Par Philippe Spanghero
La Coupe du monde 2023 : un fiasco financier historique
Dans un rapport définitif très attendu, la Cour des comptes pointe les défaillances dans l'organisation de la Coupe du monde 2023. Entre amateurisme, tricheries et négligence, cette compétition est un exemple de mauvaise gestion de grands événements. Quels sont les éléments majeurs de ce dérapage historique ? Au final l'ardoise s'établit à combien ?
Retranscription des premières minutes :
- C'est un an avant, c'est un simple an avant.
- Sud Radio, la radio du rugby.
- Vous êtes une million, vous êtes charmante.
- Vous voyez ce que ça fait déjà ? Un million, l'Armina.
- Où est l'argent ? Où est l'argent ? En fait, je viens de retirer de l'argent.
- Amis, ouvrez vos cœurs, n'en ayez pas peur, l'argent ne fait pas de bonheur.
- Shut up and take my money.
- Et on va parler sur Sud Radio d'un sujet brûlant.
- La Cour des comptes a remis un rapport qui, pour le coup, est assez terrible, assez net.
- Il ne laisse que très peu de marge à la possible discussion ou au possible contre-argument.
- Et c'est pour ça d'ailleurs que c'est un rapport définitif.
- Le rapport, il porte sur quoi ? Sur l'organisation de la Coupe du Monde 2023.
- C'est un fiasco financier historique.
- Dans ce rapport très attendu, on parle de gestion opaque, d'amateurisme, de tricherie, de négligence, de A à Z.
- C'est un carnage de gestion de grands événements, dit Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes.
- Il le résume ainsi.
- France 2023, c'est un très bon cas d'école d'échec de gestion publique.
- Alors évidemment, Claude Haché s'érige contre ce rapport.
- Mais on va vous dévoiler pourquoi la Cour des comptes pense cela.
- Et pour être le plus clair possible, Philippe Spanguero, quels sont les éléments majeurs de ce dérapage historique, signale la Cour des comptes ? Malheureusement, et pour justifier l'ampleur des dégâts, les éléments sont multifactoriels.
- Dans la combinaison de tout ça, vous avez d'abord des objectifs de recettes complètement surévalués, notamment sur les hospitalités.
- Pour information, il y avait un objectif de vente de 213 000 hospitalités, alors même que les stades qui accueillaient les matchs de la Coupe du Monde pouvaient en accueillir 60 000 de moins.
- Au mieux.
- Donc vous voyez déjà l'amateurisme dans les chiffres au départ des premiers business plans qui ont été constitués.
- Et puis ensuite, vous avez un non-respect des règles fiscales, qui est l'épée de Damoclès qui pèse aujourd'hui sur la tête de la Fédération française de rugby par l'État.
- Mais la bonne nouvelle de ce rapport, c'est que la Cour des comptes pointe aussi clairement la responsabilité de l'État directement qu'il y avait la minorité de blocage dans le groupement d'intérêts publics qui était copiloté entre la Fédération française de rugby et l'État.
- Donc ça ouvre quand même une voie à la négociation pour la Fédération française, je trouve.
- Et puis ensuite, vous avez de l'amateurisme total aussi sur la façon dont les hospitalités ont été négociées et achetées auprès de World Rugby.
- Et puis la façon dont elles ont été revendues à un sous-traitant, Daimani, sans garantie de paiement, puisqu'aujourd'hui il y a un litige en cours avec cette société prestataire qui risque très certainement de rester sur les bras du groupement d'intérêts économiques qui vendait ces hospitalités.
- à hauteur de 11 millions d'euros.
- Donc quand on a dit tout ça, on se retrouve avec World Rugby qui a eu la Coupe du Monde la plus prolifique de l'histoire avec 500 millions de bénéfices.
- Et vous avez l'organisateur qui perd au bas mot 50 millions en ce qui concerne la Fédération si toutefois le redressement fiscal de l'État et de Bercy est confirmé.
- Alors c'est vrai que le premier gros dérapage, c'est d'avoir payé 82 millions d'euros à World Rugby pour avoir le droit de commercialiser.
- Les hospitalités, et c'est excessif, dit le rapport, tu le disais il y a un instant.
- Ça mérite d'être expliqué, ça mérite d'être expliqué en effet.
- Je vais justement y aller parce qu'on parle de projections en fait pour justifier ces 82 millions d'euros.
- Je donne juste un chiffre très simple.
- Le dossier de candidature tablait par exemple sur 16 609 prestations d'hospitalité par match au Stade de France alors que la capacité est de 8 900.
- Et ça, c'est un exemple.
- Au milieu d'un océan d'incohérences sur les hospitalités.
- Oui, mais globalement, tout à l'heure, je parlais des chiffres généraux.
- Donc on avait budgété, du point de vue de l'organisation, 213 000 hospitalités vendues.
- Et je le répète, à l'échelle de toute la compétition, tous les stades...
Transcription générée par IA