Par Jacques Pessis avec Alexandre Jardin
Les clefs d'une vie d'Alexandre Jardin
Alexandre Jardin : la passion est son moteur. Il le démontre dans un roman où il imagine, à travers une femme, l’histoire de l’amour
Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
- Au théâtre, la tradition veut que l'on différencie la droite et la gauche en parlant de cours et de jardin.
- Avoir fait la cour à une femme vous a justement permis de passer à l'acte, mais aussi d'écrire un roman qui se lit avec passion.
- Bonjour Alexandre Jardin.
- Bonjour, bonjour.
- C'est vrai, cours et jardin, on fait rarement le rapprochement et ce livre en est l'occasion.
- La femme qui invente un amour chez Michel Laffont.
- On va l'évoquer parce que c'est un roman tout à fait étonnant qui permet d'écrouler un nouveau Alexandre Jardin.
- Mais le principe des clés d'une vie, vous le connaissez.
- Vous étiez venu à la 11e émission, là on est à la 1620e.
- Vous nous avez manqué depuis quelques temps.
- Donc on va évoquer votre parcours à travers des dates clés.
- Et le 22 novembre 1988, le prix Fémina pour le zèbre.
- Et le prix Fémina, vous allez immédiatement passer un appel à quelqu'un dans une colonie.
- Dans une colonie de vacances.
- Oui, il y avait une commune téléphonique.
- Et j'appelle une femme qui est décédée il y a deux ans, qui s'appelle Angèle.
- Angèle dirigeait une colonie de vacances en Suisse.
- Quand j'étais étudiant, j'y allais comme moniteur.
- Et j'avais écrit mon premier roman, Bill en tête, là-bas.
- Et j'avais dit en partant, si jamais j'ai un prix littéraire, je te jure que j'en reviens.
- Et quand j'apprends que j'ai le Fémina deux ans plus tard, j'ai appelé Angèle et je lui ai dit, j'ai le prix Fémina, j'arrive.
- Je serai moniteur dans ta colo, dans ton groupe d'enfants, je serai moniteur à Noël.
- Et vous l'avez été.
- Et en plus, à la gare de Lyon, quand on vous a vu arriver, ça a surpris tout le monde.
- Oui, parce que je faisais office de starlette littéraire, donc on me voyait beaucoup.
- Et les parents se disaient, mais qu'est-ce qu'il fout là ? Pourquoi il porte les sacs des gamins ? J'étais mono.
- Alors, le prix Fémina, en fait, il a été créé, je ne sais pas si vous le savez, en 1905, à la réaction de la misogynie des jurés du concours, qui avait boudé la favorite, Myriam Harry, et elle avait écrit La conquête de Jérusalem, et c'est pour ça, parce qu'on lui a refusé le concours, qu'elle a eu le Fémina.
- Et ensuite, le prix est resté chaque année, et c'est un prix prestigieux que vous n'imaginiez pas au départ, quand vous avez écrit ce livre, Alexandre Jardin.
- Non, non, non, non.
- On m'avait dit que c'était possible, c'est une farce.
- Ah bon ? Oui, ça me paraissait loufoque.
- Et puis, Antoine Gallimard vous appelle, votre éditeur, le matin pour vous dire que vous l'avez.
- Il me le dit en sortant, il vient vers moi, il m'avait dit le matin, peut-être, mais à nouveau, ça me paraissait une farce.
- Et il me dit, viens.
- Je le vois, il sort, et il me dit, tu as le Fémina.
- Et j'ai tout de suite pensé à Angèle.
- Voilà, exactement.
- Alors, en revanche, ce qui est beaucoup plus difficile, si vous n'imaginez pas, c'est les cocktails qui suivent ces manifestations, Alexandre Jardin.
- C'est impossible, c'est des endroits impossibles.
- Parce que ça n'a rien à voir avec la folie d'écrire.
- Non, en fait, vous vous retrouvez au milieu de gens qui vous félicitent, qui n'en pensent pas un mot quelquefois.
- Oui, ou qui n'ont pas lu.
- Oui.
- En tout cas, je ne me retrouve pas dans...
- Ça n'a rien à voir avec la création.
- Sauf pour ce qu'on appelle les hirondelles, ceux qui viennent pour des cocktails et qui en profitent pour se nourrir abondamment.
- Ce jour-là, je me suis enfui et je n'avouerai jamais ce que j'ai été fait.
- D'accord.
- Il se trouve que, je ne sais pas si vous le savez, dans les années 70, à la mairie de Paris, il y avait une décoration tous les soirs.
- Il n'y avait aucun contrôle.
- Donc on arrivait, on disait, je viens pour la décoration, pour la médaille, on vous laissait entrer et vous bouffiez à...
Transcription générée par IA