Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h. Patrick Roger.
- Et Sud Radio vous explique qu'il est 7h41. Donald Trump veut acheter donc ou acquérir le Groenland qui appartient au Danemark.
- Alors attention, parce qu'il appartient au Danemark, mais il est autonome tout de même.
- Pour en savoir plus, nous sommes avec Mika Mered, enseignant pour l'énergie-climat à l'école de guerre à Paris, qui est auteur d'un livre très intéressant, auteur de la préface de ce livre « Alors tu veux acheter le Groenland des Vikings à Trump ? » d'Elisabeth Boukhanan.
- Bonjour Mika Mered. Bonjour Patrick Roger.
- Merci d'être avec nous. Pourquoi, dans un premier temps, pourquoi Donald Trump veut-il autant acquérir le Groenland ? Il y a trois dimensions. Il y a une dimension stratégique, évidemment.
- C'est-à-dire que le Groenland est un territoire qu'il faut absolument « contrôler » si on veut pouvoir, contrôler ensuite ce qui se passe dans l'ensemble de l'Arctique, c'est-à-dire l'océan le plus au nord de la planète, où il y a évidemment des compétitions absolument majeures avec notamment la Russie et la Chine.
- La deuxième raison, c'est une raison économique, puisque dans une logique d'extraction de ressources, le Groenland est l'un des derniers territoires où il y a le plus de ressources à extraire et les plus stratégiques, on peut en reparler.
- Et le troisième volet, c'est un volet complètement symbolique, c'est-à-dire bien sûr d'étendre le territoire et de marcher dans les pas des grands présidents américains, qui ont fait agrandir ce territoire.
- Oui. Alors, il y a à peu près 50 à 60 000 habitants, c'est ça, 56 000 ? 56 000, oui, tout à fait.
- C'est qui en la ville de l'Orient ? Amitié aux Lorientais ? Ah ben oui, au passage, la majorité sont des Inuits, c'est ça, en fait.
- 88%, tout à fait.
- Voilà, absolument. Il y a une petite minorité de Danois qui avaient colonisé le Groenland.
- Les habitants, face à cela, eux, quel regard ont-ils ? Est-ce qu'ils se disent, tiens, il y a le grand oncle américain qui veut venir nous accaparer, mais on est pour l'instant sous dépendance du Danemark ? Quelle est donc leur vision des choses ? Alors, les choses se sont faites en deux temps, déjà.
- C'est-à-dire que Donald Trump ne parle pas du Groenland seulement depuis six mois ou depuis un an.
- Donald Trump parlait déjà de la question du Groenland depuis 2018-2019.
- En 2018-2019, le principal enjeu, c'était que, comme les Américains n'avaient pas tenu leur promesse, de 2004, d'investir au Groenland et de développer le territoire, les Groenlandais, quand ils ont obtenu en 2009 du Danemark la compétence sur la gestion de leurs ressources, et notamment de leurs ressources minières ou pétrolières ou gazières, eh bien, ils se sont tournés vers d'autres pays qui étaient prêts à investir au Groenland.
- Et ce sont les Chinois qui ont principalement répondu à cette aspiration des Groenlandais.
- Donc, les Chinois ont pris de plus en plus de place au Groenland, de même que des Canadiens ou des Australiens.
- Et les États-Unis, à partir de 2015, sous Obama, puis de Donald Trump, en 2018-2019, ont réagi et ça a abouti à la volonté de Donald Trump de racheter le Groenland qu'il avait dite la première fois en 2019.
- À l'époque, les Groenlandais disaient « Ah, super ! On est prêts à avoir enfin un engagement américain ! Super ! » Grâce à Donald Trump, même s'il parle de nous en mal, il n'empêche qu'il nous fait notre pub dans le monde entier.
- Les investisseurs vont peut-être arriver.
- Mais là, en 2025-2026, maintenant que Donald Trump dit « Je ne vais pas juste acheter le territoire, mais je vais le prendre, voire même je vais l'annexer », la situation est toute autre et les Groenlandais se disent, « Ah mais non, mais on ne va pas troquer une dépendance à un colon danois, pas à un colon américain ».
- Oui, alors ils sont un petit peu hésitants, en quelque sorte.
- Hésitants en se disant « Bon, on a besoin d'un coup de main. Bon, alors il y a les Chinois qui sont arrivés. » Et qui sont repartis depuis. Là, aujourd'hui, il n'y a...
Transcription générée par IA