Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 7h41. C'est à la une, ce matin. Et Sud Radio vous explique. Trop, c'est trop. C'est un collectif de patrons qui a rédigé une tribune, qui a alerté le gouvernement, qui dénonce le budget 2026, qui est... Alors je sais pas s'ils sont entendus, écoutés véritablement, parce que visiblement, ce budget a été voté sans qu'il n'y ait eu de concession pour les chefs d'entreprise.
- Nous sommes avec Erwann Lenouane, chef d'entreprise. Bonjour. Bonjour.
- Vous êtes justement dans ce collectif qui a vu le jour Trop, c'est trop. Vous êtes par ailleurs membre du cabinet de conseil AlterMind et membre du conseil scientifique et d'évaluation de fonds d'Apple. Alors ce collectif de Trop, c'est trop a tenté de se faire entendre depuis quelques semaines.
- Le gouvernement, véritablement, vous a écouté. Est-ce qu'il a tenu compte de ce que vous lui avez dit ? Oui, le Premier ministre nous a répondu deux fois. Une courrie cette semaine, une courrie en novembre. Écoutez, non, parce que le bilan de ce budget, c'est qu'une nouvelle fois, c'est les entreprises qui vont trinquer, et pas que les grandes entreprises, parce que la facture va augmenter de plusieurs milliards d'euros d'impôts et qui vont toucher une partie des grandes entreprises et par voie de conséquence, et les autres entreprises et les ménages. Il y a une espèce de fantasme qui consiste à dire qu'elles ne vont pas être touchées. C'est pas vrai. Quand on augmente la facture des entreprises de plusieurs milliards, je crois qu'on est à près de 10 milliards d'augmentation d'impôts, ça va avoir une conséquence sur l'ensemble de l'économie.
- Comment ça se traduit, en fait, pour le grand public, qu'ils comprennent bien, l'ensemble de ces augmentations ? C'est quoi ? C'est des taxes supplémentaires ? Voilà. Alors il y a deux choses. Il y a des augmentations de taxes, alors qu'en fait, c'est la reconduction d'augmentation qui devait s'arrêter. Donc on va poursuivre...
- L'augmentation de l'impôt sur les sociétés, il va y avoir une surtaxe de près de 8 milliards d'euros, alors que le total de l'impôt sur les sociétés, c'est à peu près 70 milliards d'euros. Et il y a des baisses qui étaient promises de charges, des baisses de la taxe comme la CVAE, qui n'auront pas lieu. Donc en fait, on va augmenter la charge fiscale et rester à un niveau de charge fiscale énorme sur des entreprises françaises, alors qu'on est déjà le pays, les entreprises qui sont parmi les plus taxées au monde. Oui, ça, c'est vrai. Parce qu'on le dit couramment, mais c'est vrai.
- Parmi... Les entreprises françaises sont parmi les plus taxées au monde ? Exactement. On est parmi les plus taxées. Et on est face à des concurrents qui sont... Il n'y a pas besoin d'aller chercher très loin.
- Nos concurrents, nos voisins, les pays d'Europe sont souvent moins taxés, ont des dispositifs fiscaux plus attractifs.
- Pas pour faire plaisir au patron, mais parce que c'est ce qui permet de créer de la croissance, de la richesse et ensuite de la redistribuer.
- Oui. Erwann Lenouane, certains disent oui, mais ce sont des cadeaux aux entrepreneurs que l'on fait parfois quand on baisse la fiscalité.
- Est-ce que ce sont véritablement...
- C'est véritablement des cadeaux ? Ou alors est-ce que... Bah non. Vous le voyez, j'imagine, différemment, quoi.
- Déjà, il y a une idée... Il y a quand même une façon assez étrange de dire que quand on laisse de leur argent aux gens, on leur fait un cadeau.
- Oui. Bon. Mais ensuite, ce qui va surtout se passer, c'est que là, je sais pas si on leur fait des... Si on leur fait pas de...
- Ce qui est certain, pardon, c'est qu'on leur fait pas de cadeaux. Et on va augmenter la charge fiscale de manière considérable, ce qui va ralentir l'ensemble de l'économie. À nouveau, il faut bien se dire que c'est pas les entreprises...
- À travers les entreprises, c'est pas que les entreprises qu'on pénalise. On va pénaliser les ménages.
- Des entreprises qui payent plus d'impôts, c'est des entreprises qui investissent moins, qui embauchent moins et surtout qui se projettent moins...
Transcription générée par IA