Retranscription des premières minutes :
- Midi 14h, Sud Radio. La France dans tous ses États. Le fait du jour.
- On a des armées très conscientes, très prêtes. Mais malgré tout, la perception aujourd'hui de la Russie, c'est que l'Europe collectivement est faible.
- Le premier objectif que j'ai donné aux armées, c'est de se tenir prêtes à un choc dans 3-4 ans qui serait une forme de test.
- Peut-être que le test existe déjà. On a tout le savoir, toute la force économique, démographique pour dissuader le régime de Moscou d'essayer de tenter sa chance plus loin.
- Ce qu'il nous manque, c'est la force d'âme pour accepter de nous faire mal, pour protéger ce que l'on est.
- Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses...
- Être prêt à accepter de perdre ses enfants.
- Ces mots que vous venez d'entendre vous ont peut-être choqués, inquiétés. Ce sont ceux du chef d'état-major des armées, le général Mandon, qui tient depuis plusieurs semaines un discours, disons alarmiste, sur les tensions russo-européennes.
- Pour lui, un conflit pourrait éclater d'ici 2030. Alors faut-il vraiment s'y préparer ? On en parle avec le général Emmanuel de Richoux, vice-président de Place d'Armes. Bonjour, général.
- Bonjour. Bonjour, mon général. Je rappelle que vous avez été l'aide de camp de Pierre Moroy quand il était Premier ministre en 1981 de François Mitterrand.
- Vous êtes un militaire de carrière, que vous êtes allé au feu. Vous faites partie de ceux qui ont sauté sur Colvisie à l'époque, en 1978, quand le président Giscard d'Estaing a décidé d'intervenir dans cette partie du Congo. Et que de ce fait, vous êtes un expert en questions géostratégiques, que vous n'avez pas votre langue dans votre poche. Et même si vous êtes loyal aux institutions de la République, lorsqu'il faut ouvrir sa gueule, la grande muette n'est pas si muette que ça avec vous. Et on vous en félicite, on vous en remercie en tout cas d'être là aujourd'hui.
- Donc on a le général Fabien Mandon.
- L'armée de l'air, il est impeccable sur lui. C'est un homme qui parle sobrement. Voilà. Et étonnamment, il prend tout d'un coup ce que je n'ai jamais entendu.
- Moi, j'ai grandi à l'époque, le souvenir, c'était un ami de mon papa, du général Fourquet, chef d'état-major des armées nommé par le général de Gaulle.
- On en les a connus ensuite plein d'autres, jusqu'à Pierre de Villiers. Est-ce bien un chef d'état-major des armées, c'est-à-dire un soldat aux ordres du pouvoir politique du gouvernement, de faire des analyses ou faire des suggestions politiques de ce genre, déjà sur le fond ? Alors si vous voulez, je vais revenir un petit peu, prendre un peu l'histoire. Je vais revenir en arrière sur ce que vous avez dit à l'instant, me concernant, puisque j'ai été à l'aide de Comte Pierre Moroy. Et je voulais faire un petit aparté concernant les hommes politiques de l'époque.
- Nous avions des hommes politiques qui avaient tous connu peu ou prou la Deuxième Conflit mondial, qui avaient servi, qui avaient dans différentes unités participé, j'allais dire, à la relève de la France à l'époque, et qui avaient une conception du rôle, de leur rôle en tant que ministre, ministre ou responsable politique, qui avait une responsabilité très forte que j'ai vécue de la France. La deuxième chose que je voulais dire, c'est qu'on avait à l'époque une forte, comment dirais-je, on avait une forte sensibilité, sensibilité sur l'histoire. Nous savions tous, tous les enfants des écoles avaient une...
- une claire conscience de ce qu'avait, ce qu'était la France, des conflits mondiaux, etc. Et donc aujourd'hui, je souris parce que, je souris tristement parce que je me rends compte que les hommes politiques que nous avons sont des jeunes gens, des jeunes femmes qui n'ont guère conscience de ce que fut la France à l'époque, qui n'ont guère conscience de l'histoire. Et à ce sujet, je suis toujours un peu abasourdi lorsque j'entends que la Russie est à nos portes, c'est-à-dire à 2500 km, que demain, l'ours russe va se réveiller pour nous infliger.
- Et j'ai peut-être une guerre que nous ne voudrions pas. Je voudrais simplement remarquer...
Transcription générée par IA