Retranscription des premières minutes :
- Et même tout de suite avec vous, Philippe Murer. Vous êtes économiste. Bonjour. Bonjour, Jean-François Aquili.
- Alors vous avez l'air d'entendre Elena Maximovitch, membre du groupe d'experts du GIEC, qui nous expliquait qu'il va falloir évaluer les politiques publiques.
- Mais Philippe Murer, il y a tout de suite là, sur le budget 2027, un nouveau bras de fer en perspective avec un budget qui s'annonce d'ores et déjà dans la douleur.
- Oui, dans la douleur. C'est parce que la difficulté, c'est que le gouvernement cherche 26 milliards d'euros d'économies sur le dos des Français en pleine campagne présidentielle.
- C'est ça. Et le ballon des scellancés, c'est pas d'augmentation des retraites pour suivre l'infrastructure.
- Donc une baisse des retraites à partir d'un certain niveau de retraite. C'est la réduction de l'assurance chômage pour ceux qui perdent leur emploi, alors que le budget de l'UNEDIC est en équilibre et même positif, et que le gouvernement pompe 3 milliards d'euros chaque année dedans.
- Et la baisse des remboursements de l'assurance santé, comme les frais dentaires qui passeraient de 60% de remboursement à 40%, qui va assumer un tel programme pendant les élections présidentielles.
- Philippe Murer, vous nous dites que ce budget va peser sur la campagne présidentielle, parce qu'au fond, chacun va devoir sortir du bois dans cette histoire. Je pense pas. Moi, je vois, si vous voulez, plutôt quelque chose comme une redite du budget 2026.
- C'est-à-dire qu'en fait, le corps nu avait promis qu'il gouvernerait par compromis. Il va faire exactement la même chose.
- Et d'ailleurs, il a annoncé, vous savez, dans sa lettre aux parlementaires pendant cet été... La couleur, il dit...
- « Voter un budget 2027, c'est choisir le désordre ». Puis il explique en gros que ne pas voter le budget, ça serait irresponsable, ça serait provoquer une crise financière.
- Eh bien le corps nu va transférer sur ses acolytes anonymes, c'est-à-dire l'ELR et l'EPS, le fait de passer un budget. Le budget va traîner, tout le monde va dramatiser.
- On va parler de crise financière, d'irresponsabilité. Et là, le budget sera passé par esprit de responsabilité, entre guillemets, peut-être début 2020.
- Pour que la dramatisation soit suffisante. Vous savez, en fait, c'est difficile parce qu'on est lors d'une élection présidentielle et que les sacrifices demandés en français sont durs.
- Mais les candidats LRPS-Macroni sont peut-être en voie de fusionner pour contrer un second tour Mélenchon-Marine Le Pen. Et ça pourrait simplifier des choses.
- Vous pensez qu'il puisse y avoir une crise de la dette, Philippe Murer, avant cette élection présidentielle ? C'est dans 8 mois, hein ? Pas forcément.
- Alors s'il y a une crise de la dette dans 8 mois, franchement, j'en sais rien. Mais on sait que ça sera le point final et le bilan de 10 ans de Macron, ce qui sera très très dur pour la Macronie.
- Mais surtout, la dernière fois qu'il s'est passé ça, en fait, Jean-François Achilli, cette crise budgétaire, c'était en 1958, quand le général De Gaulle a été rappelé au pouvoir avec un déficit budgétaire que les parlementaires n'arrivaient pas à réduire à 5 % du PIB. Que fait De Gaulle ? Il fait un gros plan d'économie sur la dépense publique d'un côté.
- Mais il sait, comme tout le monde, que cette forte baisse de la consommation publique peut conduire le pays à une forte récession et à donc de nouveaux problèmes budgétaires.
- Donc il dévalue deux fois de l'autre côté de 40 % le franc pour relancer la production. Et là, l'impasse complète de la Macronie, mais de tout le système politique actuel, c'est que personne... Tout le monde dit... Eh ben OK, tout le monde peut faire une baisse de la dépense publique. Mais dévaluer la monnaie, c'est impossible en étant dans l'euro.
- Et donc on peut pas relancer la production alors même que le déficit...
- Le déficit public aujourd'hui est dû à la baisse de production de richesses et de biens en France. Donc toutes les politiques, en fait, complètement coincées dans une seringue.
- Et nous verrons bien, Philippe Murer, quelles seront les économies, où trouver les économies, ces 26 milliards qui manquent déjà dans ce budget dans les jours, les semaines...
Transcription générée par IA