Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour Didier Testo. Bonjour Jean-François.
- Et bienvenue ce matin, vous revenez Didier sur ce qui se passe dans le golfe Persique et les conséquences pour les marchés pétroliers in fine, pour nous, parce que c'est ça qui compte aussi, les prix à la pompe aux Etats-Unis des dirigeants pétroliers évoquent clairement une crise du carburant qui se met en place.
- Oui alors pour commencer, je pense que nous l'avons peut-être collectivement oublié, au cas où quelqu'un contrait encore, et bien ça fait plus de 200 jours que les Etats-Unis ont commencé à bombarder l'Iran, c'était le 28 février dernier.
- Aucune issue à ce jour ne paraît se dégager et effectivement les dirigeants des compagnies pétrolières américaines qui avaient prévenu que la fermeture prolongée du détroit d'Hormuz allait forcément provoquer une crise du carburant, ils disent aujourd'hui la crise est là et c'est ce qu'évoque le Wall Street Journal, les stocks de carburant commerciaux à travers le monde s'épuisent.
- Depuis plus de six mois, les réserves stratégiques de pétrole bus sont presque épuisées et ça ne s'est pas arrangé puisque les attaques de la semaine dernière ont paralysé un oléoduc crucial en Arabie Saoudite.
- Ils contournaient le détroit d'Hormuz et ça prive le marché mondial de 2,5 millions de barils par jour, qui est un marché qui est déjà attendu.
- Les deux PDG d'ExxonMobil et de Chevron l'affirment, les raffineries aux Etats-Unis ont un plein régime mais ce rythme est intenable sur la durée et le patron de Chevron lui a prévenu que la pression à la hausse sur les prix des carburants allait durer et selon le Wall Street Journal, ils se disent les conseillers énergie et ses dirigeants de plus en plus inquiets face à la reprise du conflit.
- Et côté demande, il faut le signaler, la Chine, première importateur mondial de pétrole qui jusqu'ici puisait dans ses propres réserves de brut, c'était pour près de la moitié de sa consommation quotidienne, elle a repris des achats plus importants auprès de fournisseurs internationaux.
- Didier, ce qui se passe sur les produits raffinés touche de nombreux secteurs, transport, industrie, agriculture.
- Entre autres ? Oui, aux Etats-Unis, le diesel pour les camionneurs atteint des niveaux records, il paye plus cher aujourd'hui que pendant la saison de pointe, c'est en hiver.
- Idem pour le prix de l'essence avec de nouveaux records, et ce n'est pas fini selon les spécialistes puisque l'approvisionnement en diesel est tendu en raison d'arrêts de raffinerie, ça c'est le conflit au Moyen-Orient et en Ukraine, et quand l'Ukraine contrôle la Russie, les demandes de carburant devraient augmenter avec l'arrivée des écoles pour les agriculteurs, ça c'est aux Etats-Unis.
- Et si l'essence, bien sûr, chère, empêche les ménages de partir le week-end, un peu le sang de l'économie réelle, on les trouve dans les portes-conteneurs, on parlait des tracteurs agricoles, des camions de livraison, quand le diesel fend, en fait c'est toute la chaîne logistique qui devient plus chère.
- Dans le même temps, un chiffre édifiant, dites-vous bien que le coût d'affrêtement d'un pétrolier sur la route de référence de l'industrie, c'est-à-dire Moyen-Orient vers l'extrême-Orient, a dépassé 1 million de dollars par jour.
- Il y a un an, il était inférieur à 100 000 dollars par jour, autant dire que la situation se complique.
- Et puis pour vous dire, pour ce thème des matières premières, c'est l'équipe des matières premières de JP Morgan, qui est quand même une grande banque d'affaires américaine, ce qu'elle dit à ses clients est assez édifiant.
- Pour la première fois depuis le début du conflit iranien, nous n'avons pas de vision de référence, nous ne savons tout simplement pas comment modéliser l'issue finale.
- Et cette flambée, Didier Testo, amène les banques centrales à réagir, la Fed, la BCE, les taux montent, vous l'évoquiez la semaine dernière, avec raison.
- Alors c'est dans le débat.
- Ici en Europe comme aux Etats-Unis, parce que la montée des taux d'intérêt pour contrer l'inflation risque d'amener un choc économique.
- Il faudrait relire ce que disait à ce sujet en 1997, Berne Bernanke, qui a été président de la réserve fédérale, Mark Jertler ou Mark Watson...
Transcription générée par IA