Par Cécile de Ménibus et Philippe David
Y a-t-il enfin une vraie politique carcérale ?
80 000 portables saisis dans les prisons de France en 2024. C’est un nombre record donné par le garde des Sceaux Gérald Darmanin ce vendredi 21 novembre depuis le Centre pénitentiaire de Paris-La Santé. En visite dans l’emblématique établissement parisien, le ministre de la Justice a détaillé son plan "zéro portable en prison" qui doit sécuriser les prisons de France.
Retranscription des premières minutes :
- Je pense qu'il faut taper très fort et donc j'ai décidé quelque chose de tout à fait original que personne n'a fait depuis plus de 50 ans dans notre pays.
- C'est une prison de haute sécurité.
- Plusieurs prisons françaises ont été visées par des incendies de véhicules ou des tirs d'armes automatiques.
- Aujourd'hui on isole certains trafiquants parmi d'autres détenus et on voit bien que ça marche pas ce système.
- La porte d'entrée principale du centre pénitentiaire de Toulon-la-Farled a été touchée par 15 impacts de balles suite à un tir en rafale de Kalachnikov.
- Et montrer que quand on est en prison et qu'on est un grand narcotrafiquant, on ne peut pas téléphoner et on ne peut pas avoir une vie agréable.
- Selon Paris Match, ces actes de vandalisme ont été revendiqués par un groupuscule appelé DDPF, pour droit des prisonniers français.
- Toujours selon le média, au total, 6 attaques auraient eu lieu hier soir.
- Gérald Darmanin a été ce matin en direct, Philippe Bilger avec une liste des courses qui enfin pourraient aller dans le bon sens.
- Absolument. J'ai eu une seconde d'hésitation quand j'ai constaté que j'allais être d'accord avec Philippe David.
- Mais en réalité... Et donc pour une fois, vous seriez sur la bonne voie.
- Mais là, vous avez eu totalement raison. Et je pense que Gérald Darmanin continue son parcours de garde des sceaux irréprochable.
- Je laisse entre parenthèses les petites polémiques liées à l'incarcération de Nicolas Sarkozy.
- Mais il continue à adopter cette démarche pragmatique qui...
- Consiste en réalité à identifier tous les maux carcéraux et à tenter, autant qu'il le peut, d'y répondre par l'action.
- Et apparemment, il y réussit. Et je ne serai pas de ceux qui le traiteraient j'en connais certains avec dérision en le qualifiant de ministre de l'administration pénitentiaire et des prisons. C'est un grand garde des sceaux.
- On en attendait un depuis longtemps.
- Et il continue à...
- À l'être, comme vous l'avez très bien dit, Philippe, avec pragmatisme.
- Et Samuel Botton ? Je ne sais pas si c'est un grand garde des sceaux, mais il a au moins eu le pragmatisme de prendre le problème à la racine.
- Il y a une phrase qui est très révélatrice. Je l'ai écoutée ce matin, où il nous dit...
- En fait, les prisons, elles ont été construites il y a 50-60 ans, et elles n'étaient pas adaptées à la question du téléphone portable.
- Donc nous, qu'est-ce qu'on va faire ? En fait, on va se renforcer. On va mettre des systèmes de brouillage.
- Mais en même temps, il ne faut pas perturber les habitants dans la rue.
- Sur la question des drones, on va travailler.
- On va essayer de renforcer...
- Les cours pour ne plus qu'on puisse faire d'envoi.
- Donc en fait, tout ça, on est en train de faire une remise aux normes de ce que devraient être les prisons françaises.
- Et on est face à un constat. Ça fait finalement 30 ans.
- Alors on a fait des places de prison supplémentaires, mais on les a fait dans des prisons qui étaient obsolètes.
- Et on se réveille en 2025 en lançant à grand tambour un plan zéro portable en prison, puisque 80 000 ont été saisis l'année dernière, alors que finalement, on est peut-être en retard par rapport à d'autres pays.
- Mais c'est très bien. Et pour le coup, il a pris le problème dans le bon sens.
- Mais il y a encore beaucoup de boulot et on est très en retard.
- Pascal Girard.
- Eh ben moi, je trouve que quel que soit le bord du ministre concerné, il faut surtout lui laisser le temps de faire le boulot.
- Et pas remettre en question à chaque fois qu'une action est faite, la remettre en question ou changer de gouvernement pour changer de garde des Sceaux.
- À un moment, on prend des décisions et on les assume, on les fait jusqu'au bout.
- Là, au moins, on sera à peu près sûr d'avoir un résultat, bon ou mauvais, mais on aura un résultat.
- C'est ce qu'il a dit ce matin. Il a dit « je ne suis là que depuis 11 mois », Philippe Davidin.
- Absolument. Alors il...
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