Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h. Jean-François Aquiline.
- Il est 9h20. À quoi joue réellement Donald Trump avec la Corée du Nord ? C'est le débat de Sud Radio ce matin avec nos deux invités que je vais vous présenter, juste pour planter le décor. Et n'oubliez pas, 0826-300-300. Vous réagissez à ce débat, Trump, qui dit vouloir revoir Kim Jong-un, tandis que Kim Yo-jong, c'est la sœur, affirme ne rien savoir d'une quelconque communication récente entre les deux dirigeants.
- Dans le même temps, Pyongyang vient de tirer une dizaine de missiles balistiques à courte portée après la réduction des exercices militaires.
- Les exercices militaires américano-sudcoréens décidés par Trump lui-même. Bonjour à vous, général Dominique Trinquant.
- Bonjour. Bonjour. Et soyez le bienvenu sur Sud Radio ce matin. Merci. Ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU, auteur du livre « D'un monde à l'autre, comprendre les nouveaux enjeux géopolitiques », édité par Robert Laffont.
- Et bonjour à vous, Jean-Baptiste Noé, historien et rédacteur en chef de la revue Conflit. Bonjour.
- Bonjour. Bienvenue. Je commence par vous, général Dominique Trinquant. Que faut-il comprendre de ce qui se joue là depuis Washington et qui concerne tout ce qui se passe au-dessus du 38e parallèle ? Écoutez, je crois qu'il faut se rappeler que M. Trump est un homme de médias et que donc ce qu'il importe, ce sont les images et pas le fond des sujets. Il faut se souvenir que lors de son premier mandat, il avait déjà rencontré le dictateur nord-coréen. Et ça n'avait strictement rien changé. Il avait fait un show télévisé. Et on était repartis à zéro.
- Et là, le président Trump est empêtré dans l'affaire iranienne. Il n'arrive pas à s'en tirer. Donc il cherche une image pour arriver à se tirer de ce guépier, une image qui n'a strictement rien à voir, bien sûr, avec la crise iranienne, mais qui lui permet de chambouler un peu tout. De même qu'il faut rappeler qu'en même temps qu'il est proche du dictateur, du moins il annonce qu'il va se rapprocher du dictateur nord-coréen, celui-ci s'investit encore plus en Russie en envoyant probablement à l'automne 50 000 soldats et des drones pour combattre aux côtés de la Russie, qu'il envoie des missiles, ce qui est une pression sur la Corée du Sud, et que le président Trump, pendant ce temps-là, vient d'arrêter les négociations avec le Canada, son plus proche partenaire, et lui impose quasiment un embargo avec des...
- des taxes à 50%. Donc voilà, c'est l'homme des médias. Il ne s'intéresse pas au fond, il s'intéresse à l'image qu'il projette.
- Jean-Baptiste Noué, vous êtes d'accord avec le regard du général Dominique Trincan ? Parce qu'au fond, il y a peut-être même un risque en termes d'image, puisque la propre sœur du dirigeant nord-coréen semble dire qu'il n'y a aucun contact, en réalité. ... diplomatique. Et je rajouterais un point pour compléter. C'est que les élections approchent, les mi-termes qui auront lieu en novembre, avec des sondages qui sont très mauvais pour les Républicains, et donc pour Donald Trump. Ça serait une défaite pour lui. Donc il essaye aussi de compenser par une image internationale les échecs intérieurs et de se relancer face à la Corée du Nord, qui est un vieil adversaire des États-Unis, qui est l'axe du mal déjà depuis au moins les années 1990, à présenter telle quelle.
- Donc il y a cette volonté d'essayer de reprendre la main pour gagner peut-être ces élections. Mais tout cela rajoute du brouillon au brouillon. Et il rend la diplomatie américaine, il rend la diplomatie américaine complexe et illisible. Général Dominique Trinquant, ces tirs de missiles nord-coréens, c'est quoi ? C'est une démonstration de force.
- Que cherche le leader Kim Jong-un ? Oui. Mais le leader nord-coréen a besoin en permanence de montrer sa force. Faut rappeler que c'est un régime dictatorial, comme l'est la Russie, comme l'est la Chine.
- Oui. Et ils ont besoin de montrer...
- ...à leur population qu'ils sont puissants, qu'ils sont forts. Et donc le lancement des missiles montre à l'évidence qu'il veut marquer la puissance nord-coréenne, de même que son alliance avec la Russie, qui vient un petit peu...
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