Retranscription des premières minutes :
- Il est 8h38, et nous sommes en ligne avec vous. Bonjour, Bruno Bobkevitch. Bonjour.
- Bonjour. Vous êtes secrétaire général du syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale, le SNPDEN.
- Et je vais évoquer avec vous ce que j'avais annoncé tout à l'heure, cette interdiction du portable au lycée qui devait entrer en vigueur vous me corrigez dès cette rentrée. Est-ce que c'est, à vos yeux, mission impossible ? Alors il y a des difficultés techniques qui sont notamment liées au calendrier. Il faut se dire qu'à ce stade, la loi n'est toujours pas promulguée.
- Et il faut rappeler que pour pouvoir mettre en place une règle de cette nature, il faut modifier le règlement intérieur des lycées, ce qui ne se fait pas en claquant des doigts. Donc il va y avoir quelques jours, quelques semaines, pendant lesquelles les établissements vont devoir se consulter.
- Il va y avoir plusieurs instances pour modifier ce règlement intérieur. Et je parle pas de la mise en œuvre. Je parle vraiment de la partie technique concrète.
- Alors c'est une décision annoncée par le ministère de l'Éducation nationale, qui a été annoncée début juillet, il faut préciser pour celles et ceux qui nous écoutent, cette interdiction des usages des téléphones portables dans les lycées. Quel est le but, au fond, de cette interdiction ? L'objectif, il est partagé par tous. C'est réduire le temps d'écran de nos adolescents.
- Donc on peut partager cet objectif-là. La question, c'est quand même se dire que dans les établissements scolaires aujourd'hui, le temps d'exposition à l'écran est bien plus bas qu'à l'extérieur, parce que la grande majorité du temps est évidemment passé dans la salle de classe.
- Le téléphone portable est déjà interdit dans la salle de classe, bien heureusement, partout en France.
- Ça, ça marche plutôt bien, d'ailleurs, au fait. Oui. Alors il faut quand même admettre qu'il y a des élèves qui l'utilisent quand même, qui sont en dessous de la table, qui fraudent parfois pendant les contrôles. Enfin tout ça, c'est des choses qui existent, qu'on peut d'ailleurs traiter. Mais l'interdiction globale ne va pas régler cette question de recherche de fraude.
- Donc en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'on peut partager l'objectif. La question, c'est encore une fois réussir à le faire, sachant évidemment que les adolescents ne seront pas consentants et qu'on a très très peu de surveillants dans les lycées pour faire respecter cette règle.
- Elle est là, la difficulté, pour le moment. Elle est là, la difficulté. Tout à fait. Alors il y a aussi le fait que dans les lycées, nous avons un fonctionnement qui sollicite les téléphones portables. C'est-à-dire nos applications permettent aux lycéens toute la journée de consulter leur emploi du temps, leurs notes, leur travail, leur convocation éventuelle par SMS. Enfin tout ça, ça fait partie de nos usages.
- Donc il va falloir aussi tenir compte de ça. Il est probable que, et d'ailleurs c'est souhaitable, que dans beaucoup de lycées, il y ait des zones où le téléphone sera autorisé.
- Oui. Parce que si on ne le fait pas...
- Ils vont tous sortir sur le parvis et on va créer des regroupements qui sont dangereux, notamment en zone, en moment où on est en vigipirate renforcée.
- Donc il est probable que chaque lycée définisse un endroit, notamment une partie de la cour où la cour ou le téléphone sera quand même possible à utiliser.
- Parce que pour bien comprendre, l'idée d'interdire le portable en question, c'est de l'avoir éteint dans le cartable, dans le sac, peu importe, et non pas de le laisser à la maison. Nous sommes d'accord.
- Effectivement, vous avez raison. Il y a une consultation des sites concernés par l'Éducation nationale et les enfants, les familles. Ça, de toute façon, c'est devenu incontournable.
- Et il y aurait des moments, si j'ai bien compris, où nos enfants, nos élèves, nos ados pourraient leur ouvrir. Enfin c'est compliqué.
- Ce que mon syndicat demande, c'est qu'effectivement chaque établissement puisse raisonnablement réfléchir à cette question dans les semaines qui viennent. Donc il faudra un tout petit peu de temps.
- Oui.
- Le fait d'avoir reçu une circulaire...
- Début juillet, alors que...
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