Retranscription des premières minutes :
- « Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. » Cela fait bientôt dix ans que les attentats du Bataclan, des terrasses et du Stade de France ont eu lieu.
- Dix ans que l'État proclame régulièrement le plan Vigipirate de toutes les couleurs les plus chaudes de la palette.
- Mais en réalité, ces attentats ont-ils vraiment bouleversé la vie de la société ? Sommes-nous devenus plus vigilants ? Vous qui êtes de celle qu'on appelle la génération Bataclan, laissez-vous sortir vos enfants seuls le soir.
- Qu'a-t-on véritablement appris de ces tragédies ? Et au fond, a-t-on parfois raison de craindre le pire encore aujourd'hui ? On en parle avec le directeur de l'Institut Géopolitique Européen, Sébastien Boussois.
- Bonjour Sébastien Boussois.
- La barbarie est aux portes de Rome.
- Non, la barbarie était dans Rome, en Rome abasculée.
- Aujourd'hui, on vit pour certains la peur au ventre.
- Nous commémorons aujourd'hui la tragédie de 2015, celle de janvier et celle de novembre.
- Il y en avait eu d'autres avant.
- Donc on sait que la France est le terrain où le terrorisme, où l'intégrisme islamique vient régler ses comptes avec l'histoire, avec le passé et veut détruire l'avenir.
- Ça devient une réalité.
- Les autorités policières et politiques nous disent, voilà, on est là, alors on déjoue tout le temps, on évite.
- Pour autant, ils sont là.
- Combien sont-ils ? Sont-ils prêts à agir en permanence ? Il y a des pauses, ça revient.
- Est-ce qu'il faut vivre avec cette réalité et l'intégrer comme une nouvelle donne ? J'allais dire, il y a des craintes, toujours, du médical sur des virus.
- Et donc, ça serait un des virus de notre civilisation.
- Oui, je crois que la nouvelle donne, elle est intégrée depuis bien longtemps.
- D'ailleurs, même avant 2015, les attentats de Toulouse, par exemple, avec Mohamed Merah à l'époque, on était dans le sentiment ou la perception, petit à petit, que ce nouveau paramètre géopolitique extérieur allait, pour un certain nombre, d'années, nous empoisonner.
- Je crois qu'il y a beaucoup d'éléments et beaucoup de questions dans ce que vous avez, évidemment, soulevé.
- Je pense que le terme de djihadisme d'atmosphère que le professeur Gilles Kepel a développé montre à quel point on est passé, effectivement, d'une série et d'une séquence, d'une démultiplication d'attentats extrêmement violents, dont l'apothéose ont évidemment été les attentats de Paris, du Bataclan et des terrasses de l'Est parisien, mais également l'attentat de Bruxelles en mars 2016.
- Aujourd'hui, on est dans quelque chose de plus diffus parce que le détonateur qui était extérieur à la France, en l'occurrence Daesh sur les territoires syriens et irakiens, a implosé en plein vol depuis 2018.
- Et finalement, cette menace qui était relativement sanctuarisée et territorialisée avec tous ces jeunes qui passaient par ce rite de passage d'aller en Syrie pour se former de façon paramilitaire et revenir frapper sur la France, et vous l'avez souligné, effectivement, terrain de toute évidence favori, de ces apprentis sorciers du terrorisme.
- Aujourd'hui, on est dans quelque chose de plus diffus et le territoire a largement évolué.
- Il n'y a plus uniquement la Syrie ou l'Irak ou d'autres zones du Moyen-Orient.
- Il y a évidemment des zones et des quartiers sensibles, comme on le dit pour ne pas dire autre chose.
- Et il y a aussi évidemment Internet dans ce dark web aujourd'hui où tous ces jeunes peuvent puiser une idéologie et à un moment s'en saisir pour aller exister et pour frapper.
- Avec cette nuance Sébastien Boussois que les frères Kouachi, Mohamed Bérin et d'autres étaient des citoyens français, élevés sur les bancs de l'école de la République.
- Pourquoi est-ce que les valeurs de la République n'ont pas été mieux enseignées ou qu'ils ont été moins imprégnés ? Pourquoi est-ce que l'intégration, pourquoi est-ce que le fait de vivre ensemble, pourquoi la République a échoué et a engendré au sein même de son sanctuaire des monstres et des barbares qui ont commis des atrocités ? L'idéologie est terrible en fait.
- L'idéologie djihadiste, elle a retourné des jeunes de notre propre pays contre le pays qui les a vus naître et qui les a vus grandir ou mal grandir.
- En réalité, ce...
Transcription générée par IA