Par Cécile de Ménibus et Philippe David
Scandale des agressions sexuelles dans les écoles de Paris : nos enfants sont-ils en danger ?
Trois enseignants d’écoles maternelles parisiennes ont été suspendus ces dernières semaines pour au moins quatre mois "à la suite de plaintes portant sur des faits présumés de violences sexuelles sur des enfants", a communiqué le rectorat de Paris ce vendredi. Ces affaires concernent des écoles maternelles des Xe, XIXe et XXe arrondissements de Paris, et, pour chaque cas, des plaintes de parents ont été déposées.
Retranscription des premières minutes :
- Eric vit dans l'angoisse, celle que sa fille de 5 ans ait pu être victime de violences sexuelles à l'école.
- On vous dit, il y a peut-être un danger pour vos enfants, surveillez-les.
- On n'a pas d'informations sur les risques psychologiques, on n'a pas d'informations sur les mesures qui sont prises et surtout qui auraient pu être prises.
- C'est des charlots à un moment.
- Pour le prochain animateur, le recrutement, est-ce qu'on va être rassuré ? On ne sait pas.
- Je n'ai plus confiance.
- Si les trois animateurs visés par l'enquête en cours ont été suspendus à titre conservatoire, aucun d'entre eux n'est mis en examen à ce stade.
- Philippe Bilger, ça fait froid dans le dos quand même, j'ai envie de dire.
- Absolument Cécile, mais j'ai connu dans ma vie amicale et des expériences où tout à coup on apprenait qu'un jeune homme ou un homme s'était livré à des actes et c'est un euphémisme indélicat.
- Et à chaque fois, quand on réfléchissait, il y avait eu de la part de ces gens qui étaient soupçonnés ou impliqués, une attitude un petit peu étrange à l'égard des enfants.
- Je ne veux pas dire qu'on ne choisit jamais par hasard ces professions d'éducation, de soutien, où on est naturellement en relation avec des enfants.
- Et sur le fond, je rejoins.
- Ce qu'a dit Philippe, qui est très sage et très pertinent, il ne s'agit pas de jeter la pierre sur tous ces éducateurs qui font un travail remarquable.
- Mais il faut être beaucoup plus vigilant qu'on ne l'est à l'heure actuelle, parce que ça n'est jamais neutre d'aller d'une certaine manière vers les enfants.
- Michael Sadoun.
- Écoutez, moi j'ai été, en m'informant un petit peu sur le sujet, étonné par l'ampleur de la chose.
- Franchement, je ne m'attendais pas à telle chose.
- Et puis en plus, la difficulté de la chose, c'est évidemment que ça vise des enfants.
- Donc la notion de plainte, de reporting, d'identification même du mal qui est fait est compliquée à faire, puisque ça vise des personnes.
- Vous savez, l'étymologie du mot enfant, c'est celui qui n'a pas la parole.
- Donc c'est plus compliqué.
- Je suis d'accord avec Philippe Bilger.
- Pour moi, la seule réponse, c'est de redoubler de vigilance vis-à-vis du personnel éducatif.
- Je ne sais pas quoi vous dire de plus.
- Il faut évidemment aussi que les parents s'enquérissent de la journée de leurs enfants, de ce qu'ils ont fait, de machin.
- Je pense que c'est la seule manière d'éviter ce genre de choses.
- De tous les signes qui apparaissent et parfois qui sont informulés, naturellement.
- J'en profite pour dire que si toutefois vous étiez face à ce type de drame, vous pouvez appeler le 30-20, qui est un numéro destiné aux victimes de tous les types de harcèlement rencontrés en milieu scolaire.
- Philippe David.
- Alors moi, je trouve qu'on va peut-être un peu vite en besogne.
- Surtout que la mairie de Paris...
- Après une décision, c'est de durcir son protocole.
- Et en cas de signalement, vous êtes directement viré et vous ne pouvez plus être mis en contact avec des enfants.
- Mais un enfant peut affabuler, peut raconter n'importe quoi.
- Désolé, mais la présomption d'innocence, c'est fait devant la justice.
- Philippe Bilger ne me dira pas le contraire.
- Mais ça doit aussi...
- Parce qu'un gamin peut raconter n'importe quoi, vous savez.
- Moi, je l'ai déjà raconté à ce micro.
- J'ai un ami qui a fait de la prison pendant plusieurs mois pour un viol.
- La fille de sa concubine l'avait accusé et qu'il n'avait absolument pas commis.
- Il a été totalement innocenté.
- Mais je ne sais pas.
- Alors, je veux bien qu'il y ait maintenant le principe de précaution partout, à commencer par la Constitution.
- Mais j'ai peur qu'on aille quand même très loin.
- D'autant qu'il y a quand même un léger problème.
- C'est qu'on manque beaucoup de personnel dans ce type de profession.
- Alors, si en plus, on décourage les gens d'y aller ou qu'on les vire pour tout et n'importe quoi, on ne va pas après se plaindre en plus qu'il y a encore plus de pénurie de personnel.
- Ou alors, on est chez les fous.
- Mais est-ce qu'on...
Transcription générée par IA