Retranscription des premières minutes :
- « Sur Sud Radio, on vous ouvre grand les portes de l'excellence. Bienvenue dans C'est Excellent. » On l'a aimé avec la troupe du Splendide. C'est une figure essentielle du cinéma et du théâtre français couronnée par plusieurs Césars.
- Jean-Pierre Daroussin, ses plus de 40 ans de carrière, des dizaines de rôles, une file délittérare à un certain cinéma d'auteur aussi d'ailleurs.
- Bienvenue Jean-Pierre.
- Merci, merci, merci.
- Je vous en prie. Au cinéma, elle a marqué nos esprits. Au théâtre, elle s'impose comme une interprète majeure.
- Elle est récompensée par plusieurs Molière d'ailleurs.
- Christine Murillo, c'est une actrice caméléon, impossible à enfermer dans une case. Bienvenue Christine.
- Mais merci de cet accueil charmant.
- Ça vous va ? Ça vous fait plaisir tous les deux ? Bon. Allez, du coup, tous les deux, vous êtes réunis sur scène dans la pièce de Jean-Claude Grimbert, « Dans le couloir ».
- C'est au théâtre Héberto, à Paris, dans une mise en scène de Charles Tordjman.
- Et c'est du mercredi au samedi à 19h. Le dimanche, c'est à 17h30.
- Alors, pour l'avoir vue, cette pièce.
- J'ai été touchée par l'universalité de son propos.
- La pièce, ça nous interroge à beaucoup de niveaux. On va en parler évidemment.
- Deux invités, deux trajectoires, une même exigence.
- C'est excellent. Sur Sud Radio, bienvenue chez vous.
- Allez, avant d'en parler de « Dans le couloir », on écoute un petit extrait.
- Qu'est-ce que tu veux que j'aie ? Pourquoi tu fais la tête ? Je fais la tête ? Oui, tu fais la tête.
- J'ai, que j'ai chez moi, le beau masque de fer doublé du mystère de la chambre jaune.
- Tu as tort de t'inquiéter.
- Si tu sais quoi lui dire, va lui parler, toi.
- Oh, je ne sais pas, moi, c'est à toi de trouver les mots. Il t'a toujours écouté, toi.
- Il y a 45 ans, ce qui a été, a été, et rien ni personne ne pourra le changer.
- Ce qui est « Que sera, sera ? » « Que sera, sera ? » Allez, je raconte un peu pour nos auditrices, nos auditeurs « Dans le couloir ».
- C'est l'histoire d'un couple doctogénaire dont le quotidien est bouleversé.
- Il est bouleversé par le retour de leur fils adulte qui est venu vivre chez eux.
- Il ne leur adresse jamais la parole.
- C'est un espace réduit.
- La pièce se passe dans un couloir.
- Il y a de l'humour grinçant et de l'émotion contenue.
- C'est une pièce qui explore le silence familial, la vieillesse, l'usure des corps, la difficulté, évidemment.
- Et puis, une question essentielle aussi.
- Qu'est-ce qui reste quand on ne se parle plus ? Christine, qu'est-ce qui reste quand on ne se parle plus ? Merci de me poser cette question piège.
- Il reste notre couple.
- Notre couple et nos chamailleries qui durent depuis 66 ans pour essayer de solutionner ce fils qui est revenu, que je couve.
- Et que lui, Jean-Pierre dira exactement quel verbe il peut employer pour comment il considère ce fils derrière la porte qui ne nous parle pas vraiment, qui n'ouvre pas la porte.
- On en est même à se demander s'il est vraiment là.
- Je vous pose la question.
- On n'a pas la réponse.
- Est-ce qu'il est vraiment là, alors, Jean-Pierre ? Moi, je suis persuadé qu'il est là, qu'il m'écoute et qu'il m'écoute attentivement.
- Mais pourtant, on n'arrive évidemment pas ni à le comprendre, ni à savoir d'où vient ce malaise que l'on suppose être.
- Et comment se fait-il qu'on n'ait pas réussi à faire passer nos valeurs à nous ? En quoi les époques ont tellement changé ? En changé, qui fait que ce à quoi nous, on a pu croire, est quelque chose qui est totalement caduque et dépassé et qui ne correspond plus du tout à la vie de nos enfants, de nos petits-enfants et même peut-être de nos arrière-petits-enfants.
- Est-ce que ça serait une vision qui vous correspond, ça ? Est-ce que finalement, il y a une vraie dichotomie entre ces générations qui sont très, très différentes aujourd'hui ? C'est vrai.
- C'était moins le cas avant le téléphone portable, j'ai envie de dire.
- Euh, oui.
- Moi, je suis un partisan...
Transcription générée par IA