Par Cécile de Ménibus et Philippe David avec Jean-Yves Le Borgne
La stratégie de ne pas reconnaître les faits par Marine Le Pen a-t-elle été la bonne ?
Marine Le Pen est déjà inéligible, avant même le procès en appel. C’est la très contestée "exécution provisoire" de la peine. Le tribunal la justifie en expliquant que le RN ne reconnaît pas les faits, ce qui ferait craindre un risque de récidive. On en parle avec Jean-Yves Le Borgne, avocat pénaliste !
Retranscription des premières minutes :
- Les Vraies Voix Sud Radio, le coup de projecteur des Vraies Voix.
- Coupable, la décision est tombée par Marine Le Pen et les 8 eurodéputés.
- Ils sont tous reconnus coupables de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires qui travaillaient pour le FN.
- Vous avez toujours nié l'infraction.
- Mais on nie l'infraction.
- Vous niez l'infraction.
- Le délibéré est clair, pas d'enrichissement personnel, pas de corruption.
- Et même les magistrats et procureurs ont reconnu qu'il n'y avait pas d'emploi fictif.
- La magistrate a assumé très clairement de mettre en oeuvre l'exécution provisoire de l'inéligibilité, c'est-à-dire en réalité de rendre mon appel inutile.
- Elle fait appel de cette décision.
- Oui, elle fait appel, mais l'exécution étant provisoire, elle n'est pas présumée innocente sur les faits qui lui sont reprochés.
- Marine Le Pen est déjà inéligible avant même le procès en appel.
- C'est la très contestée exécution provisoire de la peine.
- Le tribunal l'a justifié en expliquant que le RN ne reconnaît pas les faits.
- Ce qui fait craindre un risque de récidive.
- Alors parlons vrai, est-ce que pour vous la stratégie de défense a une grande importance dans un procès ? Et à cette question, la stratégie de ne pas reconnaître les faits par Marine Le Pen a-t-elle été la bonne ? Vous dites oui à 56%.
- Vous voulez réagir ? Au délibéré voix, attendez vos appels au 0826 300 300.
- Jean-Yves Leborgne est avec nous, avocat pénaliste, maître.
- Merci d'avoir accepté notre invitation.
- Il était dit ce matin un petit peu partout sur les radios finalement que, qu'en bas des lisses finalement, c'était la même chose.
- C'est-à-dire qu'il avait refusé de reconnaître les frais.
- Il a essuyé aussi, c'est la même peine, 5 ans d'inéligibilité.
- Certains disaient, s'il avait dit oui, effectivement, on n'aurait eu qu'un an.
- Vous ciblez là, ma chère Cécile, un problème.
- Mais si vous le permettez, j'aimerais comparer, puisque je réponds à la question de Sud Radio, tous les comptes rendus que j'ai lus pour le procès de Marine Le Pen et celui concernant le procès de Marine Le Pen.
- Et celui concernant le procès de Marine Le Pen.
- Et celui concernant Nicolas Sarkozy.
- J'ai trouvé, à titre personnel, avec une certaine habitude de la magistrature, que j'ai toujours été inquiet devant des manifestations que j'ai senties de partialité dans l'affaire Le Pen.
- Lorsqu'une présidente commence par évoquer, avant même les débats et leur profondeur, qu'il y a un système mis en place, c'est inquiétant parce qu'elle semble préjugée.
- Deuxième élément, je suis frappé par le fait qu'aujourd'hui, de la part d'avocats ou d'autres personnes, il y a des lucidités rétrospectives, beaucoup de conseils qui sont donnés à Maître Bosslu en disant « Vous auriez dû plaider autrement ».
- Peut-être, en tout cas, il me semble qu'il avait tout à fait le droit de développer une argumentation qui n'était pas absurde, mais que le tribunal n'a pas véritablement contrôlé.
- Sur le fait que les assistants pouvaient être attachés aux députés et non pas au Parlement européen.
- Le seul reproche que je ferai modestement à la Défense, c'est à aucun moment de n'avoir donné une petite porte de sortie au tribunal en disant « Si vous ne suivez pas le principal de mon argumentation, je vous offre une petite échappatoire ».
- Jean Dorido, Sébastien Minard.
- Oui, non.
- Alors, tout n'est pas si clair, tout n'est pas si facile à comprendre dans cette histoire.
- Je ne connais pas assez la jurisprudence.
- Là, j'ai le sentiment, quand on parle de combat des listes, qu'il y aurait ce principe de faute avouée à moitié pardonnée, dans le fond, et que finalement, c'est injustifiable.
- Si c'est un ordre d'inéligibilité au lieu de 5, c'est à 80% pardonné.
- Eh bien oui, et puis ça change tout, surtout.
- On demanderait à Jean-Yves Leborguen.
- C'est surtout que ça change tout, parce que ça serait la fin, l'issue, avant les présidentielles.
- Alors que là, évidemment, ça...
- Sébastien Minard.
- Marine Le Pen et l'ensemble des personnes qui ont été mises en cause, elles avaient un boulevard.
- Donc pour moi, leur système de défense n'était pas le bon.
- Pourquoi elles avaient un boulevard ? Parce que...
Transcription générée par IA