Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, le grand matin au week-end, l'info éco plus, Didier Testo.
- Bonjour Didier, fondateur de la Bourse et la Vie TV.
- Les marchés financiers ont les yeux rivés sur un thermomètre qui s'affole, celui de notre dette publique.
- La France est aujourd'hui regardée avec plus de méfiance que l'Italie ou la Grèce, que l'on montrait du doigt il y a dix ans. Comment est-ce possible ? Les marchés ne jugent pas le passé mais bien une trajectoire et ils comparent.
- Les Français ont peut-être oublié, ceux qui nous écoutent, l'Italie, l'Espagne, la Grèce ont fait des efforts, restructuré leurs économies, ils offrent aujourd'hui des rendements attractifs avec une trajectoire budgétaire qui s'améliore.
- La France, elle, a un déficit qui dérape, une instabilité politique inédite sous la Ve République, une incapacité surtout chronique à réformer l'État.
- Le résultat est à peu près simple, notre prime de risque, qu'on appelle la prime de risque, augmente, c'est-à-dire qu'on paye plus cher pour emprunter.
- La France commence à être perçue comme un risque.
- Un risque obligataire plus important que l'Italie.
- On a vu que le rendement à dix ans, c'est ce que regardaient les investisseurs français, a dépassé le rendement italien.
- Ça veut dire un réel changement dans la perception des marchés.
- On continue à afficher un déficit d'environ 5%.
- Si je me place du côté des investisseurs, l'Italie semble, elle, avoir stabilisé son problème, alors que la France est plutôt à la dérive.
- Aucun candidat aujourd'hui à la présidentielle, ce jour en tout cas, ne propose une feuille de route budgétaire crédible pour réduire de manière durable les déficits.
- Ça, c'est vrai, Didier Testo, vous avez bien raison, on a du mal à comprendre ce qu'il propose.
- Face à ce mur de la dette, on entend, dans ce débat politique, cette petite musique séduisante, Didier.
- Puisque c'est impayable, annulons cette dette.
- Alors, est-ce que c'est réaliste ? Alors, c'est un compte de fait économique, parce que d'abord, la dette de l'État, c'est aussi celle de l'épargne des Français qui est logée dans les assurances-vie, dans les bilans des banques.
- Si on annule la dette de manière unilatérale, vous imaginez que les investisseurs internationaux qui en détiennent, aujourd'hui à peu près plus de la moitié, vont nous féliciter et nous dire, messieurs, continuez comme ça.
- Ça mettra en cause, au contraire, la signature de la France sur les marchés internationaux.
- J'ai été chercher un rappel historique.
- Depuis 1797, la France a toujours remboursé ses créanciers à chaque échéance qui se présentait.
- Alors, la France n'est pas la Grèce de 2011.
- Il n'y a toujours pas de crise de financement, pas de risque imminent de défaut.
- Et la Banque Centrale Européenne dispose d'outils pour agir, mais elle perd petit à petit la confiance des investisseurs.
- 1797.
- 1797, vous êtes remonté loin.
- Didier, ce désamour pour la dette française s'inscrit dans un climat mondial plutôt, on dit quoi, nerveux.
- Longtemps, les obligations d'État étaient vues comme une sorte d'oasis de sécurité absolue.
- Ce n'est plus le cas.
- Alors, le concept, il est vrai, a tenu pendant de nombreuses années, puisqu'on avait ce qu'on appelait des taux sans risque.
- Ce concept-là est mort.
- On peut dire que les plaques tectoniques de la finance mondiale ont bougé.
- On le voit de plusieurs manières.
- L'aspiration américaine, les États-Unis inondent le marché de leurs bons du trésor.
- Ils ont financé leur propre déficit qui est massif.
- Ils siphonnent l'argent mondial.
- Le séisme japonais, la Banque du Japon qui a remonté ses taux.
- Les investisseurs japonais qui étaient parmi les plus gros acheteurs de dettes au monde, ils n'ont plus besoin d'aller en Europe ou aux États-Unis pour chercher du rendement.
- Ils rapatrient leur argent à la maison.
- Côté géopolitique, la Chine, qui historiquement était aussi un des grands créanciers des États-Unis, elle vend massivement des bons du trésor américain pour se détacher du dollar.
- Donc, on pourrait dire que ce marché de la dette souveraine est devenu un marché de la défiance.
- Il n'y a plus assez.
- Il n'y a plus assez d'acheteurs automatiques pour acheter les dettes des États dispendieux.
- Et on voit les taux qui montent.
- Alors, pas forcément pour les mêmes...
Transcription générée par IA