Par Philippe David avec Christophe Eoche Duval
L’attaque au couteau de Nantes est-t-elle un fait divers ou un fait de société ?
On va revenir sur ce drame à Nantes hier: un élève en poignarde quatre autres. Une lycéenne est morte, les trois autres sont blessés. Ce n’est pas un fait divers mais un fait de société, estime le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Retranscription des premières minutes :
- Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
- Et retour sur le drame de Nantier, un élève en poignard de 4 autres, une lycéenne est décédée, 3 autres sont blessés.
- Ce n'est pas un fait d'hiver mais un fait de société, estime le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.
- Alors parlons vrai, est-ce que si c'est un fait de société, on pourrait arriver à le juguler ? Et à cette question, l'attaque au couteau de dente, c'est un fait d'hiver ou un fait de société ? Vous dites un fait de société à 88%, vous voulez réagir ? Le 0826 300 300, avec nous Christophe et Eugéval, aux fonctionnaires, auteurs du livre « Le prix de l'insécurité », enquête sur une défaillance d'État publiée aux éditions Erol.
- On fait un tour de table des vraies voix, Philippe Bilger, Retailleau a raison, on lui a reproché de faire de la récupération politique.
- Non, je trouve qu'il a raison, mais si on s'arrêtait qu'au phénomène politique, ce serait insuffisant.
- Il y a à la fois une trajectoire intime déséquilibrée à l'évidence, et ensuite un phénomène politique, parce que, comme vous l'avez dit dans votre question, ça relève d'un processus qui peut ou proue ressemble, par les dérèglements d'hier, à ce qu'on a connu à Nantes.
- Moi, ce qui me frappe, c'est, je laisse de côté toutes les solutions pragmatiques qui sont évoquées pour répondre aux défis de ce port des couteaux.
- Les cellules photographiques, que sais-je encore, les fouilles.
- Ce qui me frappe, c'est de voir que ce jeune homme de 16 ans, des parents irréprochables, dans un milieu totalement équilibré apparemment, a perçu comme, pour aller vite, déséquilibré, comme Félix l'a très bien dit tout à l'heure, eh bien, l'impasse était celle-ci.
- Où on accepte de prévoir le pire ? À partir de signes superficiels.
- Et dans ce cas-là, on est un peu totalitaire dans sa vision.
- Ou bien, on ne fait rien, et à un moment donné, on peut être taxé d'indifférence.
- Il y a des parents, des éducateurs, des professeurs, et c'est cette impasse qui est terrifiante.
- On a un deuxième spécialiste de la justice, Loïc Guérin.
- Votre avis, vous qui êtes avocat pénaliste.
- Alors, je vais pour le moment être dans l'extrême minorité.
- Pour moi, ce dossier-là...
- En tout cas, autant qu'on puisse en juger, parce que ce n'est pas un dossier qu'on a entre les mains, mais ce qu'on peut en lire, en tout cas, à travers la presse, est plutôt, à mon sens, un fait divers.
- On a un individu qui, à l'évidence, est déséquilibré psychiatriquement, puisque pour arrêter une garde à vue, pour être tout à fait honnête, on a tendance à aller assez largement dans la compréhension de l'équilibre de la personne.
- Pour en avoir défendu quelques-uns, je vous assure, ils n'auraient jamais dû être en garde à vue.
- Mais on a passé ça à l'as pour garder la personne en garde à vue et l'interroger pour faire plaisir à tout le monde.
- Donc, on est plutôt dans une tendance à alléger artificiellement, dans les difficultés psychiques ou physiques d'un individu pour permettre sa garde à vue, que l'inverse.
- Donc, il faut quand même comprendre qu'en termes de signal, c'est qu'a priori, le signal était très fort pendant la garde à vue, c'est-à-dire du délire complet.
- On ne peut pas systématiser un fait qui touche à un individu qui est totalement hors-sol.
- Ça me semble, sur le plan même de la cohérence, difficile.
- Qu'après, ça s'inscrive dans une récurrence d'agressions à l'arme blanche, peut-être de nature tout à fait différente, c'est-à-dire avec une tendance idéologique ou religieuse.
- Ça, c'est une chose.
- Et je pense que la sensibilité de l'opinion publique réagit surtout aux faits divers antérieurs, qui sont peut-être plus des faits de société que des faits divers, à ce fait divers-là qui s'inscrit, à mon sens, assez artificiellement dans cette tendance.
- Mickaël Sednou.
- Oui, ça me semble aussi être un fait divers d'une violence assez intemporelle, qui n'est pas créée particulièrement par des conditions politiques.
- Après, le fait politique, c'est que la société se retrouve démunie face à cette violence qui, je pense, d'une manière ou d'une autre, a toujours...
Transcription générée par IA