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Par avec Pierre Rosenberg

Les Clefs d'une vie avec Pierre Rosenberg


Pierre Rosenberg : il a présidé le musée du Louvre . Historien d’art , Académicien Français, collectionneur passionné, il est reconnu dans le monde entier pour sa connaissance de la peinture. Le parcours exceptionnel d’un jeune homme de 88 ans
Les invités

Retranscription des premières minutes :

- Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
- Les clés d'une vie, celles de mon invité.
- La peinture vous a permis de construire le cadre d'une vie haute en couleurs.
- Vous avez passé 40 ans dans un musée tout en regardant en permanence vers demain.
- Vous avez collectionné les honneurs, mais surtout les dessins.
- Et cela toujours anime de bonnes intentions, comme les dessins.
- Bonjour Pierre Rosenberg.
- Bonjour.
- Alors vous avez une vie incroyable et passionnante.
- Je vous remercie d'être ici au micro de Sud Radio.
- D'ailleurs, votre écharpe va avec le rouge de Sud Radio.
- On va en parler tout à l'heure.
- Il y a le Salon du Dessin du 26 mars au 31 mars à Paris.
- Vous y êtes lié, c'est important.
- Mais le principe des clés d'une vie, c'est de raconter votre parcours à travers des actes clés.
- Et la première que j'ai trouvée, elle est lointaine.
- Le 2 mars 1965, c'est votre première télé.
- Une édition spéciale des actualités télévisées sur un peintre italien du XVIIe siècle, le Caravage.
- Et vous vous êtes interviewé pour la première fois.
- Ah bon ? Vous vous en souvenez ? Vous me la prenez ? C'est un reportage où vous expliquez que ce peintre a révolutionné la peinture du XVIIe siècle, qu'il a connu la célébrité de son vivant, mais trois siècles de purgatoire.
- Et qui est aujourd'hui, évidemment, le peintre le plus connu au fond du grand public.
- À cause de sa vie, il a tué quelqu'un dans son existence.
- Il est devenu une espèce de grande vedette.
- C'est même assez intéressant que vous évoquiez son nom.
- Parce qu'après tout, pendant longtemps, le grand peintre qui dominait, c'était l'histoire de la peinture, c'était Raphaël.
- Exactement.
- Et maintenant, si je vous le dis, le Caravage l'a un peu supplanté.
- Alors la question qui se pose est de savoir qui sera le nouveau Caravage.
- Quel sera l'artiste qui, dans les générations plus jeunes que vous et moi, supplantera Caravage ? Je ne sais pas.
- Alors il se trouve que pourquoi vous êtes à la télévision ce jour-là, Pierre Rosenberg ? C'est une exposition au Musée du Louvre dont vous êtes le commissaire général sur le Caravage.
- C'était une exposition extrêmement courageuse qu'on avait faite à l'époque.
- Parce que...
- On avait obtenu...
- On avait obtenu des prêts que plus personne n'obtiendrait aujourd'hui.
- Ah bon ? On avait obtenu les grands prêts des Français de Rome qui ne voyagent plus.
- C'est une exposition qui prouve, en effet, à quel point, encore en 1965, Caravage était considéré comme un immense artiste, mais pas au point d'être sacralisé au point qu'on ne peut plus prêter ses œuvres.
- Les musées qui ont des Caravages refusent de les prêter.
- Tellement pour eux d'avoir un Caravage dans leur musée, il y a une assurance de visiteurs.
- C'était tout à fait étonnant parce qu'à l'époque, en 1965, vous disiez que les peintres du XVIIe siècle n'étaient pas encore très connus en France.
- C'est vrai.
- Surtout les peintres, si j'ose dire, italiens.
- À l'époque, c'était aussi le début de la résurrection, de la redécouverte de Georges Latour.
- Ce qui était complètement inconnu, beaucoup plus que Caravage, et qui, au fond, était une conquête de l'histoire de l'art.
- Georges Latour n'existerait pas sans les historiens d'art.
- Alors, la redécouverte de Georges Latour, en fait, elle a commencé en 1934 par une exposition que, naturellement, je n'ai pas vue malgré mon grand âge, mais elle a continué par une exposition en 1972, dont j'étais commissaire de l'exposition avec Jacques Tuilier.
- Et c'était l'exposition de 1972 sur Georges Latour qui a fait de Georges Latour le peintre archi populaire qu'il est.
- Mais il était alors, lui, totalement tombé dans l'oubli.
- Les gens le confondaient avec Maurice Quentin de Latour, le pasteliste du XVIIIe siècle.
- Et aujourd'hui, c'est une des grandes vedettes.
- Et alors, l'exposition de 1972, ça peut amuser vos auditeurs.
- Pourquoi l'avions-nous faite ? À l'époque, c'était Michel Laclotte qui dirigeait le département des peintures.
- Je l'avais faite avec Jacques Tuilier, qui, à l'époque, n'était pas encore professeur au Collège de France.
- Pourquoi l'avions-nous faite ? Parce que nous avions acheté un tableau de Georges Latour, le Tricheur, un tableau...

Transcription générée par IA

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