviez déjà connu de telles températures comme ça à la mi-novembre ? Non, pas du tout. C'est inquiétant.
- L'habitude, c'était plus frais avec l'arrivée de l'hiver. Et donc, ça veut dire qu'il faut s'adapter, forcément. Ça donne quoi au niveau des cultures que vous avez ? Je sais pas quelle culture vous avez, mais vous voyez que certains légumes, vous continuez de les cultiver, de les cueillir encore en ce moment, alors qu'on est mi-novembre ? Ben oui, c'est devenu inquiétant. Enfin là, en ce moment, on peut...
- On a commencé à ramasser des fraises, pour vous dire. Des fraises qu'on a plantées fin août pour l'année 2026 de mars. Et déjà, on peut commencer à récolter. Et ensuite, on voit que des produits comme le poireau ou la carotte, qui ont plein de production à cause du temps, ça freine un peu les ventes. Enfin, ça freine beaucoup les ventes.
- Oui, oui, puisque c'est plutôt...
- C'est des légumes qu'on a tendance à consommer quand il fait un peu plus frais. Voilà. Forcément. Voilà, c'est ça.
- Ça veut dire que c'est difficile, aujourd'hui, quand on est maraîcher, qui plus est en Corse, avec le dérèglement climatique, de s'y retrouver. Beaucoup d'instabilité. C'est pas facile d'y faire face.
- C'est très difficile. Enfin, ça donne des avantages et en même temps des inconvénients.
- C'est quoi, les avantages que vous avez, vous, du coup ? Les avantages, c'est que ça nous permet de prendre des risques à pouvoir faire des récoltes hivernales plus courtes, en fait. Et d'autre côté, en ce moment, on peut toujours récolter de la tomate, de la courgette, de l'aubergine et du poivron.
- Parce que ce sont des variétés qui vont s'éteindre aux premières gelées, en fait.
- Oui. Vous savez quand ça va redescendre, au niveau température ? J'imagine que vous regardez ça un peu de près, Jean ? Oui, on regarde tous les jours. Enfin, d'après la météo, d'après les spécialistes, ça devrait s'arrêter à partir de la semaine prochaine. On nous a annoncé du froid, mais on attend.
- Oui. On attend de voir ce que ça va donner, j'imagine. Voilà, c'est un peu au jour le jour. Comment vous vous faites pour vous adapter à tout cela ? Est-ce que vous mettez en place, je sais pas, des décisions ? Des nouvelles techniques ou des nouvelles habitudes que vous prenez face à ce réchauffement, quoi ? Oui. L'été, il va falloir installer, faire des installations de voile pour éviter que les cultures soient brûlées par le soleil.
- Bien sûr. Ouais.
- Et puis après, en Corse, de plus en plus, on essaye de faire des variétés qu'on n'a jamais faites jusqu'à présent.
- Par exemple ? Le style de la mangue, vous voyez.
- Ah oui ? Il y a beaucoup de confrères qui ont commencé à planter de la mangue sur la Corse.
- Ouais, c'est assez incroyable. Vous-même, vous y réfléchissez ? J'en ai mis un peu pour faire un essai, déjà. Et beaucoup plus d'avocats, en fait, aussi.
- Beaucoup plus d'avocats, ouais.
- D'avocats, parce que ça permet de... Comme c'est pas assez froid, l'avocat, ça le maintient et ça permet de le faire évoluer.
- Et ça fonctionne. C'est quoi votre programme aujourd'hui ? Je vous invite à aller voir.
- Aujourd'hui, on a récolté de la fraise et un peu de poireaux, carottes, chou-fleur, qui j'espère que la vente va décoller.
- Peut-être avec la baisse des températures la semaine prochaine. On verra ça, en tout cas.
- Jean,...
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