Retranscription des premières minutes :
- Les vraies voix Sud Radio C'est un sondage IFOP qui donne des chiffres impressionnants.
- 57% des femmes et 45% des hommes musulmans de moins de 35 ans refusent de serrer la main ou de se faire soigner par l'autre sexe.
- Et 82% des jeunes musulmans pensent que la religion surpasse la science sur la question de la création du monde.
- Et on vous pose cette question.
- L'islam radical est-il en train de s'imposer dans la société française ? Vous dites oui à 83%.
- Vous voulez réagir ? Le 0826 300 300.
- Avec nous Malik Bezou, essayiste spécialiste de l'islam, auteur des livres Francislam, le choc des préjugés et ils ont trahi Allah.
- Bonsoir.
- Avant de vous faire réagir, je vais demander leur approche aux vraies voix.
- Françoise Degoy, ce sondage, il vous fait peur ? Non, pas du tout.
- Je l'ai lu, je l'ai épluché parce que j'ai eu la chance de l'avoir en avant-première.
- En réalité, il est très intéressant parce qu'il dit deux choses.
- D'abord, tous les adeptes de la grande théorie du grand emplacement devraient être un peu douchés dans leur enthousiasme.
- Il n'y a pas plus de grand emplacement que de beurre en barre.
- Il y a 7% de la population à peu près française qui est musulmane et en tout cas qui est d'origine extra-européenne et d'origine plutôt maghrébine ou arabo-musulmane.
- Le deuxième point, donc ça c'est très important, vraiment de bien mettre le cadre.
- Si je peux parler, nous avons un spécialiste, donc lui parlera en tant que spécialiste.
- Moi, je remarque deux choses.
- La première, c'est refuser de serrer la main, refuser d'être soigné.
- C'est des comportements qui n'ont pas lieu d'être.
- Tu es libre de ne pas vouloir serrer la main, mais je suis libre de ne pas t'embaucher.
- Tu es libre de ne pas vouloir être soigné par un homme ou par une femme.
- Tu es libre donc de repartir.
- Ça, c'est sur lequel on doit être très ferme et jamais négocié.
- Après, il y a beaucoup de jeunes et en tant que maire, je pense qu'il y a aussi des effets où les enfants ont besoin de provoquer.
- Parfois, on me dit que la meilleure chose est d'ignorer.
- Donc, est-ce qu'en permanence, parler de l'islam et parler de ce problème-là, est-ce que ça n'encourage pas une partie de la jeunesse qui n'a pas d'autre chose d'exister que par là ? Donc, je suis vraiment, vous le savez, je suis assez partagé.
- Après, en tant que catholique pratiquante, et je le suis, on a appris la laïcité à coups de marteau sur la tête depuis 1905 et c'est bien.
- J'avais des profs qui étaient tous de gauche, qui se foutaient tous du pape, et ça me paraissait normal, parce que l'école est laïque et républicaine.
- Donc, j'espère que les musulmans vont arriver comme moi à avoir la foi, mais la foi, elle reste à la maison.
- Parfois, on a même un peu honte, parce que ce n'est pas très glamour d'avoir la foi à 17 ans, je trouve.
- C'est un peu ringard d'aller à la messe.
- Et que, finalement, ils arrivent à re-rentrer là-dedans, que leur religion reste chez toi, elle n'est pas à l'école, elle n'est pas dans la voie publique.
- Les catholiques y sont arrivés.
- J'espère que les musulmans vont y arriver.
- L'église chez elle, l'État chez lui, comme disait Victor Hugo.
- C'est vrai.
- Malik Bezou, ce sondage, il vous fait peur à vous ou pas ? La vérité, il ne m'étonne pas.
- Parce que sur le terrain, déjà, on en avait parlé.
- Il y a une poussée.
- .
- Je préfère appeler un chat un chat du salafisme.
- C'est-à-dire une lecture ultra-rigoriste, en rupture, même séparatiste, vis-à-vis de la société française, de ses valeurs, etc.
- Le fait de ne pas serrer la main, le fait de ne pas fêter l'anniversaire, le fait de considérer que c'est un péché d'écouter de la musique, etc.
- ...
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