Par Philippe David
Note de l'agence Standard & Poor's : la France peut-elle encore payer ses dettes ?
Le verdict de Standard & Poor’s est attendu dans la soirée : on va savoir si l’agence de notation baisse la note de la dette souveraine française. Nos taux d’emprunts en dépendent, dans un pays dirigé par un gouvernement minoritaire qui multiplie les concessions budgétaires pour ne pas être renversé. On en parle tout de suite !
Retranscription des premières minutes du podcast :
- Les Vraies Voix Sud Radio, le code projecteur des Vraies Voix.
- Le verdict de Standard & Poor's est attendu dans la soirée.
- On va savoir si l'agence de notation baisse la note de la dette souveraine française.
- Nos taux d'emprunt en dépendent dans un pays dirigé par un gouvernement minoritaire qui multiplie les concessions budgétaires pour ne pas être renversé.
- Alors parlons vrai, est-ce que les beaux-arts de la finance n'ont pas joué faux pour nous emmener là ? La France est-elle l'élève du cobu pour faire plaisir à Éric Revelle de la dépense publique ? Et à cette question, note de l'agence Standard & Poor's, la France peut-elle encore payer ses dettes ? Vous dites non à 78%, vous voulez réagir ? Le 0,826, 300, 300.
- Éric Revelle, on vous donnait la parole en premier comme vous êtes économiste.
- Est-ce que ce soir, c'est un moment coup près ? Alors, ce n'est pas un moment coup près parce que ce n'est pas la seule agence qui donne son avis.
- Mais vu le contexte politique et financier autour du budget, ça peut avoir une forte implication.
- Alors, on pense généralement qu'on n'aura pas de dégradation de la note ce soir.
- Normalement.
- Normalement parce que là, ce serait un coup terrible.
- Mais il y aura plutôt un biais négatif, c'est-à-dire juste avant de dégrader la note.
- Maintenant, je voulais vous donner quand même trois chiffres pour qu'on parle du bilan de Macron, d'un point de vue financier.
- Je regardais.
- 2017, on a 59 milliards de déficit public.
- 2024, on en a 167.
- On parle de réindustrialisation, n'est-ce pas ? Balance commerciale en 2017, moins 62.
- Balance commerciale 7 ans plus tard, moins 100 milliards.
- Donc la réindustrialisation n'est pas passée par là.
- Et puis, bien sûr, la cerise sur le gâteau, la dette.
- Je vous rappelle, on avait 2218 milliards d'euros de dette en 2017.
- On en a 3228.
- Voilà.
- C'est là-dessus aussi que les agences se calent.
- Ça ne surenchérit pas directement le coût du crédit si on était dégradé.
- Mais le problème, c'est qu'on a une Allemagne qui est en très mauvaise posture économiquement.
- Et quand vous avez les deux maillons forts de la zone euro qui sont dans cette difficulté-là, il faut se poser la question aussi de la solidité de la zone euro maintenant.
- À mon avis.
- Philippe Bilger.
- Si vous le permettez, j'aimerais vous poser une question à tous les deux.
- Au fond, quelle est l'importance du quoi qu'il en coûte dans cet énorme déficit ? 300 milliards.
- 300, 350 milliards.
- Voilà. Sur les un peu plus de 1 000 milliards.
- Il y a 700 milliards qui ont été dépensés un peu.
- Et c'est pour ça que ça fait toujours rire.
- Mais il faut le rappeler, Emmanuel Macron, qui venait d'une banque d'affaires, avait été qualifié de Mozart de la finance.
- Vous voyez ? S'il avait été juste un musicien, musicien de quartier populaire, je ne sais pas dans quelle situation seraient les finances...
Transcription générée par IA