Retranscription des premières minutes :
- Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Achillie.
- Et Jean-François Achillie, votre invité politique ce matin, c'est Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris.
- Bonjour Sandrine Rousseau, soyez la bienvenue.
- Avant nous atteint un point de bascule effrayant à Marseille, ce sont les mots du garde des Sceaux Gérald Darmanin après l'assassinat du jeune frère d'Amine Kessassi, ce militant écologiste très engagé contre ce narcotrafic qu'il dénonce inlassablement.
- En tout cas, je voudrais apporter tout mon soutien à Amine Kessassi, qui est un militant courageux, dont un frère avait déjà été victime de ce narcotrafic, puisque l'année dernière il y a eu 24 morts comme ça, il y en a eu 50 l'année d'avant, et on ne se rend pas compte, mais dans les quartiers nord, en fait, ça installe une terreur complète dans les quartiers nord, ça discipline toute une partie de Marseille, et en fait, le trafic de drogue aujourd'hui, force est de constater que le tour répressif tel qu'on l'a vécu jusqu'à présent, ne permet pas d'endiguer le trafic de drogue.
- Donc il faut passer un cap.
- Le tour répressif ne marche pas à vos yeux ? Non, il faut passer un cap, déjà pour aller chercher l'argent des trafiquants de manière bien plus importante, avoir, mais ça il y a eu plusieurs propositions en ce sens, avoir des brigades dédiées au narcotrafic international, etc.
- Mais il faut aussi s'attaquer à la demande, c'est-à-dire aux personnes qui achètent la drogue.
- Parce que c'est une loi du marché, presque, c'est la pire loi du marché qui soit.
- S'il n'y a plus de demande, alors il y aura moins d'offres aussi.
- Et pour avoir visité, par exemple, l'hôpital psychiatrique de Marseille dans le cadre d'une mission d'information que j'ai effectuée à l'Assemblée nationale avec Nicole Dubré-Chirat, les psychiatres de Marseille nous disaient qu'il y avait de la livraison de drogue jusqu'à l'intérieur de l'hôpital.
- À l'intérieur de l'hôpital.
- C'est-à-dire qu'ils hospitalisaient des gens qui étaient en addiction, qui étaient en quasi-overdose et dans les heures qui suivaient leur admission à l'hôpital, ils avaient des livraisons dans leur chambre de leur dose pour qu'ils restent dépendants.
- En fait, c'est tout ça qu'il faut voir, c'est-à-dire qu'il faut aussi des moyens sur la lutte contre la demande de drogue.
- Et les consommateurs.
- Les consommateurs.
- Et puis il faut évidemment remettre du tissu associatif, du service public, faire en sorte véritablement qu'il y ait des filets de rattrapage.
- C'est Paul Gassnier qui dit ça dans son livre La Collision, il parle de filets de rattrapage.
- Je pense qu'il en manque là-bas.
- Et je rappelle que toute la politique qui est suivie jusqu'à présent fragilise énormément, notamment tout le tissu associatif.
- Encore un mot sur ce sujet, Sandrine Rousseau.
- L'ancien député marseillais Saïd Hamada qui était tout à l'heure au micro de Patrick Roger sur Sud Radio, lui il parle d'assassinat politique, il réclame un conseil des ministres extraordinaire, je le cite, consacré à ce fléau qui va s'étendre, dit-il, en France avec des élections prochaines qui pourront être tenues par des narco-trafiquants.
- En clair, il parle de corruption possible.
- De toute façon, les mafias ont toujours essayé d'avoir des infiltrations dans le milieu politique, c'est évident.
- Donc la question c'est comment on lutte contre cette mafia et je pense qu'en effet il faudrait quelque chose de l'ordre d'une urgence qui soit pas juste une démonstration de force comme on en a vu pléthore à Marseille avec des camions de police qui arrivent, qui font une opération supposément de nettoyage et qui repartent quelques heures après et les narco-trafiquants se frottent la main.
- Non, ça sert à rien.
- Mais la preuve.
- La preuve.
- Il faut arrêter avec ça.
- Il faut arrêter avec de la démonstration et il faut agir de manière beaucoup plus fine, beaucoup plus sérieuse dans le temps en fait.
- Lutter contre la corruption.
- Je rappelle que la France a chuté dans les classements sur la corruption.
- D'un mot, ce que dit Laurent Nunez n'est pas forcément lié à...
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