Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » La trêve hivernale étant passée, les agriculteurs entendent reprendre leur mobilisation à travers toute la France face à la crise de la dermatose nodulaire contagieuse notamment.
- Mais avant cela, le Premier ministre Sébastien Lecornu a prévu de recevoir les syndicats agricoles dès aujourd'hui, non pas pour les rassurer mais pour leur dire les choses clairement, a-t-il résumé dans une lettre ouverte parue hier dans la presse quotidienne régionale.
- La ministre de l'Agriculture Annie Genva rappelle, elle, à la désescalade.
- On en parle aujourd'hui avec le président de la Chambre agricole de l'Ariège où une première action a été menée ce matin devant la sous-préfecture à Saint-Giron.
- Bonjour Philippe Lacube.
- Oui bonjour.
- Bonjour Philippe Lacube, merci d'être sur Sud Radio avec nous.
- On vous entend souvent sur cette antenne parce que vous êtes au cœur de l'actualité.
- C'est votre département qui a été le premier touché par la dermatose et vous êtes président de la Chambre d'agriculture.
- Donc la meilleure situation pour faire un décryptage.
- Philippe Lacube, il semblait que le gouvernement...
- le gouvernement voyait la page se tourner et que le dossier de cette tragédie, cette épidémie, était en train de s'arranger.
- Pas du tout.
- Les agriculteurs, les paysannes, les paysans de France sont toujours en colère, surtout dans votre région.
- Vous estimez que c'est que de la malchance ou que tout le nécessaire n'a pas été fait pour enrayer cette crise agricole ? Ce que je pense, c'est que la maladie va plus vite que le vaccin.
- C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le gouvernement, dans ses décisions de ces derniers mois, a un temps de retard.
- Et la maladie, aujourd'hui, prend une nouvelle forme de dispersion dans le sens où jusqu'à maintenant, dans les Pyrénées-Orientales comme dans les Savoies, vous aviez un foyer principal et autour de ce foyer, vous aviez 10-12 cas qui se développaient.
- Aujourd'hui, on voit bien que cette maladie, elle est partie des Pyrénées-Orientales, elle fait 5 km pour venir dans l'Ariège, puis elle va dans les Hautes-Pyrénées, elle revient en Haute-Garonne, elle s'en va dans l'Aude, elle revient dans l'Ariège.
- Chaque fois, des sauts.
- C'est des sauts de 60-70 km qui sont très inquiétants et qui marquent vraiment un changement, une rupture dans la dissémination de cette maladie.
- Et en ça, c'est extrêmement grave.
- Rappelez-nous quel est le vecteur de contamination.
- On parle d'insectes.
- Et on dit que s'il y a un grand froid, peut-être que le grand froid aurait limité la propagation de cette maladie.
- Ça ne semble pas être le cas.
- Alors, votre réflexion est intéressante.
- En effet, le principal vecteur de la maladie, c'est le stomache.
- Ce mouche ou un dent qui, eux, vont être, évidemment, impactés par des températures qui sont froides.
- Sauf que la maladie en elle-même, elle, elle est très résistante au froid.
- Ça veut dire que la maladie, elle peut être là, sous-jacente, présente, ne pas s'exprimer rapidement.
- Et en tout cas, elle, si vous voulez, contrairement à ce qu'on peut croire, la maladie est très résistante au froid.
- Le vecteur, lui, n'est pas résistant au froid, mais la maladie, oui.
- C'est un virus, on rappelle que c'est un virus.
- Exactement, c'est un virus, vous avez tout à fait raison de le préciser.
- Et donc, la maladie, elle, moi, je pense qu'elle avance de manière larviée, de manière insidieuse, qu'elle passe comme une lame de fond dans beaucoup d'élevages, sans qu'on le sache forcément, et qu'à un moment donné, elle va s'exprimer sur un animal qui peut être un peu plus faible.
- Et là, avec tous les dégâts qu'il y aura derrière, l'abattage total, etc.
- Mais Philippe Lacube, ça signifierait que la contamination pourrait être obtenue par d'autres biais que l'insecte, qu'un animal volant ? Non, ce n'est pas aérobie, ça ne...
- Est-ce qu'il y a des hypothèses aujourd'hui qui disent attention, ça pourrait ne pas être que la mouche ? Je pense que vous avez bien raison de poser cette question.
- Je pense qu'aujourd'hui, on a...
- Quand on voit encore une fois la propagation telle qu'elle se passe, je pense qu'on a des incertitudes et des manques de connaissances sur cette...
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