Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Laurence Perrault.
- Et avant de vous donner la parole, puisque vous êtes attendu sur Sud Radio pour également répondre à cette question, sécheresse, avez-vous peur de manquer d'eau potable en France, que ce soit dans les mois ou les années à venir ? Vous répondez bien sûr sur la page Youtube de Sud Radio, sur la page Facebook de Sud Radio, je vous lirai, mais également au 0826 300 300, où Aude vous attend au standard de Sud Radio.
- Pour parler de ce sujet, peut-on un jour en France manquer d'eau potable ? J'accueille Benoît Ingray, qui est hydrologue et directeur de recherche au CNRS.
- Bonjour M. Ingray.
- Bonjour.
- Vous êtes hydrologue, c'est important de préciser qu'un hydrologue, c'est un scientifique ou un ingénieur qui étudie l'eau sur terre, et vous étudiez, vous analysez le cycle de l'eau.
- Vous êtes également directeur de recherche au CNRS.
- C'est un métier rare que l'on rencontre rarement.
- Ben oui, puisque c'est rare, pardon.
- Alors, je ne dirais pas que c'est rare, puisqu'il y a quand même beaucoup d'hydrologues.
- Je me définirais plus comme hydroclimatologue, puisque je travaille dans mes travaux sur les changements climatiques, sur l'hydrologie, l'hydrologie à l'échelle des territoires.
- Et il y a quand même en France une communauté d'hydroclimatologues assez importante.
- Très bien, comme ça, vous voyez, moi je ne savais pas qu'on pouvait aussi avoir affaire.
- Et merci d'être là sur Sud Radio, Adé.
- Les hydroclimatologues.
- Ce qui m'intéresse et ce qui m'arrange particulièrement, vu le sujet que je pose et la question du jour, la France peut-elle un jour manquer d'eau potable ? Alors, est-ce qu'il faut craindre une vraie pénurie d'eau potable en France ? Ou est-ce que c'est un peu un fantasme qui est entretenu comme ça, par les médias, par les discours, par les discussions de famille, suite aux sécheresses qu'on voit régulièrement, et particulièrement celles que l'on vit sur cet été 2026 ? Ben écoutez, je pense que l'été 2026, nous donne déjà un petit aperçu de la réponse qu'on peut apporter à cette question, puisqu'il y a près de 70% du territoire qui est sur le coup de restriction d'eau.
- Et il y a déjà plus de 40.000 personnes qui subissent des coupures d'eau au robinet et près de 100 communes, ou en tout cas des dizaines de communes, rurales ou de montagnes, qui sont ravitaillées par des cités en aujourd'hui.
- Alors pourquoi les communes rurales et les communes de montagne sont plus touchées ? Ben parce qu'elles dépendent d'une société, d'un système de vie.
- Et c'est ce qui nous donne un petit aperçu de la réponse qu'on peut apporter à cette question.
- source unique sans réseau de secours, alors que les grandes villes ou les villes de taille un peu plus importante sont actuellement préservées grâce à des réseaux interconnectés et sécurisés d'alimentation.
- Mais vous êtes en train de nous dire, parce qu'il y a eu pas mal de réactions sur la page Youtube également de Sud Radio, vous êtes en train de nous dire que oui, il y a déjà des endroits où on manque d'eau potable au robinet.
- Oui, bien sûr.
- C'est d'ailleurs pas l'inédit, puisque alors je ne me souviens plus si c'est l'année passée mais il me semble que c'était l'année passée, un certain nombre de communes avaient déjà dû faire appel à des citernes pour alimenter en eau potable leurs concitoyens. Mais là, est-ce que cette année, on en a plus que les années précédentes ? Oui, bien sûr, parce que la situation est vraiment inédite cette année.
- Le niveau des nappes phréatiques, les petites rivières est également critique.
- Encore hier soir, on nous parlait du doux qui est pratiquement à sec.
- Oui, il y a beaucoup de cours d'eau, petits cours d'eau essentiellement, mais aussi des cours d'eau de plus grande taille qui connaissent aujourd'hui une rupture d'écoulement ou des assecs, comme on dit dans le jargon hydrologique. Donc aujourd'hui, il y a plus de 40% des petits cours d'eau qui sont en situation d'assec, ce qui est aussi complètement inédit. En montagne, évidemment, je vais peut-être dire des bêtises et je m'en excuse, reprenez-moi, la montagne,...
Transcription générée par IA