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Par avec Alain Bentolila

École : seulement la moitié des élèves maîtrisent les "compétences langagières et linguistiques" en français


Selon les évaluations publiées par le ministère, les compétences de base en français et en maths restent préoccupantes du CP à la 4e
Les invités

Retranscription des premières minutes :

- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Maxime Liedot.
- Est-ce que les élèves français savent encore lire et écrire ? C'est en tout cas des chiffres qui sont publiés par le ministère de l'Éducation nationale il y a quelques heures et qui mettent en ligne des résultats d'évaluation menés du CP à la quatrième. Bonjour, Alain Bentolila.
- Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes...
- C'est un plaisir. Mais plaisir partagé, mon cher Alain. Vous êtes auteur de « Demain, la barbarie », « Parents » et « Instits », même combat.
- Vous êtes également linguiste. J'imagine que vous avez quand même un peu feuilleté cette étude. Comment la qualifier ? Est-ce que c'est encourageant ? Est-ce que c'est réaliste ? Est-ce que c'est alarmiste ? Est-ce que c'est déprimant ? Non. On peut dire, si vous voulez, que sur un certain nombre de points, la chute qui était alarmante, jusqu'à l'an dernier, a été contenue. Et par conséquent, de ce point de vue-là, on peut dire que, notamment la décision de dédoubler les classes de CP et de CE1 prises par le ministre Blanquer, notamment et surtout dans les...
- Les zones prioritaires, sans nul doute, étaient pour quelque chose... Permis d'entraider la chute.
- Oui. Je pense que oui. Quand on la regarde de près, ça dépend des cas. Ça dépend des cas et ça dépend des académies.
- Certaines académies, on montre des progrès qui sont tout à fait intéressants et encourageants, d'autres moins.
- Et quand on regarde encore de plus près, ce sont les académies...
- On a accompagné le dédoublement des élèves avec une formation à une pédagogie différente, et notamment une pédagogie qui prend en compte les performances contrastées entre les élèves.
- C'est dans ces académies-là que ça a marché. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'était formidable, c'était une bonne idée, c'était courageux de dédoubler.
- D'avoir un enseignement un peu plus sur mesure, un peu plus attentif aux élèves, en réalité.
- Voilà. Mais il fallait...
- Il fallait accompagner les maîtres pour leur apprendre à enseigner différemment.
- Parce qu'enseigner de la même façon à 12 que l'on enseignait à 24 ou à 25 ne change pas grand-chose.
- Mais donc ça veut dire, Alain Bentolila, que le problème à la racine, c'était la méthode, c'était le type d'enseignement qu'on pouvait délivrer ? La racine, c'était la formation des maîtres. Et ça reste la formation des maîtres.
- C'est-à-dire que pour vous...
- Pour vous, les enseignants ne sont pas suffisamment formés.
- Non, on ne peut pas dire. Si vous voulez, surtout depuis quelques années, la formation des enseignants est partie à veau de l'eau.
- Et ça n'est pas les changements qui sont apportés cette année qui vont y changer grand-chose.
- Un, d'abord, il y a de moins en moins de jeunes, de mes étudiants par exemple, de linguistique. Pourtant, être une filière qui est très formatrice pour des enseignants, notamment les enseignants du primaire, il est clair, si vous voulez, que ces étudiants n'ont pas envie d'aller faire la classe.
- Oui, faire la classe. Vous êtes notamment, Alain Bentolila, membre du groupe de travail pour reconquérir l'écrit.
- C'était une initiative lancée par François Bayrou. Il y a quand même un chiffre sur lequel j'aimerais attirer votre attention.
- C'est le chiffre de 52%. Seuls 52% des élèves ont une maîtrise, je cite, « suffisante des compétences langagières et linguistiques ».
- On a l'impression que c'est un peu du charabia. Concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je voulais dire qu'il y en a 50% qui ne les ont pas.
- Non, mais ça, je sais. Mais je veux dire...
- Non, mais...
- Ça veut dire quoi, les compétences langagières, etc. ? Ça veut dire tout simplement qu'ils ont un vocabulaire suffisamment riche et précis. C'est la première chose.
- La deuxième chose, c'est qu'ils ont une capacité de construire leur phrase et, au-delà de la phrase, leur discours.
- C'est-à-dire la grammaire, en gros. En gros, c'est ça.
- Ça, c'est une deuxième chose. Et donc, si vous voulez, c'est un aveugle terrible d'impuissance que de dire qu'il y a la moitié des élèves de France qui sont dans des écoles en France, sont des élèves qui manquent...

Transcription générée par IA

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