Retranscription des premières minutes :
- Et à 5h48, c'est l'heure d'accueillir notre lefto du jour. Il est postier. Abdelkader Elbaz, bonjour.
- Bonjour. Et bienvenue sur Sud Radio. Vous êtes précisément agent de cabine à la Poste. C'est à Paris.
- Vous êtes dans le 15e arrondissement. C'est quoi exactement ce métier d'agent de cabine ? Ça consiste en quoi ? On est au centre de l'agence, au centre du dépôt. C'est quelque part le point névralgique de tous les colis qui arrivent et qui doivent ressortir.
- Donc on traite aussi bien les postiers que les prestataires de livraison. Et on dispatche un peu les colis sensibles ou les colis avec des problèmes d'adresse.
- Et on transmet tout le matériel aux agents pour qu'ils puissent faire leur livraison.
- C'est-à-dire que vous avez les camions qui arrivent comme ça le matin. Et vous sortez les courriers, les colis.
- Et puis vous triez tout cela. Voilà. Les camions arrivent entre 4h et 4h30 du matin. Il y a un premier tri qui est fait par des agents de « bully story », c'est-à-dire qui font de la manutention, qui sortent les conteneurs et qui les dispatchent sur les tournées. Et on a une première vague qui commence à 4h30, surtout en cette période de pic-colis, comme on l'appelle. Pic-période, plus exactement. Il y a vraiment énormément de colis. Ça déborde quelque part.
- Ça déborde. Donc le matin, c'est le dispatchage. Et c'est assez intense en ce moment, parce qu'il y a Noël. Bon, ça va arriver un peu plus tard.
- Mais avant cela, il y a le Black Friday. Et ça, forcément, j'imagine que c'est une montagne de colis à gérer pour vous.
- Oui. C'est les grandes plateformes de e-commerce qui nous ont mis un peu au pas, puisqu'ils nous ont mis... Au début, les pic-périodes étaient plus vers les fêtes de Noël.
- Oui. Et depuis à peu près 10 ans, maintenant, on a à chaque fois un rajout de Black Friday.
- Et on reçoit énormément de colis de tout poids, toute taille. Et c'est vraiment intense.
- Oui. Intense. Ça veut dire que c'est une période aussi où on a un petit peu d'aide ? On recrute un petit peu du personnel pour pouvoir faire face à cette montagne de colis ? Sur le papier, oui. On devrait recruter un maximum de personnes. Mais on a des obligations... Ou plutôt nos employeurs.
- Notre employeur a des obligations de... Comment dire ça ? D'économie. Donc c'est vraiment des petits bouts de chandelle, l'exploitation qui est faite des prestataires de livraison ou des contrats à durée déterminée. Et mécaniquement, vu le nombre de colis, incroyable et effrayante, quoi.
- Ouais. Donc c'est à vous d'accélérer finalement la cadence. C'est ça. Quoi qu'il arrive, c'est l'homme qui doit s'adapter au nombre de colis.
- Je n'ai jamais vu... En 20 ans, je n'ai jamais vu un stop parce qu'on avait trop de colis et que ça mettait en danger les agents. Ça doit sortir. Donc voilà.
- Vous avez dit... Alors ça peut arriver notamment des problèmes d'adresse. C'est pas la bonne adresse. Vous faites comment à ce moment-là ? Comment ça se passe, Abdelkader ? Là, c'est là aussi où on est un peu impacté. Et là, c'est toute la chaîne qui est impactée, puisque avec la nouvelle expérience client qui doit être apportée, c'est encore une fois les grandes plateformes qui nous imposent un peu ça et le management moderne qui nous impose ça. Donc on doit tout faire pour trouver l'adresse.
- Et parfois, parfois même, être obligé de bloquer les colis un certain nombre de temps pour être sûr qu'il n'y ait pas de réclamation, puisque c'est le dada maintenant, c'est le service rendu et les retours.
- Comment vous faites pour vérifier, pour vérifier une adresse, en tout cas pour trouver une adresse qui est mal indiquée sur un colis ? On a plusieurs bases de données, que ce soit des adresses postales ou des adresses qu'on a déjà livrées. On a plusieurs outils qui nous permettent de faire ces recherches-là.
- On a encore de la chance. Ils sont pas encore trop forts en automatisation, mais voilà, on fait un peu le rôle de rechercher un peu partout.
- Faut que...
Transcription générée par IA