Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont massacrées par des terroristes islamistes à Paris, sur des terrasses, aux abords du Stade de France et au Bataclan.
- 130, c'est énorme, c'est trop, c'est sans compter les rescapés, les blessés, ceux qui survivent après ça.
- Mais combien de vies ont été sauvées ce soir-là ? Le 13 novembre 2015, le chef de la sécurité du Bataclan, Didi, voit arriver les terroristes.
- Il aurait pu fuir, il décide de rentrer dans la salle et d'alerter le plus de personnes possible.
- Grâce à lui, des centaines de vies sont sauvées, mais il le racontera beaucoup mieux que moi.
- Bonjour Didi, et merci d'être avec nous aujourd'hui.
- Bonjour.
- Bonjour Didi, merci du fond du cœur parce que je suppose que vous avez dû être sollicité et vous avez accepté de témoigner sur Sud Radio.
- Voilà, nous sommes une radio libre, on veut présenter les choses telles qu'elles sont et cette commémoration est évidemment douloureuse.
- On aurait préféré ne pas la célébrer parce qu'on aurait préféré...
- On préférait que ce jour-là n'advienne pas ce vendredi 13 novembre, 130 morts, plus de suicides, ça fait 132.
- Voilà, dix ans après Didi, c'est loin ou c'est comme si c'était hier ? C'est vrai que c'est une sensation bizarre parce que de voir qu'on célèbre déjà dix ans, qu'on commémore déjà dix ans, pour moi c'est passé en une fraction de seconde, très bizarrement, alors que c'est un temps long quand même.
- Dix ans, mais pour, je pense, tous ceux qui l'ont vécu, cette tragédie, c'est passé très très vite.
- Et à ce moment-là, au contraire, ça dure dix ans ce que vous avez vécu.
- Effectivement.
- Rappelez-nous l'horaire, ça commence vers...
- 21h40.
- 21h40, voilà.
- Effectivement, pour moi, ce sont des minutes interminables.
- Vous êtes là 21h40, on est bien, vous êtes là même.
- Oui, je suis là même à 18h.
- Oui, je suis là dès 18h.
- Donc vous voyez les prémices de la chose, vous comprenez assez vite ? Je suis obligé de comprendre assez vite parce que je vois les premiers tirs, moi, sur le Bataclan Café, qui est collé à l'entrée du Bataclan.
- Donc il y avait juste une vitre qui séparait la terrasse du Bataclan Café.
- Ils ont commencé à tirer dès l'extérieur.
- Exactement, ils ont commencé à tirer sur le Bataclan Café parce que c'était sur leur chemin, tout simplement.
- Ils ne sont pas attardés sur le Bataclan Café.
- Et là, votre esprit, votre réticence, Catherine, n'a pas l'habitude, n'est pas prête à voir cette scène-là.
- Donc j'ai qu'une fraction de seconde pour réagir.
- Ça vous rend des films ? Bien sûr.
- Et là, vous l'avez en direct.
- Là, vous l'avez en direct.
- Vous voyez trois hommes en train de tirer qui se précipitent vers le Bataclan.
- Donc là, j'avais effectivement deux solutions.
- Soit partir à l'opposé, direction République, soit rentrer dans la salle.
- Puisque j'étais le seul qui était devant la salle à ce moment-là.
- Et donc j'ai fait le choix, bien entendu, sans aucune réflexion.
- C'est vraiment l'instinct qu'a parlé ce soir-là.
- Rien d'autre.
- Je suis rentré dans la salle pour faire réfugier rapidement ceux qui étaient dans le hall, le staff qui s'est réfugié à l'abri.
- Et ensuite, rentrer dans la salle pour ouvrir les premières issues de secours derrière les terroristes.
- Votre survie elle-même relève du miracle.
- Vous auriez pu mourir 100 fois.
- Oui, là, pour avoir refait...
- Vous étiez exposé.
- Ah oui, j'ai pu mourir.
- Il vous repère ou non ? Il vous repère.
- Il vous repère.
- C'est normal que vous avez un rôle dans la sécurité de l'établissement.
- Je ne sais pas si...
- Devant, oui, ils ont dû me voir.
- Mais ensuite, ça va très vite.
- Donc j'ouvre les sorties de secours des toilettes.
- Et ensuite, je re-rentre dans la salle pensant que j'avais le temps de faire la même chose à l'opposé.
- Donc effectivement, je me suis retrouvé bloqué dans la fosse.
- Ce geste de l'ouverture des portes va sauver des vies.
- Bien sûr.
- Évidemment.
- Fondamentale.
- Beaucoup de vies.
- J'ai eu les premières portes de sortie de secours.
- Mais ensuite,...
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