Retranscription des premières minutes :
- « Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Maxime Liedot. » Il est 9h19 et vous êtes bien sur Sud Radio.
- On poursuit cette matinée d'hommage à une icône, à un mythe du cinéma français, Brigitte Bardot bien sûr, qui a décidé de disparaître hier à 5h55.
- Depuis plusieurs heures, on voit à quel point elle a marqué son époque, à quel point elle représentait quelque chose.
- Peut-être même qu'elle ne jouait pas, mais elle incarnait une certaine idée de la France.
- Vous voulez commenter, réagir à cette disparition ? 0826 300 300, nous racontez votre Bardot.
- Ça se passe au standard et c'est le camarade Manu qui vous accueille.
- 0826 300 300.
- Avant de continuer à recueillir vos appels, qui sont nombreux, et on va discuter ensemble jusqu'à 10h, je vous propose de vous plonger dans une archive qui montre la liberté de ton de Brigitte Bardot, sa façon aussi d'aborder de façon frontale les problèmes sociétaux, dont la question de l'avortement à laquelle elle était excessivement attachée.
- Nous sommes dans l'émission Actuel 2.
- Nous sommes le 9 avril 1973.
- Et vous allez le voir, quelques mois avant non seulement d'annoncer son retrait du cinéma, mais également quelques temps seulement avant l'adoption de la loi Veil.
- Elle fait, elle réalise un entretien pour répondre aux questions à la télévision de Claude Sarraute, François Nourricier, René Parjavel, Lucien Baudart et un certain Jean-Pierre Elkabache.
- Vous allez le voir dans cet extrait, où elle évoque, entre autres, la cause animale, l'écologie, mais également une éloge, en réalité, de l'avortement.
- Est-ce que vous auriez envisagé, par exemple, ou est-ce qu'on vous a demandé, peut-être qu'on ne vous l'a pas demandé, mais est-ce qu'il vous est arrivé d'envisager à un moment quelconque de signer des pétitions sur le sujet de l'avortement, par exemple ? Ah moi, l'avortement, je suis pour.
- Alors comme ça, je ne signe pas de pétition, je le dis maintenant, comme ça.
- Tout le monde le saura. Je suis pour, je trouve qu'une femme, a le droit de choisir le moment qu'elle veut pour mettre un enfant au monde.
- On n'a pas le droit de lui imposer un enfant.
- Je trouve que c'est absolument incroyable qu'on en soit encore là, aujourd'hui.
- Et vraiment, alors si le fait que j'en parle maintenant peut aider à quelque chose, je serais ravie, parce que c'est absolument incroyable.
- On voit que ce sont les hommes qui font les lois, parce que s'il leur arrivait quelquefois d'avoir les problèmes des femmes, et d'être enceinte, ou de quelqu'un qui n'aime pas, ou de ne pas avoir envie d'avoir un enfant au moment où ils sont enceintes, ils comprendraient plus facilement qu'il faut absolument que ce problème se règle très très rapidement.
- Parce qu'en plus, les femmes qui n'ont pas envie d'avoir des enfants peuvent très bien se faire avorter, elles ont les moyens.
- Et les femmes qui n'ont pas les moyens, sont elles qui bâtissent de tout ça, et qui ont des enfants qui sont abîmés ou qui meurent, parce qu'il y a des façons de faire des avortements illégaux qui sont monstrueuses.
- Alors il faut que ce soit légal, et que plus personne ne risque d'en mourir.
- Et que le fait d'avoir un enfant, soit une joie, au lieu d'être une catastrophe.
- Vous entendez la liberté, mais aussi la détermination de Brigitte Bardot à assumer ses opinions, elle qui, on le sait, a accepté d'une certaine manière son enfant, Nicolas, par contrainte, et qui a vécu son accouchement comme étant un enfer, avec des nuées et des nuées de paparazzi, de journalistes, de caméramans, qui l'attendaient en bas de chez elle, obligés d'accoucher chez elle au dernier étage d'un bâtiment du 16ème arrondissement.
- Brigitte Bardot, iconique bien sûr, on l'a vu, qui s'est illustrée par la défense des droits des animaux, par la défense du droit des femmes.
- Comment vous interprétez, comment vous regardez-vous cette icône française ? Quel regard portez-vous sur Brigitte Bardot ? Faites-vous partie des fans incontestés ? Au contraire, parmi des gens qui étaient beaucoup plus sceptiques, beaucoup plus déçus, beaucoup plus sévères sur ce qu'elle pouvait être, sur les polémiques qu'elle a pu enclencher.
- Vous nous appelez, vous nous...
Transcription générée par IA