Retranscription des premières minutes :
- 14h-16h, Brigitte Lahaye, Sud Radio.
- Je l'ai faite il y a bien des années, à force de vous écouter, toutes et tous.
- Et c'est pourquoi je suis très heureuse de recevoir durant ces deux heures Sarah Baruc, qui fait un peu le même constat que moi et qui fait surtout un travail remarquable, puisqu'elle a compris qu'il est essentiel de se réconcilier si on veut avancer tous ensemble.
- Eh bien, avec elle, justement, on va essayer de mieux comprendre les racines de la violence conjugale, parce que dans la violence conjugale, il y a évidemment de la violence et il y a souvent une violence conjugale.
- Il y a de la violence antérieure.
- Pour résumer, personne n'est violent par nature.
- Il y a toujours un amont de la violence, souvent d'ailleurs durant l'enfance.
- Et c'est peut-être ça la bonne nouvelle.
- Ce n'est pas non plus parce qu'on a subi de la violence qu'on va rester violent toute sa vie.
- On peut aussi en guérir de cette violence.
- En tout cas, si vous avez besoin, envie de réagir, n'hésitez pas à nous rejoindre.
- Et pour ça, vous composez le 0 826 300 300.
- Merci d'être avec nous, Sarah Baruc.
- Bonjour, les violences conjugales, vous connaissez bien puisque vous en avez vous-même subi des violences conjugales.
- Vous en parlez d'ailleurs assez librement.
- Vous étiez avec un homme qui était violent, mais qui fait une thérapie, je crois, et qui va mieux.
- Vous n'êtes plus ensemble, cela étant dit.
- Et puis surtout, je vous ai reçu il y a quelque temps pour votre livre.
- Les hommes non plus n'aiment pas les cons.
- Et le féminisme ne se fera pas sans eux.
- C'est aux éditions Arpette Collins.
- Et dans ce livre, vous montrez à quel point il y a beaucoup d'hommes qui sont féministes.
- Il y a beaucoup d'hommes qui ont fait beaucoup de choses positives pour les femmes.
- Et puis, il y a beaucoup de femmes qui sont évidemment féministes.
- Et puis, il n'y a pas d'un côté les bons et de l'autre côté les mauvais.
- C'est une histoire de transmission en réalité.
- Effectivement, derrière chaque homme violent, il y a une histoire de violence.
- Que ce soit de la part de son père, de la part de sa mère, de la part des deux, de la part du père, mais pas protégé par la mère, etc.
- Et la question, évidemment que quand on subit des traumatismes, surtout lorsqu'on n'est pas totalement construit, eh bien, ça aboutit à des fragilités mentales, voire même à une colère que l'on n'arrive pas à maîtriser.
- Et ma psy m'a dit un jour une phrase qui m'est restée.
- Elle parlait du père de ma fille.
- Elle me disait, il n'est pas responsable d'être malade.
- Il est responsable de ne pas se soigner.
- C'est très juste.
- Voilà, tout est là.
- Bien sûr que ce qui fait qu'on reste, en fait, dans une relation violente, c'est parce qu'on est en empathie vis-à-vis de cette personne.
- Le père de ma fille pouvait péter les plombs pendant plusieurs jours si je n'avais pas astiqué correctement le couvercle de la poubelle.
- Sauf que je connaissais son histoire, je connaissais son enfance, je savais...
- Est-ce que vous l'excusiez, justement ? Eh bien, justement...
- Oui, c'est ça le danger.
- C'est peut-être...
- Justement.
- Je savais que lorsqu'il n'avait pas les pieds assez propres, petit, sa mère le lavait à l'eau de Javel, qu'elle l'enfermait, que quand elle a décrété qu'elle n'en pouvait plus, elle l'a envoyé dans une pension militaire, dans un autre pays, que pendant six ans, elle n'est pas allée le voir.
- J'avais en face de moi quelqu'un en souffrance, de totalement traumatisé.
- Et ce qui faisait que je lui pardonnais, c'est que lorsqu'il était totalement dysfonctionnel, je voyais le petit enfant encore.
- Je voyais l'enfant encore qui souffrait, et pas l'adulte qui aurait dû être responsable.
- Et c'est ça qui se passe.
- C'est-à-dire qu'on m'aurait fait ce qu'il m'a fait dans la rue, je serais allée directement au commissariat porter plainte.
- Sauf qu'on a tendance à juger les victimes de violences comme s'il n'y avait pas de relation d'affect, comme si on ne tombait amoureux que de personnes parfaites qui...
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