Par Cécile de Ménibus et Philippe David avec Benjamin Morel
Budget : "moment très grave" et "risque de tempête" selon Michel Barnier, "risque d'envoyer la France dans le mur" selon Maud Bregeon... la dramatisation est-elle justifiée ?
Michel Barnier estime que la chute de son gouvernement provoquerait des turbulences graves, une tempête sur les marchés financiers. Le Premier ministre estime qu’il va devoir recourir au 49.3 pour tenter de faire adopter le budget. Et ce matin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon renchérit en accusant les oppositions de prendre le risque "d’envoyer la France dans le mur". On en parle avec le politologue et maître de conférences en droit public Benjamin Morel.
Retranscription des premières minutes du podcast :
- Les vraies voix Sud Radio, le grand débat du jour.
- La France a peur, je crois qu'on peut le dire aussi nettement.
- Le moment est très grave, c'est le vote du budget de la nation qui est en cause.
- C'est un moment où il y a beaucoup de difficultés.
- On traverse un moment extrêmement grave, décisif pour le pays.
- Je pense que la France est à la croisée des chemins.
- Une dette incroyable, 3 228 milliards d'euros, un déficit record, pas de majorité à l'Assemblée nationale, c'est la première fois depuis 1958.
- 15 jours pour faire le budget, 15 jours seulement.
- On a le choix aujourd'hui entre relever la tête, accepter un budget de redressement ou s'enfoncer dans un déficit dont on sait aujourd'hui où il nous mènera, vers un affaiblissement durable.
- Bon courage, tenez bon.
- Excellent jingle de notre Maxime National, le réalisateur des vraies voix, qu'on applaudit et qu'on adore.
- Michel Barnier estime que la chute de son gouvernement provoquerait des turbulences graves, une tempête sur les marchés financiers entre autres.
- Le Premier ministre estime qu'il va devoir recourir au 49-3 pour tenter de faire adopter son budget.
- Et ce matin, Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, renchérissait en accusant les oppositions de prendre le risque, je cite, d'envoyer la France dans le mur.
- Alors parlons vrai, est-ce qu'accuser ceux qui ne voteraient pas le budget d'être des pyromanes, ce n'est pas s'auto-absoudre de la situation financière de la France ? La Macronie est-elle fondée à donner des leçons de bonne gestion de l'argent public ? Et à cette question, moment très grave.
- Risque d'envoyer la France dans le mur.
- La dramatisation concernant le budget est-elle justifiée ? Vous dites non à 80%.
- Vous voulez réagir ? Le 0826-300-300.
- Avec nous, vous venez de l'entendre, Benjamin Morel, politologue et auteur du livre « Le Parlement, Temple de la République » de 1789 à nos jours, publié aux éditions Passé Composé.
- Philippe Bilger.
- Je comprends tout à fait que du point de vue du Premier ministre, il soit nécessaire de dramatiser, de laisser croire que s'il y avait évidemment un non-budget, un non-vote du budget, ça créerait une catastrophe pour notre destin national.
- Mais en même temps, comment dire ? J'ai l'impression que beaucoup de citoyens commencent à être lassés par cette situation un peu ambiguë, hybride, complexe.
- On a envie de netter.
- Et moi le premier, alors j'ai sans doute tort, mais je crois qu'il y a une forme de lassitude démocratique aujourd'hui devant une situation politique dont on sent qu'elle n'est pas arrivée au bout.
- Et au fond, c'est comme si on en avait assez de ces jeux parlementaires et qu'on rêvait enfin d'une conclusion présidentielle.
- On en a, j'allais dire, on en a vraiment assez.
- Et je crois que paradoxalement, les Français seraient heureux d'une forme de censure.
- Oui, ils le sont.
- Moi, je pense que toutes les enquêtes vont le montrer.
- Ça ne fait que galoper.
- Ils sont déjà majoritaires.
- Et vous allez...
Transcription générée par IA