Retranscription des premières minutes :
- Ici Sud Radio, les français parlent au français, les carottes sont cuites.
- Sud Radio Bercov dans tous ses états.
- Tu dis des mots, encore des mots, toujours les mêmes.
- Tu parles froid, tu dis souvent n'importe quoi.
- Tu dis des mots, encore des mots, encore faut-il savoir de qui sont les mots, qui les compose.
- Qui les manipule.
- Et bien, grand scandale dans le petit monde de la littérature et des prix littéraires.
- Un écrivain d'origine haïtienne, né à Haïti, qui vit à Montréal, qui s'appelle Télison Aurélien, vient de publier aux éditions Grasset, C'était ça ou mourir.
- Roman.
- Alors, formidable réaction des critiques, tous, tous.
- Amélie Nothomb.
- Un livre prodigieux, un tour de force.
- Trapenard, Augustin Trapenard de la Grande-Hébrérie.
- Un sens de la formule a coupé le souffle.
- Kamel Daoud, dans Le Point.
- Un très bel écrivain.
- Je n'ai jamais lu un livre pareil depuis longtemps.
- Le masque et la plume, tout le monde s'esbobie.
- Déjà un prix, Fnac.
- D'autres, il est nominé au concours.
- Au Renaudot.
- C'est la...
- Attention, contrat de traduction dans 23 pays.
- Voilà, le chef-d'oeuvre, ça y est, la révélation des révélations.
- Et puis, et puis, on découvre, en tout cas, on apprend, que par le détecteur d'intelligence artificielle, Pogram, il a été soumis à ça.
- Eh bien, on constate que, en partie, il aurait été écrit par l'intelligence artificielle.
- Oui, cette pelée, cette galeuse, nous vient tout le mal, l'IA.
- Alors, qu'est-ce qui se passe ? Ce qui se passe, évidemment, où est la créativité ? Vous imaginez, on s'attaque, qu'on parle de médecine, qu'on parle de robotisation, etc.
- L'IA, effectivement, joue son rôle.
- Mais là, on s'attaque au cœur, au cœur du réacteur de la création.
- Alors, qui écrit ? Et comment on reprend ? Alors, évidemment, polémique totale sur les corps de phrase, sur les mots, sur comment ça s'organise, etc.
- Évidemment, l'auteur se défend en disant, oui, c'est parce que je suis haïtien et racisé.
- Bon, c'est de bonne guerre.
- Mais en fait, l'intelligence artificielle a déjà conquis beaucoup de territoires sur le plan politique.
- Combien de politiques et d'assistants des politiques se servent de l'IA sur le plan juridique, sur le plan médical et autres ? Mais là, évidemment, le bas blesse.
- Parce qu'on s'attaque à quoi ? À la créativité, à la création.
- Alors quoi ? Ça veut dire qu'une IA peut faire comme Proust ? Une IA peut faire Baudelaire ? Peut faire Rimbaud ? Peut faire L'Autréamon ? Et là, scandale des scandales.
- En fait, le véritable problème, il est très simple.
- Aujourd'hui, ça pose l'ère du soupçon.
- Demain, on publie des livres, on publie des écrits, on publie des créations.
- On l'a vu, d'ailleurs, en 1900.
- Dans le domaine de la peinture, on avait trempé la queue d'un âne dans de la peinture.
- Et il avait signé un tableau, ça signait Boronali, et tout le monde s'était extasié.
- Alors, on ne dit pas du tout que là, il s'agit de la même chose.
- On dit simplement que ce qu'il faudrait, quand même, la moindre des choses.
- Après tout, pourquoi ne pas utiliser l'IA ? Mais il faut le dire, c'est tout.
- Aujourd'hui, l'ère du soupçon est là.
- À partir du moment où vous, dans n'importe quel domaine, n'utilisez l'IA, eh bien, il faut dire, ce roman, ce texte, cet essai a été écrit avec l'aide de l'intelligence artificielle.
- On annonce la couleur, on le dit, transparence.
- Et le reste, eh bien, évidemment, on se posera la question essentielle.
- Où est la création aujourd'hui ? Est-ce que l'homme, la femme, l'être humain est capable de création originale où il ne posera plus ce passé de l'intelligence artificielle ? Telle est la question, et elle n'est pas résolue.
- Merci, à demain.
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