Retranscription des premières minutes :
- On est là, il y a 150, 200 tracteurs qui arrivent.
- Là ça va bouger, on ne partira pas tant qu'on n'aura pas une réponse forte de l'État.
- J'appelle à tous les artisans à soutenir nos agriculteurs parce que finalement les difficultés, même si elles ne sont pas les mêmes, on se rejoint dans des problématiques qui sont énormes.
- Aujourd'hui c'est ici, mais pour moi la prochaine étape c'est Paris.
- Il faut les faire trembler.
- On veut moins de contraintes, on veut moins de la merde, on veut qu'on nous laisse travailler, c'est plus possible.
- Et la troisième étape, si Paris ça ne bouge pas, c'est l'Europe, c'est Bruxelles.
- Et vous avez entendu ce cri du cœur, on veut qu'on nous laisse travailler, Adrien.
- Marie, agriculteur céréalier en Eure-et-Loire, c'est un cri du cœur en fait.
- Quand vous venez ici, c'est peut-être le cri de la désespérance, si je puis dire.
- Oui, c'est tout à fait ça.
- En fait, on produit des choses qui nous coûtent très très cher à produire parce qu'on a des normes qui sont très...
- très restrictives.
- Et malheureusement, comme on est sur un marché commun, les prix de vente en fait ne sont pas du tout à la hauteur de nos coûts de revient.
- Donc, on est déficitaire.
- Là, ça va faire trois années d'effilé.
- Ça devient compliqué.
- David Mulot, vous étiez très ému tout à l'heure.
- Oui, pardon, David, non, c'est Yannick Bodin.
- Vous étiez très ému tout à l'heure quand les gens sont venus vers vous pour vous soutenir.
- Oui, oui, ça fait toujours plaisir parce qu'on a besoin de soutien parce qu'on traverse des moments qui vont devenir compliqués car je tiens à dire que la situation va s'aggraver dans les un an et demi, deux ans parce que l'impact du Mercosur serait catastrophique à moyen et long terme et que c'est quand on a encore un peu les moyens financiers qu'on doit se battre et c'est là qu'aujourd'hui, on est là pour cela.
- Et pour vous, David Mulot, vous êtes éleveur au vin.
- Alors, vous, vous avez déjà eu un traité de libre-échange qui vous a impacté.
- C'est celui avec la Nouvelle-Zélande qui est le premier producteur mondial d'agneaux et de moutons.
- Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous pensez que ça peut encore changer d'ici lundi ? Parce que c'est lundi à Asuncion au Paraguay.
- Oui, ça avait déjà commencé avec le Commonwealth, avec tout le mouton anglais qui avait débarqué en France, qui avait fait chuter.
- Le prix du mouton...
- Mais ça, c'est vieux.
- Ça a été en 1973.
- Oui, c'était vieux.
- Il y a eu beaucoup d'une vague de suicides à l'époque en mouton.
- Là, ça continue avec la Nouvelle-Zélande, mais ce n'est pas forcément ce qui fait, ce qui impacte le prix comme en céréales.
- En mouton, on a des prix corrects en ce moment.
- D'ailleurs, on se demande jusqu'où...
- Ça peut monter par rapport au pouvoir d'achat des Français, parce que clairement, à un moment donné, il faut...
- Être réaliste.
- Il faut être réaliste.
- Il faut trouver un équilibre.
- Manger de la viande, c'est devenu un luxe.
- Oui.
- Il y a même des supermarchés qui l'annoncent dans leurs pubs que c'est un luxe aujourd'hui.
- Mais nous, on a envie de nourrir tout le monde.
- On n'a pas envie d'être dans un musée, nourrir quelques pourcentages des Français.
- Parce qu'on est fiers.
- On est fiers de ce qu'on fait.
- Et puis, on a envie de faire pour tout le monde.
- Vous qui êtes en plus docteur en économie.
- Oui, mais bon, ça n'a pas grand-chose à voir avec la réalité du terrain.
- On parle de prix du marché, etc.
- Moi, le sentiment que j'ai, évidemment, je soutiens, je le dis sur les plateaux où je suis, le mouvement des agriculteurs.
- Il n'y a même pas un sujet.
- Mais je crois que, en fait, c'est l'accumulation de plein de choses qui est aujourd'hui le réceptacle de cette colère.
- Pendant des semaines, des mois, des années, on a baladé les agriculteurs en France.
- On les a baladés.
- Je reviendrai tout à l'heure sur le traité du Mercosur, comme sur celui du CETA.
- Mais, en fait, il y...
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