Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Il est 7h41. Sud Radio vous explique. Il y a eu hier un chiffre très important, très important pour notre pays.
- La chute libre de la natalité. Pour la première fois, il y a eu en 2025 plus de décès, 651 000, que de naissances, 645 000 naissances.
- Et l'indice de fécondité qui s'effondre. Alors pour en parler, nous sommes avec Alexandra Monnet, spécialiste de la famille. Bonjour.
- Bonjour. Merci d'être avec nous. Alors vous menez des enquêtes pour savoir pourquoi et puis ensuite les conséquences.
- Vous rencontrez par exemple des gens qui sont en âge d'avoir des enfants. Alors certains n'en veulent plus et d'autres ne peuvent plus aussi.
- D'abord sur ceux qui n'en veulent plus. Pourquoi ? Alors sur ceux qui n'en veulent plus, il y a plusieurs raisons. Alors déjà, ceux qui n'en veulent plus, ça reste quand même épisodique.
- C'est-à-dire que dans la majeure partie des cas, les gens veulent encore des enfants. On a un taux de désir d'enfant en France qui est supérieur à deux enfants par famille.
- Donc ça reste quand même important. Mais du coup, effectivement, sur ceux qui ne veulent plus, il y a l'éco-anxiété, bien évidemment, parce que c'est quelque chose qui touche notre génération. Il y a le retour des guerres. Il y a aussi l'émancipation de la femme qui peut avoir effectivement des conséquences.
- Tout simplement parce que les femmes, aujourd'hui, ne veulent plus rentrer dans le diktat d'une femme doit avoir des enfants. Elles ne veulent plus aussi être le seul parent qui s'occupe des enfants.
- Parce qu'aujourd'hui, une mère, en tout cas, est encore celle qui s'occupe quatre fois plus des enfants que les pères, même si les pères prennent de plus en plus de place.
- Et ensuite, je dirais qu'il y a quelque chose qui a affaire un peu à notre génération, qui est le fait de ne pas vouloir de contraintes.
- On ne veut pas se rajouter de contraintes. On veut d'abord penser à soi, ce qui est une bonne chose à certains égards, mais qui, effectivement, a un impact direct.
- Sur la natalité, les réseaux sociaux. J'entendais une de vos collègues, il n'y a pas longtemps, parler de l'impact aussi des réseaux sociaux et de la numérisation sur notre génération.
- Donc, tout ça fait qu'effectivement, aujourd'hui, on est une part de notre génération qui ne veut plus d'enfants.
- Oui, c'est ça. Vous dites que, globalement, les jeunes voudraient deux enfants, à peu près, par rapport à...
- 2,2 poids, exact.
- 2,2, alors que, finalement, l'indice est tombé à 1,56 enfants, là, aujourd'hui, par femme, en âge de procréer.
- Alors, il y en a qui ne peuvent plus, aussi, ce que je disais.
- Exactement, il y a des familles, et c'est surtout là le point le plus important, et le point sur lequel on pourrait agir collectivement, c'est le fait d'aider les familles qui voudraient avoir des enfants, ou les jeunes couples qui veulent avoir des enfants, mais qui ne peuvent plus.
- Là, on a deux causes qui reviennent majoritairement. La première, c'est le pouvoir d'achat, dans lequel je rentre l'énorme sujet du logement.
- Une enquête est sortie hier d'un économiste canadien qui a étudié les Etats-Unis entre les années 90 et 2020, à cause des loyers aux Etats-Unis, a causé directement une baisse de 11% de la natalité, ce qui est vraiment énorme.
- Donc, on a ce premier point sur le pouvoir d'achat et le logement, et on a un deuxième point, aussi, très important, qui est la conciliation vie professionnelle-vie personnelle, puisqu'aujourd'hui, on a un système, notamment dans le travail, dans le secteur de l'entreprise, qui fait que c'est très difficile, encore, pour des parents qui ont envie de s'investir dans leur vie familiale, d'avoir une carrière à côté.
- Donc, ces deux points font que...
- Aujourd'hui, il y a beaucoup de familles qui réfléchissent à deux fois, beaucoup de jeunes couples qui réfléchissent à deux fois avant d'avoir un enfant.
- Et on en parlait juste avant, il y a aussi la question de la fertilité, bien évidemment.
- Oui, bien sûr.
- C'est un sujet.
- Puisqu'on retarde chez les femmes pour pancréer, hein, bien sûr.
-...
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