Par Patrick Roger avec Alain Di Crescenzo
La CCI dénonce le désintérêt des candidats aux municipales pour les commerces de proximité
"740 000 entreprises" : le président de la CCI déplore l'absence de propositions des candidats aux municipales pour le commerce de proximité
Retranscription des premières minutes :
- Le Grand Matin Sud Radio, 7h-10h, Patrick Roger. Il est 7h42. Sud Radio vous explique. Est-ce que le commerce, les commerces d'une façon générale sont au centre des préoccupations des élections municipales et de la campagne actuellement ? Nous sommes avec Alain Di Crescenzo, qui est le président de CCI France.
- Bonjour, Alain Di Crescenzo. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio, parce qu'il y a eu une grande enquête que vous avez réalisée sur les commerces et les élections municipales, un sondage d'Opinion Way qui dit que, finalement, en quelques mots, Alain, que le commerce n'est pas assez au cœur des débats.
- C'est ça ? Oui. En tout cas, c'est le ressenti des commerçants que l'on a interviewés donc au mois de février.
- Oui. Et donc il nous ressort qu'à peu près un sur deux dit qu'il n'est pas suffisamment pris en compte en termes de campagne électorale.
- Mais je crois que ce qui est plus important, je dirais, c'est... On parle surtout du mandat précédent. Oui.
- Et sur le mandat qui vient de s'achever ou qui va s'achever, les commerçants nous disent qu'ils se sentent un peu délaissés par, donc je dirais, leur politique locale.
- Et ils nous disaient dans la précédente enquête que le maire restait l'interlocuteur privilégié. Vous voyez ? Donc il y a une...
- Il y a le code d'amour pour le maire. Et ça veut dire qu'il y a beaucoup d'attentes de la part des municipalités pour nos commerçants.
- Oui. Et le sujet, l'idée, c'est aussi de replacer le thème du commerce de proximité au cœur, évidemment, de ces municipales et de ces élections.
- C'est le sujet central. Si dans une commune, dans une ville, il n'y a plus de possibilité d'aller faire ses courses dans les commerces de proximité, il n'y aura plus de vie, quoi, dans ces cœurs de ville ou au cœur de village.
- Exactement. C'est d'ailleurs ce qu'on dit. Le commerce, c'est la vie. Le commerce, c'est premièrement une grande force économique. Vous savez qu'il y a plus de chiffres d'affaires générés par le commerce que par l'industrie dans notre pays. C'est 3,3 millions d'emplois. C'est 300 000 points de vente. Et je crois qu'il y a une grande éducation à faire sur ce qu'est le commerce, parce qu'on ne réalise pas l'impact du commerce sur notre vie au quotidien et concernant les municipalités, les collectivités, l'attractivité.
- Ce que je dis toujours, c'est qu'un territoire mourra d'un non-commerce land. Et ça, c'est très important de le faire entendre. Et c'est justement l'opportunité, ces élections sont l'opportunité de faire entendre tout ce que peut apporter le commerce.
- Oui, c'est ça. Et puis alors pour ça, il y a des leviers. C'est quoi ? C'est la sécurité, l'accessibilité, les parkings, les animations commerciales ? Alors écoutez, l'enquête est très précise. Et je crois qu'on le sait depuis des années, puisque vous savez que...
- En chambre de commerce et d'industrie, il y a commerce. Et c'est quelque chose de très important pour nous.
- On a fait des enquêtes. Et les thèmes ressortent systématiquement. Alors très précisément, les 5 priorités sont les suivantes.
- La première priorité, c'est le stationnement. On ne peut pas se garer. On ne fait pas de commerce. Et puis pour être plus précis, si les prix sont prohibitifs en termes de stationnement, c'est autant d'argent qui est moins investi dans le commerce.
- Deuxièmement, la sécurité. Troisièmement, l'animation commerciale. Le commerce, c'est la vie.
- Et c'est pour ça qu'on se bat beaucoup contre la vacance commerciale, parce que la vacance tue l'animation.
- Quatrièmement, la fiscalité locale. Et cinquièmement, la propreté. Vous voyez ? Donc au fond, les commerçants, ce sont des concitoyens aussi à part entière.
- Parce que le terme de stationnement, de sécurité, d'animation, de fiscalité, de propreté, je crois qu'on pourrait tous le sortir.
- Donc le plan est clair. Maintenant, il faut l'exécuter.
- Oui. Et vous avez raison d'insister sur le stationnement. Parce que c'est vrai.
- Si vous payez 5, 10 euros, voire plus, pour aller faire vos courses juste à côté, alors qu'à la périphérie de la ville, il y a les grandes surfaces, où là, c'est complètement gratuit, évidemment, qu'est-ce que vous...
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