Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- Il est 7h14 sur Sud Radio. Pourquoi une telle pagaille hier en Ile-de-France, avec plus de 1 000 km de bouchons entre 17h et 18h ? Nous sommes avec Arnaud Aimé, qui est spécialiste des transports. Bonjour.
- Bonjour, Patrick.
- Bon, merci d'être avec nous, Arnaud Aimé. Sais-tu jamais vu, même en temps de départ en vacances, il n'y avait jamais eu autant de bouchons ? Comment ça s'explique ? Alors effectivement, c'était une journée exceptionnelle hier. Ça s'explique par deux facteurs.
- D'une part, des conditions météorologiques qui sont extrêmes. Alors certes, parler de 5 cm de neige pour l'Ile-de-France comme ça, ça semble pas très sorcier.
- Sauf que l'Ile-de-France n'est pas une région habituée.
- À ça, l'Ile-de-France, c'est une région où les circulations sont très denses, tant par les automobilistes que par les camions.
- Donc ça, c'est la première chose. Et puis deuxième chose, ça survient un lundi 5 janvier, donc jour de travail, jour où les gens doivent se rendre au travail ou à leurs études.
- Un jour, donc, de circulation normale dense. Et plus la circulation théorique est dense, plus il y a de trafic théorique, et bien plus les perturbations ont de l'effet.
- Donc c'est...
- Bon, sans...
- Sans mauvais jeu de mots, ça nous fait bout de neige ce qui a été provoqué.
- Oui, effet bout de neige. Vous avez raison d'insister, Arnaud Aimé, évidemment.
- Mais est-ce qu'on a pêché quand même un petit peu dans l'anticipation, dans la prévention hier matin, et même du côté des infrastructures et de l'ensemble des organisations qui doivent procéder au salage, etc.
- On a dit hier, par exemple, qu'on ne pouvait pas saler véritablement parce que le sol était trop froid. C'est vrai, ça ? Alors oui, c'est vrai.
- Même ça.
- Attendez. Moi, j'ai vu des endroits où c'était salé, et ça a fonctionné quand même. C'est bizarre, ça. Non ? Oui, oui. Non, mais la température n'est pas forcément exactement la même à tous les endroits. Ce qui compte, c'est pas seulement la température du sol.
- Pardon ? C'est pas seulement la température de l'air. C'est aussi la température du sol, qui, elle, varie fortement en fonction de l'exposition au soleil, selon qu'il y a une zone à l'ombre ou pas à l'ombre. S'il fait très froid, il se passe deux choses. D'une part, il y a davantage de verglas qui peut gêner la circulation des saleuses.
- Oui.
- Le sel, ça fait fondre la glace, mais pas dans des conditions de froid extrême. Donc ça marche particulièrement bien quand c'est quelques degrés en dessous de zéro.
- Et quand il fait trop froid, eh bien ça ne marche plus dans ce cas-là. Pour revenir à votre question initiale, je pense que... Alors moi, je travaille pas pour les autorités qui mettent en place le plan grand froid, mais je pense qu'en l'occurrence, ce travail était plutôt bien fait, parce que ce qu'il faut regarder, plus que la fluidité de la circulation, c'est est-ce que les gens ont été mis en danger ? Donc est-ce qu'il y a eu des accidents ? Oui. Il y a eu un mort, donc, en Seine-et-Marne, par exemple, hier, à cause de ça. Il y a eu quelques autres dérapages. Après, il n'y a pas eu d'autres catastrophes d'ampleur.
- Oui, voilà. Voilà ce qui compte. Enfin pardon de parler en matière de... En termes statistiques, est-ce qu'il y a eu une proportion d'accidents tout à fait inacceptables ? Premièrement. Deuxièmement, quelque chose qui est très important pour les autorités qui gèrent la route, que ce soit l'État, les départements, les collectivités, c'est est-ce qu'il y a ce qu'on appelle des naufragés de la route, c'est-à-dire des gens coincés dans leur véhicule, qui doivent y passer la nuit entière, ce qui pose d'autres problèmes de sécurité. C'est-à-dire que si les gens n'ont pas amené avec eux des vêtements chauds à boire, à manger, etc., eh bien là, ça peut poser des gros problèmes. Donc c'est surtout ça que les autorités cherchent à éviter, les naufragés de la route, davantage que les bouchons.
- On a fermé, du coup, les routes qui étaient susceptibles, justement, comme ça, je...
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