Retranscription des premières minutes :
- « Le Petit Matin Sud Radio, 5h-7h, Benjamin Gleize. » Il est 6h40, Sud Radio, la vie en vrai, la nouvelle Barbie fait polémique.
- Le groupe américain Mattel met en vente une poupée atteinte d'autisme.
- Barbie autiste, elle regarde légèrement décalée, elle est commercialisée avec différents accessoires.
- Un casque anti-bruit, un hand spinner et une tablette de communication alternative, c'est la dernière venue.
- Nous dit-on de la gamme censée célébrer la diversité, mais elle met en colère en France l'association SOS Autisme. Bonjour Olivia Catan.
- Bonjour.
- Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
- Vous êtes la présidente d'SOS Autisme et vous avez décidé de porter plainte contre Mattel.
- Pour quelles raisons ? Elle vous choque véritablement cette Barbie ? Disons que ça a choqué beaucoup de familles et de personnes autistes qui nous ont alertés sur la sortie de cette Barbie parce qu'elle renforce des stéréotypes.
- C'est très difficile en effet de figurer.
- C'est très difficile de figurer l'autisme par des traits particuliers parce qu'il n'y a pas de traits physiques à l'autisme.
- C'est un syndrome neurodéveloppemental, donc c'est très difficile de montrer ce qu'est l'autisme avec une poupée.
- Et là, c'est vrai que simplement le figurer avec un hand spinner, des yeux décalés, des bras aussi désarticulés, avec un casque anti-bruit, c'est vraiment réduire l'autisme à des clichés et c'est assez stigmatisant.
- Mattel a communiqué sur le sujet.
- Il dit que le groupe américain qu'il soutient, il dit qu'elle a été développée cette poupée pendant un an et demi en partenariat avec l'ONG Hassan qui est gérée par et pour les personnes atteintes d'autisme.
- Vous répondez quoi à cela, Mattel ? Écoutez, moi je réponds que ce n'est pas parce que d'abord il y a eu peut-être une bonne intention de Mattel que c'est réussi.
- À partir du moment où des personnes se sentent stigmatisées par cette représentation, il était normal qu'on se saisisse de cette affaire et qu'on porte plainte.
- Dans les familles, il faut le dire, Olivia Catton, c'est parfois un tabou, l'autisme.
- Alors c'est peut-être un peu maladroit ce qui a été fait ici sur cette Barbie, mais vous ne pensez pas que ça puisse d'une certaine manière aider à libérer la parole, à favoriser des diagnostics plus précoces et assurer donc une meilleure prise en charge ? Non, il faut penser sincèrement qu'une Barbie va réussir à faire tout ça.
- Non, je ne crois pas.
- Je ne sais pas, mais en tout cas, c'est vrai que c'est une marque qui est connue de tous les enfants.
- Ça pourrait être en tout cas une bonne ambassadrice.
- Non, je ne pense pas que malheureusement ça va changer quelque chose pour la prise en charge de l'autisme qui a déjà 40 ans de retard en France parce qu'on n'est pas aux Etats-Unis ici.
- On est face à une autre réalité aussi.
- On est face à une prise en charge qui a beaucoup de retard.
- On a des listes d'attente pour avoir une bonne prise en charge.
- On n'a pas de thérapeute, on n'a pas de médecin spécialisé.
- On n'arrive pas à faire avancer l'inclusion, que ce soit à l'école ou même l'emploi dans les entreprises.
- Alors, accentuer en plus des clichés et une fausse représentation de l'autisme, je trouve qu'il faut à un moment donné dire stop au tout et à n'importe quoi.
- L'inclusion, ce n'est pas du marketing.
- L'inclusion, c'est quelque chose de sérieux.
- L'autisme, c'est quelque chose de sérieux.
- C'est une réalité complexe.
- Comme vous l'avez remarqué, il y a plein de représentations de l'autisme parce que c'est un handicap qui, en effet, a plusieurs vérités, plusieurs représentations.
- On a des critères diagnostiques qui se sont élargis ces dernières années.
- Et donc, ça va de hors normes, la représentation d'hors normes à un handicap qu'on dit invisible.
- Donc, pour représenter tout ça, le réduire à un spinner des bras désarticulés et un regard de travers, je ne pense pas que ça fasse avancer grand-chose.
- Ça veut dire qu'on ne le représente pas, l'autisme.
- Comment on fait pour sensibiliser dès lors ? On fait des campagnes de sensibilisation comme on fait à chaque fois dans les médias, dans les entreprises, dans les...
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