Par Cécile de Ménibus et Philippe David
Bannir les moins de 16 ans des réseaux sociaux, est-ce un échec collectif ?
Alors que la question de la protection des mineurs en ligne prend de l’ampleur partout en Europe, Emmanuel Macron remet sur la table un projet qui divise depuis plusieurs années : l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ou 16 ans. Une orientation qui s’inspire directement du modèle australien et qui pourrait tout changer dans la régulation numérique en France…
Retranscription des premières minutes :
- Insultes en ligne, messages haineux qui se multiplient. C'est inadmissible. Je comprends qu'il soit tout le boussoleil. J'ai une haine, vous pouvez pas savoir.
- Et c'est loin d'être la première fois que les réseaux sociaux participent à répandre la haine. Aucune infraction, si l'erreur soit telle, ne doit plus être laissée sans réponse.
- Une bonne partie de l'écosystème des réseaux sociaux ressemble chaque jour un peu plus à des gangs rivaux s'agressant dans des quartiers malfamés.
- Jeanne, au secours ! Papa, le réseau est revenu.
- Les vraies voix Sud Radio.
- Et donc on vous le disait, Emmanuel Macron veut instaurer dès 2026 une vérification obligatoire à l'âge sur les réseaux sociaux et interdire l'accès à au moins de 15 ou 16 ans.
- Et on vous pose cette question. Bannir les moins de 16 ans des réseaux sociaux, c'est un échec collectif. Eh bien vous dites où ? À 77%. Vous voulez réagir ? Le 0826-300-300.
- Et ça réagit sur les réseaux sociaux avec François Louis. Aussi. Toujours beaucoup de monde qui nous parle sur les réseaux sociaux.
- Alors nos internautes sont quand même assez blasés, voire moqueurs de la question.
- Je prends l'exemple, par exemple, de Yoda26 qui nous dit « Inutile de se poser cette fausse question. C'est inapplicable et ça ne marchera pas, quand bien même cela serait souhaitable ».
- Voilà un petit peu le ton qui est donné par nos internautes.
- Voilà. Et autour de cette table, Philippe Bilger ? Je rejoins ce Yoda26 qui, en effet, a supposé que ce soit souhaitable. Après tout, on peut en discuter. Et si c'était interdit, je ne vois pas comment on pourrait le faire respecter.
- Et si je peux prolonger le débat, il faudrait peut-être interdire l'usage de ces réseaux à des adultes bien au-delà de 16 ans.
- Quand on voit les tombereaux d'ordures et d'insultes que nous prenons quand nous disons des choses de manière courtoise, c'est assez hallucinant.
- Sébastien ? Alors je pourrais préciser tout à l'heure ce que je disais. Je ne suis pas d'accord avec le président Macron sur la labellisation des médias.
- Mais par contre, je suis très en soutien de cette mesure.
- Qui consiste à sortir, entre guillemets, la jeune génération des réseaux sociaux. Pourquoi ? On ne va pas faire une loi non plus. Vous êtes parents, vous leur prenez leur portable et puis c'est tout.
- Macron a passé... Je me rappelle, quand j'étais dans le comité de direction du moteur de recherche Quante, j'étais dans les réunions...
- Bon succès.
- Merci.
- C'était ironique.
- Bon, M. Revelle, j'ai compris.
- Vous deviez supplanter Google.
- S'il vous plaît, laissez-moi. Je dis simplement qu'on avait des réunions avec l'ensemble des plateformes.
- Imagine...
- Les plateformes.
- Elles font ce qu'elles peuvent, mais elles ne font pas tout ce qu'elles peuvent parce que c'est contradictoire avec le modèle d'affaires qui est le leur.
- L'économie.
- Donc aujourd'hui, évidemment, vous regardez des plateformes mondialement connues et installées comme TikTok.
- C'est comme se dire à un boucher « Arrêtez de vendre de la viande ».
- Le modèle d'affaires d'un TikTok repose sur la monétisation de l'esprit de nos jeunes enfants.
- Donc il n'y a pas 50 solutions.
- Aujourd'hui, si ça faisait grandir cette jeune génération intellectuellement, ça se saurait, ce n'est pas le cas.
- Oui.
- Donc aujourd'hui, il n'y a pas d'autre choix que de les empêcher.
- Vous demandez, Philippe Bilger, comment on fait.
- Regardez ce qui s'est passé notamment avec les sites pornographiques.
- Aujourd'hui, vous n'avez pas... Il y a de la reconnaissance faciale.
- Il y a soit envoyer la copie de ses papiers d'identité pour aller visiter un film porno.
- Il faut quand même se lever de bonheur.
- La réalité, c'est que la fréquentation des sites pornos en France a chuté.
- Allez.
- A chuté considérablement.
- Donc si on veut empêcher la jeune génération d'accéder aux réseaux sociaux, c'est possible.
- Et Eric Revelle ? Donc moi, je suis d'accord avec Yoda45, sa pointure de chaussure.
- 26.
- 26. Ah oui, alors c'est pas la pointure de chaussure.
- Alors 26, 45... Non, mais je pense que c'est trop tard.
- Mais qui peut nier le fait que le cerveau de nos adolescents est complètement pourri de part ? C'est jamais trop tard,...
Transcription générée par IA