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Par avec Général d’armée 2S David Galtier

Narcotrafic : "Il faut s’attaquer aux consommateurs" urge un général de gendarmerie


Comment lutter contre le trafic de drogue qui s'étend chaque jour en France ? Le général David Galtier est notre invité
Les invités

Retranscription des premières minutes :

- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger.
- Il est 7h40 Sud Radio vous explique que faire face aux narcotrafiquants et évidemment tous les règlements de comptes qui existent.
- Il y a encore eu le frère Damin Kessassi qui a été tué, les obsèques ont lieu aujourd'hui d'ailleurs à Marseille.
- Est-ce qu'il faut s'attaquer aux consommateurs de drogue ? Est-ce qu'il faut envoyer l'armée dans certains quartiers ? Est-ce qu'il faut légaliser le cannabis ? Nous sommes avec David Galtier qui est général d'armée de S, conseiller municipal à Marseille, qui est spécialiste de la sécurité intérieure.
- Bonjour Général Galtier.
- Bonjour à vous.
- Bon, c'est pas simple en fait ce problème.
- Par où faut-il l'attaquer justement ? Qu'est-ce qu'il faudrait faire en priorité ? En effet, c'est pas simple.
- Il faut être parfaitement humble face à cette menace lorsqu'on connaît les ravages que cela provoque.
- Alors, on s'y essaie depuis des dizaines d'années.
- Je crois qu'on a jusqu'ici misé sur la répression qui est indispensable naturellement avec le démantèlement des réseaux, les actions sur les points de deal, etc.
- Il me semble qu'on n'a peut-être pas suffisamment compris que le trafic ne prospérait que parce qu'il y a d'abord des consommateurs, qui sont trop souvent, me semble-t-il, absents du débat public, que l'on oublie.
- Et donc pour moi, le consommateur n'est pas seulement une victime potentielle, c'est un acteur économique du trafic.
- Oui, c'est vrai, le consommateur participe évidemment à ce trafic, bien sûr, Général Galtier.
- Oui, absolument.
- Et on a jusqu'à présent, pour le contraindre ou le dissuader, des peines qui existent, puisque la consommation reste un délit punissable en théorie.
- Une peine d'un an de prison, près de 4 000 euros de vente, mais jusqu'à présent, ce sont surtout des peines de substitution avec de la contravention, d'une amende forfaitaire depuis 2020 d'ailleurs, et puis des stages de sensibilisation.
- Mais je crois qu'il faut, si l'on veut avoir une vision complète, en tout cas une démarche efficace, c'est à la fois cette répression, indispensable encore une fois, encore faut-il qu'on ait suffisamment de place en prison pour les délinquants, ce qui n'est pas le cas, je le rappelle.
- Il y a 85 000 détenus, il y a moins de 50 000 places de prison en France.
- Il faut à la fois cette prévention, dont on n'a pas parlé, et qui doit être naturellement renforcée.
- C'est à l'école, c'est avec les enseignants, c'est avec des équipes spécialisées qui sensibilisent les adolescents avec leur code.
- On évoquait hier un jeu pour adolescents, c'est une amie qui me disait ça, elle a surpris son fils en train de jouer sur son smartphone à un jeu où le héros était de plus en plus fort lorsqu'il prenait de la drogue.
- C'est fou.
- Il faut vraiment cette prévention.
- Plus ? Plus, s'attaquer aux consommateurs de façon très significative, responsabiliser ces consommateurs, leur faire encore une fois comprendre qu'ils participent à un système criminel.
- Et je crois que le discours public ne peut pas continuer de banaliser ces pratiques, la petite fumette festive, ça doit cesser.
- Et enfin, le côté répressif.
- Oui, c'est ça.
- Il n'y a pas que la fumette parce qu'il y a des drogues beaucoup plus dures aussi.
- Mais face aux narcotrafiquants qui sont très organisés, qui ont des ramifications, on parle de corruption pour les prochaines municipales avec des élus, avec même la justice potentiellement.
- Ils mettent la pression.
- Qu'est-ce qu'il faut faire ? Est-ce qu'il faut, par exemple, comme au Salvador, envoyer l'armée pour mettre des narcotrafiquants en prison ? Vous qui êtes général.
- Alors, le général que je suis, qui est un général, ou que je fus en activité de gendarmerie, vous dira non.
- Pas les armées, ce n'est pas leur métier.
- Nous avons la police nationale, la gendarmerie nationale, les douanes, localement les polices municipales.
- C'est avec ces forces-là de sécurité intérieure qu'il faut agir.
- Les armées ne viendraient évidemment qu'en complément, comme elles le font aujourd'hui avec...

Transcription générée par IA

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