Par Jean-François Achilli avec Louis Aliot
Avec Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN
Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN, est notre invité politique
Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Jean-François Aquili, votre invité politique ce matin, c'est Louis Alliot, le maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement national.
- Bonjour, Louis Alliot. Bonjour. Il ne s'agit pas d'un crime d'avertissement, mais d'un crime politique. Déclaration d'Amine Kessassi au 20h de France 2 après le meurtre de son frère Mehdi jeudi dernier à Marseille.
- Qu'attendez-vous de la visite sur place une semaine après le drame de Gérald Darmanin et Laurent Nunez ? Écoutez, à peu près autant que toutes les visites qu'ils ont pu faire maintenant depuis plus d'un mandat, avec des déplacements de communication et jamais de prise de décision importante pour réguler la situation, ou en tout cas pour régler la situation.
- Donc je n'en attends rien. Rien, vous dites ? Rien.
- Il n'y a pas de réponse de l'État dans la lutte contre le narcotrafic ? Il y a une réponse, mais qui n'est pas à la hauteur de la guerre qu'il faudrait mener. Et quand on fait la guerre, il faut aussi avoir le courage de s'en donner les moyens.
- Or, on voit bien que nous n'avons ni les moyens matériels ni les moyens humains. Et que si j'écoute le président de la République qui veut une stratégie comme celle qui a prévalu dans la guerre contre le terrorisme, eh bien il va falloir mettre des moyens que je pense qu'aujourd'hui nous n'avons pas. D'abord celle du renseignement.
- Je ne suis pas assez calé sur le sujet pour vous dire si en matière de renseignement, nous avons les éléments sur les trafics.
- Mais aussi en matière de relations internationales, pour aller voir les pays qui nous fournissent un certain nombre de trafiquants de drogue et de voir avec eux jusqu'à quand ça va durer.
- La nouvelle loi, le parquet, le PNACO qui arrive le 1er janvier, ça ne suffit pas à vos yeux ? C'est déjà... Alors ça, pour le coup, c'est déjà... Validé.
- C'est déjà une idée qui peut-être, si elle a les moyens...
- Il y aura en tout cas sur le terrain une présence accrue d'une stratégie qui commence à s'esquisser.
- Mais moi, je peux vous dire, pour être maire de Perpignan, que la situation est gravissime.
- Et moi, je le dis depuis déjà longtemps, mais jamais entendu. Je me souviens, en 2014, je vais vous faire une anecdote.
- J'étais en campagne électorale et j'avais fait un tract en disant qu'il faut éradiquer le trafic de drogue dans un quartier qui s'appelle chez nous Saint-Jacques.
- J'étais venu me voir à ma permanence et il m'avait dit « Monsieur Alliot, mais si vous faites ça, c'est la guerre civile. » Parce que la drogue, c'est du trafic, mais c'est aussi un amortisseur social aujourd'hui.
- Et si vous voulez vous attaquer au trafic de drogue et à tout ce qui se passe dans les quartiers, vous avez intérêt à mettre des moyens de prévention, des moyens de répression, et ensuite, derrière, il va falloir faire le service après-vente. Et on n'y est pas prêts.
- Le maire de Perpignan ne fait rien ou ne peut rien faire face au narcotrafic sur place.
- Si, je mets des policiers dans la rue.
- Oui.
- Des policiers municipaux.
- Des policiers municipaux, une section spéciale, mais qui va jusqu'à l'extrême limite de ce que le droit lui permet, c'est-à-dire d'arrêter les dealers de démanteler des points de deal avec la police nationale et de les remettre à la justice.
- Mais écoutez, vous arrêtez des dealers 10 fois par semaine, 10 fois, ils sont dehors. Donc il y a quand même un problème, y compris avec la justice.
- Ce sont parfois les bourgeois des centres-villes qui financent les narcotrafiquants, déclaration d'Emmanuel Macron en Conseil des ministres.
- Le chef de l'État a raison ? Il ne devrait pas prendre les bourgeois pour cible, parce que je pense que tout le monde est concerné.
- Qui sont les bourgeois ? Le fils d'ouvrier comme le fils de bourgeois.
- Mais qui sont les bourgeois ? Les gens qui ont de l'argent, les gens qui ont les moyens. Et il est évident qu'en s'occupant des consommateurs, on arriverait évidemment à s'occuper du trafic de drogue.
- Mais il le dit, je sais...
Transcription générée par IA